Un peu d'Allen fraîche

"L'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières" Woody Allen.
Mercredi 21 mai 2008
Aujourd'hui, une fois n'est absolument pas coutume, Pétronille fait du sport.
[Enfin, pour être plus exacte, aujourd'hui, Pétronille s'apprête à faire du sport, ce qui signifie qu'elle va d'abord s'acheter le matériel adéquat, et tâter le terrain].

Mais pourquoi, se demande le lecteur ébahi, ce soudain désir de transpirer dans un justaucorps trop serré ?

D'abord, parce que, n'en déplaise aux mauvaises langues, Pétronille est une sportive.
Oui, m'sieurs dames.
Et elle l'a prouvé à maintes reprises, en s'explosant les genoux sur les pierres glissantes des montagnes norvégiennes, en se tapant un coup de soleil au cours de l'ascension du pog de Montségur, en respirant les pots d'échappement des bus sur les pistes cyclables parisiennes, et en faisant le cobra de manière fort élégante pendant ses cours de yoga sur des tapis de sol qui sentent les pieds.
Ca vous en bouche un coin, ça, hein ?

La seconde raison, s'il vous en faut absolument une autre, c'est cette fameuse épreuve de l'essayage de maillot de bain en milieu hostile (à savoir, la lumière blafarde des cabines d'essayage) qui a convaincu Pétronille qu'un peu de muscle en certains endroits ne serait peut-être pas du luxe.
De peur de perdre ces bonnes résolutions aussi sec et de finir vautrée sur le canapé avec un paquet d'oursons en guimauve, Pétronille s'est donc empressée de se jeter dans le premier magasin de sport venu, errant entre les tutus de danse et les gilets de pêcheurs jusqu'à ce qu'elle entre dans le saint des saints : le rayon fitness.
Rayon, c'est beaucoup dire, hein. La partie fitness, c'est en fait trois crochets où pendouillent quelques accessoires aux formes barabres entre les vélos d'appartement.

Ce qui est bien, avec les accessoires de fitness, c'est justement qu'on n'a aucune idée de la manière de s'en servir, qu'ils sont vendus sans aucune explication (mais avec une belle photo des abdos que vous pourriez avoir si la génétique avait été clémente avec vous, présentés sur une fille pourvue d'une queue de cheval et d'un beau bandeau jaune en mousse - peut-être que le port du bandeau jaune suffirait à faire illusion sur Pétronille ? Mmmf).
Alors, vous vous dirigez plutôt vers des choses plus familières, comme les petites haltères, toutes mignonnes avec leurs jolis coloris. Vous soupesez, vous vous tordez un peu le poignet, vous hésitez : 500g ou 1 kg pour commencer ? Le mieux est encore de demander à la vendeuse.
Laquelle, évidemment, quand vous l'entraînez vers le rayon fitness, évalue d'un coup d'oeil professionnel votre silhouette, son regard englobant le sac contenant votre maillot de bain (elle a compris, vous ne devez pas être la première cabine-d'essayageophobe à se pointer ici).
"Je ne sais pas quelle poids je dois prendre pour les haltères", dites-vous avec vos grands yeux de femme flasque et désespérée.
Elle agrippe vigoureusement les 2 kg : "pour commencer, celles-ci sont pas mal".
Ah ?
Exit, les 500g, donc. Petite joueuse, Pétronille.
"Et ces...euh...trucs, là ? [des élastiques roses pourvus de poignées, certains ronds, d'autres carrés, mais qu'est-ce que c'est ???]"
"Ca c'est idéal pour muscler tout le corps, le buste, les bras, les jambes [dit-elle en examinant au passage toutes ces parties du corps d'un air de penser qu'il y a du boulot]"
"Ah ? Et...euh...comment on s'en sert ?"
Il s'avère que ces...euh...trucs là, personne ne sait comment ce qu'il faut en faire. La vendeuse, perplexe, retourne le bout de plastique dans tous les sens. Aucune explication nulle part, si ce n'est un gros encadré rouge signalant que vous ne devez, sous aucun prétexte, faire du sport tout seul si vous avez plus de 35 ans. Donc, si j'achète ces élastiques, j'ai plus de chances de me coincer le dos, de faire une crise cardiaque, ou, plus simplement de finir par les transformer en corde à linge, que de parvenir à me muscler une quelconque partie du corps avec. Et tout ça pour la modique somme [tenez-vous bien Maryse] de 39,99 €, une affaire.

Je laisse tomber les élastiques, je fais un compromis sur les haltères [1,5 kg] et je prends un tapis de sol à 3 euros pour la bonne bouche, histoire de me remettre au yoga.
Après tout, faire la "flûte de Krishna" me semble tout à fait approprié au contexte Greensleevien de mon appartement, et si j'arrive à faire le vide dans mon esprit tout en me passant un mollet derrière l'oreille alors que la voisinette s'essouffle dans sa flûte à bec, j'aurai gagné en sérénité et sagesse.

Tout ces événements émouvants se sont déroulés il y a 4 jours déjà. Depuis, le tapis de sol trône dans son emballage au milieu de la chambre et les haltères sont du plus bel effet sur la table de chevet. Promis, je m'y mets, je m'y mets, je m'y mets.
par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Mardi 20 mai 2008
Aujourd'hui Pétronille avait dans l'idée d'écrire un de ces billets enlevés, et, n'ayons pas peur des mots, brillants (mais oui !) dont elle a le secret. Confortablement installée sur sa chaise, face à l'écran de son bon vieil ordinateur qui souffle à s'en faire péter le radiateur, et après avoir fait craquer ses petits doigts agiles, elle s'apprête à créer une prose pleine de vivacité.

Et là, lecteurs, c'est le drame.

L'inspiration, soudain, tout-à-coup, brutalement, sans prévenir, la déserte.

La faute à qui ?

A la flûte à bec de la petite voisine du dessus, qui produit des envolées lyriques (fausses, est-il besoin de le préciser ?) depuis environ 2h36, exclusivement basées sur la répétition monocorde de Greensleeves, ce petit air enjoué plein de gaieté (...!) qui vous donne envie de vous arracher les ongles un par un avant de vous foutre par la fenêtre. Cette mélodie qui fait inévitablement surgir en vous des images de jeune Werther et autres tuberculeuses toussotant au bord d'un Lac lamartinien, surtout quand elle est massacrée au flûtiau.

Hé oui (soupir).

Voilà donc Pétronille la tête farcie de Greensleeves, à ne plus en être capable de réfléchir de manière cohérente, un air qu'elle-même répétait pourtant avec ardeur quand elle s'essayait à la guitare à l'âge de 15 ans (bien sûr, en bonne adolescente rebelle, elle voulait jouer du Deep Purple, mais il semble que Greensleeves ait plus la cote auprès des professeurs de musique de tous poils).

Bref, lecteurs, soyez compatissants, ayez une pensée émue pour votre pauvre Pétronille otage des petites notes suraigües d'une flûte à bec.
par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
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Vendredi 16 mai 2008
Aujourd'hui, Pétronille, qui n'a pas un doctorat pour rien, aborde un sujet à fort potentiel intellectuel, nécessitant de la part du lecteur un niveau culturel frisant l'excellence, à savoir (tadamm !) :

Acheter un maillot de bain

Oui, lecteur, je sais, tu restes bouche bée devant tant de contenu savant, et tu as raison de t'émerveiller, mais pas trop quand, même, hein, je suis modeste et les compliments me font rougir.

L'enjeu est de taille, lecteurs et lectrices, car Pétronille a prévu une semaine de vacances à la plage entre amis. Hé oui, pas de camping dans les pays nordiques cette année car il s'agit de faire des économies en vue de financer la fin des démarches administratives pour le Québec.
Et puis il y a beaucoup trop de choses à régler avant de s'envoler vers l'Amérique, et notamment :
        - régler les impôts en un seul versement (ô joie !)
       - trouver des amis gentils ravis de récupérer le ficus géant, le caoutchouc, l'avocatier (enfin, les trois feuilles perdues en haut de la tige), l'hibiscus et autres petites plantes charmantes et pourvues d'un nom (on se sent seule, quand on rédige une thèse, d'accord ?)
         - boire du bon vin pas trop cher (ce qui, semble-t-il, n'est pas chose aisée de l'autre côté de l'Atlantique)
 
Je sais bien ce que vous pensez : au lieu d'acheter un maillot de bain, il faudrait peut-être plutôt penser à investir dans les bottes fourrées et les manteaux en peau de castor. A quoi je vous réponds : oui, mais je ne peux décemment pas aller à la plage avec mon maillot actuel. Comprenez-moi bien, lecteurs : en Norvège, l'eau est trop glaciale pour se baigner. Et en Finlande, quand vous avez une maison au bord d'un lac pour vous toute seule, vous vous baignez toute nue (surtout après le sauna), c'est évident. Donc, quand votre seul maillot de bain valide est celui que vous aviez acheté dans un distributeur à la piscine il y a 7 ans, vous envisagez sérieusement d'investir dans un nouveau avant les vacances.

Donc, Pétronille est partie hier à l'assaut des rayons maillots de bain de la capitale, après être brillamment venue à bout de la 1e étape : le premier tri sur Internet.

Première constation : le tri sur Internet est relativement facile, puisque Pétronille a décidé de miser sur du noir, chic, sexy, et assez bien en accord avec sa carnation de type "endive". Or, presque tous les maillots proposés regorgent de jaune et de rose, de paillettes, de petits noeuds, de fleurs, de perles, de doré, d'argenté, de ceinturons, de bandes réfléchissantes (au cas où vous vous aimez à vous baigner la nuit à proximité d'une autoroute). Ce qui laisse finalement très peu de choix pour le noir sobre.

Deuxième constatation : le maillot hyper sexy repéré sur le net, sur une fille de 12 ans pourvue néanmoins d'une poitrine impressionnante et d'un bronzage à faire rêver toute habitante du 16e arrondissement, a tout à coup une autre allure sur Pétronille.
Les raisons sont simples :
1. Pétronille n'a plus 12 ans
2. Pétronille n'a pas une poitrine impressionnante
3. Pétronille n'est bronzée que par endroits, le ventre et les fesses étant des parties qu'en général elle expose peu dans les couloirs du métro et des bibliothèques.
4. Même les top models nourries aux pépins de pomme auraient envie de se jeter d'un pont si elles essayaient un maillot de bain dans une cabine d'essayage parisienne.

Et c'est la Troisième constatation : le créateur des cabines d'essayage de maillot de bain est un immonde salaud qui mérite le piloris. La faiblarde ampoule jaunâtre qui diffuse une lumière propre à donner de la cellulite à Kate Moss elle-même se reflète dans le beigeasse du rideau pour former un halo morbide autour de la cliente effarée qui n'avait pourtant rien demandé. Je soupçonne les magasins de sport de s'être alliés aux concepteurs de cabines, afin que les essayeuses de maillot se jettent hors de la boutique pour acheter compulsivement haltères, steppers et autres objets aux noms délicatement poétiques tels que le "Body Power" ou l'"Elastiband".

Mention spéciale à ce grand magasin parisien qui a collé ses cabines devant l'escalator, là où les gens ont une vue imprenable sur l'interstice du rideau où, comme par hasard, s'affichent gaillardement vos fesses. Ces "cabines" étant en réalité deux rideaux montés sur une tringle circulaire, et ces deux rideaux étant trops courts pour se rejoindre, il faut posséder une belle souplesse pour essayer le maillot tout en tenant les rideaux. Ainsi, il est recommandé de serrer fermement les deux rideaux de la main gauche (si l'on est droitière), tandis que la main droite tente de nouer les ficelles en tout genre, aidée des dents (pour le haut, ça va encore, mais pour le bas, gare au tour de reins).

Quatrième constatation : le maillot de bain ne doit pas être commandé via Internet car il se trouve qu'il ne taille pas comme la lingerie. Oui, je sais, j'entre dans des considérations techniques de haut vol, mais il faut bien que quelqu'un ait le courage de pousser un cri : Pétronille portant habituellement du 36 se retrouve avec un maillot taille 40. Donc la question que tout le monde est en train de se poser est : qui peut acheter les maillots taille 34 qui attendent tristement un acquéreur au fond du magasin ?

Voilà, lecteurs, un sujet qu'il vous faudra méditer, et qui alimentera avec succès, j'en suis sûre, vos conversations entre amis du week-end.
(Non, ne me remerciez pas).
par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
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Mardi 6 mai 2008
Aujourd'hui Pétronille poursuit ses investigations sur les mystères du 16e arrondissement, et s'interroge de manière exaltée sur la question qui la taraude depuis le début : mais pourquoi toutes les femmes du quartier sont orange ??? Au cours d'une journée normale, Pétronille se croit, au fur et à mesure que les heures avancent, propulsée dans un film d'horreur avec en fond sonore la musique stridente de Psychose, ting ! ting ! ting !

Ainsi, lorsqu'elle sort de chez elle et croise une voisine, laquelle ressent soudain une furieuse envie de regarder le plafond et ne dit pas bonjour, Pétronille se sent happée par le visage de la dame, d'un orange soutenu du plus bel effet, évoquant de manière assez réaliste la chair d'un melon.

Bon, Pétronille ne relève pas encore, après tout il est encore tôt et son cerveau est pour l'heure concentré sur des tâches plus importantes de type "attention à la marche", "attention à la crotte de chien", "attention à tes lacets", voire, les jours où le réveil fut plus difficile, "attention à tes lacets, tu vas glisser sur une crotte de chien et te vautrer sur la petite marche".

Puis Pétronille marche dans la rue, de son pas léger et gracieux, et comme à son habitude, musarde un peu en regardant les façades, les terrasses, les gens. Et là, nouveau choc (et nouveau ting ! ting ! ting !) : elle croise quatre adolescentes rieuses toutes de leggings vêtues, vacillantes sur leurs talons aiguilles, à la peau...je vous le donne en mille...orange ! Pétronille tourne la tête... ting ! ting ! ting ! ... une vieille dame orange promène son petit chien (au passage, celui-ci porte des bottes de pluie et un petit manteau, mais le cerveau pétronillesque focalise pour l'heure sur le teint de la dame). Pétronille se retourne brusquement pour regarder derrière elle... ting ! ting ! ting !...une jeune femme très chic siglée des pieds à la tête de grandes marques de créateurs marche d'un bon pas, affichant fièrement son visage...orange !

C'en est trop pour Pétronille. Dans le métro, toutes les femmes, hormis les touristes américaines (qui, pensant que ces crétins de parisiens ne parlent pas anglais, proclament haut et fort d'une voix nasillarde qu'elles meurent d'envie de pisser, charmant), sont orange. Les jeunes, les vieilles, les gamines brushinguées, c'est un complot. Ce n'est que lorsqu'on arrive vers les grands boulevards ou le Châtelet que la foule se mélange un peu plus, et que des créatures normales, brunes, noires,
blanches, roses... se mêlent aux êtres mystérieusement orange qui disparaissent pour se fondre dans la foule.

Alors, bien sûr, la question est de savoir d'où vient cet étrange coloris ?
Plusieurs hypothèses s'offrent à nous :
- il peut s'agir, tout d'abord, d'un fond de teint si cher que seules les riches peuvent s'en offrir. Notons toutefois que les riches, contrairement à d'autres qui s'en font un masque (je le sais, j'en connais), l'étalent alors particulièrement bien.
- ou encore, d'un recours poussé à l'autobronzant qui, quoi qu'en disent les top models dans les pubs en secouant leurs cheveux et étendant leurs longues jambes, a une fâcheuse tendance à virer à l'orange. Les dames du 16e voudraient donc, par respect pour autrui, afficher une bonne mine toute l'année, même au coeur de l'hiver.
- peut-être pouvons-nous y voir l'usage répété de rayons UV dans des cabines immaculées avec petite musique délassante de saxo en fond sonore (fermez les yeux, vous pourriez aussi bien être dans un ascenseur...ou un Starbuck Coffee, deux lieux réputés pour leur ambiance saxophonique crispante)
- à moins tout simplement que la gent féminine du 16e (rappelons qu'à de très rares exceptions près, ce mal étrange ne touche pas les êtres de sexe masculin), soucieuse de sa bonne santé, se nourrise exclusivement de carottes dont on sait qu'elles donnent une mine orangée. Toutefois, nous pouvons exclure cette dernière hypothèse car, comme vous le savez aussi bien que moi, lecteurs bien-aimés, les carottes, ça rend aimable...
par Petronille publié dans : Pétronille dans le 16e arrondissement
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Mardi 29 avril 2008

Aujourd’hui, Pétronille aborde un sujet cher à son cœur, vous aurez donc compris qu’il s’agit des voisins. Il existe plusieurs sortes de voisins, dont je ne peux faire une liste exhaustive ici car chacun de mes lecteurs pourrait probablement en rajouter une ou deux. Au cours de sa jeune vie (hum…), Pétronille en a connu plusieurs.

Il y avait le voisin-ami, qui habite à côté, passe le soir pour l’apéro avec une bouteille de schnaps maison (et souvent flanqué d’une tante Suzon qui passait par là par hasard et a vu de la lumière), garde les enfants quand les parents sont de sortie et leur permet de faire des batailles de purée avec une paille avant de regarder un film d’horreur à fort potentiel de cauchemars nocturnes.

Il y avait  aussi le voisin aimable et chaleureux qui, tout en restant discret, est toujours prêt à vous rendre de menus services : recevoir en votre absence vos innombrables colis de La R*doute, vous offrir un kilo de noisettes ou de la confiture des coings de son jardin, vous rendre pour la 52e fois avec le sourire le volant de badminton qui est passé malencontreusement de l’autre côté du mur à cause de ce foutu vent du Nord (variante : vous rendre, avec un sourire nettement plus crispé, le maillet de croquet qui a, on ne sait comment, volé au-dessus du mur en question pour atterrir bruyamment sur le toit de sa voiture)…

Il y avait la voisine paranoïaque persuadée qu’un ex vengeur, 25 ans après leur rupture, se faisait un aller-retour en train chaque soir depuis la Suisse (500 km tout de même) rien que entourer ses rétroviseurs de papier toilette et lui filer ainsi une peur bleue (ce qu’elle vous racontait d’un air de conspiratrice sur le palier, tandis que vous crouliez sous le poids de 5 kg de pommes de terre et de 2 packs d’eau et rêviez de rentrer chez vous vous affaler dans votre canapé).

Il y avait aussi les voisins parisiens, comme le lecteur s’en souvient, de l’imitateur de bruits quotidiens au couple d’amoureux éthyliques, en passant par le scato élevant des pigeons dans ses toilettes, les cracheurs fous tuberculeux, le jeune rappeur adepte des coups de balai au plafond, et Monsieur Ca-Va alias l'homme le plus poli du monde.
 
Et aujourd’hui, Pétronille découvre avec un ébahissement non feint un nouveau type de voisin, appelé communément le voisin du 16e arrondissement. Autant le voisin de l’Est parisien est bruyant, bavard et colérique, autant le voisin du 16e arrondissement est muet. Et aveugle. Et peut-être même sourd, ce qui nous amènerait presque à penser, au cours d’un instant d’égarement, que les Who ont peut-être écrit leur opéra-rock Tommy après un séjour prolongé dans l’actuel arrondissement de Pétronille. Muet, car le voisin du 16e arrondissement ne dit jamais bonjour. Il vous croise et vous recroise, vous effleure parfois de la manche de son manteau ou de la pointe de son parapluie, prend occasionnellement l’ascenseur avec vous, mais ne vous dit pas bonjour, quand bien même, bien élevée et un peu trop gentillette sur les bords, vous persistez à lancer de grands « bonjour ! » guillerets en les croisant. Aveugles, donc, car peut-être qu’ils ne vous voient tout simplement pas (évidemment, ils tournent la tête, consultent leur montre ou se montrent absorbés par la pointe de leurs chaussures dès qu’ils croisent quelqu’un) ou sourds car peut-être qu’ils ne vous entendent tout simplement pas. La seule personne qui, jusqu’à présent, a répondu aux bonjours insistants de Pétronille, est le petit monsieur de l’étage au-dessus, émigré espagnol ne parlant pas français et semblant extrêmement surpris qu’un habitant de l’immeuble le salue avec un sourire.

Ca promet…

[Ah si, il y a quand même le monsieur fort aimable qui a laissé son numéro à Pétronille pour qu'elle l'appelle au cas où elle resterait coincée dans sa salle de bain...oui, je sais, c'est mystérieux, je n'ai pas tout compris et je ne me suis pas non plus attardée pour essayer de mieux comprendre. D'autant que, ne me douchant pas avec mon téléphone, à part hurler à la mort par la fenêtre, je ne vois pas comment je pourrais appeler qui que ce soit].

par Petronille publié dans : Pétronille dans le 16e arrondissement
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Le Jour J

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Une explication

Où il est question de Pétronille,
demoiselle exquise et néanmoins stressée par son travail,
qui a besoin d’une petite soupape de décompression
et qui, dans un éclair de génie,
estima par un beau matin grisâtre comme seul l’air de Paris peut en offrir,
qu’un blog ferait précisément l’affaire…

Pétronille à domicile

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Un bon geste

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