Un peu d'Allen fraîche

"L'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières" Woody Allen.
Lundi 25 février 2008
Il y avait le voisin du dessus, vivant en groupe dans 9 m², rentrant chaque nuit à deux heures du matin, heure à laquelle il juge bon de se préparer bruyamment un en-cas à base de casseroles qui s'entrechoquent et d'odeurs de fritures qui pénètrent sous la porte, tout cela en crachant ses tripes sur le palier dans un raclement de gorge guttural et en écrasant ses clopes encore fumantes devant votre porte. Pour éviter de se laisser gâcher la vie par celui-là, une paire de boules Quiès et un bon rappel anti-tuberulose suffisaient.

Il y avait le voisin d'à côté, imitant joyeusement le moindre bruit émis dans votre appartement, du plus technique (la soufflerie de votre ordinateur) au plus intime (votre rire que vous pensiez plutôt léger et gracieux, pourtant). Celui-là, il y a longtemps que vous en avez pris votre parti, et en plus, grâce à lui, votre appartement est devenu une attraction touristique pour les copains ébahis qui vous envoient des membres de leur entourage munis d'instruments les plus divers pour tester les capacités vocales de Monsieur Alf.

Il y a à présent le gros connard de voisin du dessous, que Pétronille projette de ligoter tout nu à sa porte d'entrée jusqu'à ce que mort s'ensuive, si possible baillonné, livré aux ricanements perfides des habitants de l'immeuble.

Je m'explique.

Samedi soir, vers 21 h, alors que Pétronille recevait pour la première fois en 4 ans son neveu et sa nièce, d'adorables bambins comme l'on s'en doute, l'on sonne à la porte. Un "djeune", comme on dit dans les magazines branchés, la mèche grassouillante et la colonne vertébrale en vrille vient se plaindre qu'il entend des enfants marcher au-dessus de sa tête et que ça le dérange. Sachant qu'on est samedi, qu'on est rentré depuis seulement 10 minutes et que c'est bien la première fois qu'on fait un semblant de bruit dans cet immeuble de tarés digne d'inspirer son meilleur film à Emir Kusturica [message personnel : c'est quand tu veux, Emir], Pétronille est un peu surprise. Il ne devrait pas être en train de picoler avec ses copains boutonneux, de toute façon ? Ceci dit, aimable comme à son habitude, Pétronille s'excuse et d'ailleurs, c'est l'heure pour les petits d'aller se coucher, l'incident est donc rapidement clos. Le lendemain, Pétronille quitte l'appartement tôt le matin pour emmener les enfants émerveillés procéder à l'assaut de la Tour Eiffel (faut-il préciser qu'ils se sont enchaîné les deux étages à pied en une fraction de seconde, laissant Pétronille rougeaude et essoufflée 500 marches plus bas ?). A peine ont-ils mis un pied, épuisés, dans l'appartement, vers 17h, que le même acnéique maigrichon se met à cogner comme un dératé au plafond, cherchant visiblement à communiquer avec nous dans son langage poli et mesuré, et nous faire comprendre qu'on le dérange encore. Un coup nous aurait suffi, car nous sommes des gens civilisés (nous sommes provinciaux) mais n'étant probablement pas certain que nous avions saisi, il a réitéré les coups une bonne vingtaine de fois, histoire d'amortir son manche de balai tout neuf.

Et voilà qu'aujourd'hui, alors qu'elle s'apprêtait à travailler studieusement à la maison, Pétronille voit soudain son étagère trembler tandis qu'un son infernal, que nous appellerons de manière fleurie "du gros rap qui tache", emplit l'appartement, et toute la cage d'escalier, laissant Monsieur Alf lui-même coi devant tant d'audace. Pas la peine de dire d'où ça vient, c'est évidemment ce gros crétin désoeuvré qui écoute de la musique à fond.

Alors, lecteurs, vous comprendrez que la douce (si si) et paisible (mais oui) Pétronille soit à l'heure actuelle en train de fomenter un lâche attentat, qui prendra probablement la forme d'une grosse engueulade sur le palier et d'une grosse veine violette battant la cadence sur son front impérial (mais si) tandis que sa bouche délicate déversera des torrents d'injures sur le minable petit avorton du dessous. A suivre, donc... (merci de commencer dès maintenant à vous cotiser pour ma caution, lecteurs, sait-on jamais...).
nti_bug_fck
par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Vendredi 22 février 2008
Aujourd'hui marque la rencontre improbable entre une Pétronille n'ayant pas encore distillé dans ses veines la dose de théine nécessaire à son éveil, et un volatile à l'oeil rond et à l'organe vocal surdéveloppé installé négligemment sur le rebord de sa fenêtre. Et ce volatile, je vous le donne en mille, ce n'est pas le pigeon parisien typique qui soulage ses besoins naturels sur le guidon de votre vélo pile quand vous êtes en retard, mais bien une mouette. Oui.

Habituée à gambader gaiement sur les plages bretonnes, Pétronille est bien sûr familière de ce genre d'animal, qu'elle se plaisait notamment à regarder suivre fébrilement les chalutiers de Douarnenez dans des ricanements joyeux et affamés. Dans ses premiers mois parisiens, elle découvrit avec une certaine stupeur que la mouette fait également partie du paysage faunesque des habitants de la capitale (donc pourquoi iraient-ils s'embêter à se balader en province, hein, franchement), mais seulement, de manière logique, près de l'eau. Or, Pétronille, jusqu'à preuve du contraire, ne loge ni en bord de Seine avec vue sur Notre Dame (on peut rêver), ni au beau milieu du jardin du Luxembourg où des gamins en culotte courte sanglotent à qui mieux mieux tandis que leurs géniteurs sacrifient leurs mollets pour aller rechercher les petits bateaux échoués au milieu du plan d'eau. Non, la seule forme d'eau aux abords de chez Pétronille, ce sont les flaques laissées par les pompiers quand ils ont fini de nettoyer leurs gros camions (hé oui, les filles...).

Aussi vous comprendrez la légitime surprise pétronillesque lorsque ce matin une énorme mouette très en verve vint pousser des cris ininterrompus sur la fenêtre. Mais le pire, c'est que cette visite inattendue provoqua la joie intense (et j'ai même envie d'ajouter "délirante") du voisin, lequel, jusqu'à présent, n'avait eu l'occasion que d'imiter des klaxons furieux et des aboiements de petits roquets. Il s'est donc mis à répondre de manière hystérique, comme si sa vie en dépendait, à l'oiseau qui se montra à son tour fort loquace.  Prise en étau entre les deux, Pétronille abandonna lâchement sa tasse de thé pour s'enfuir à la BNF, appréhendant (probablement à juste titre) de rentrer ce soir...
par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 21 février 2008

Aujourd’hui Pétronille découvre les joies de la pizza à emporter à fort potentiel sentimental, ce qui est un plus, convenons-en.

Car depuis peu, un restaurant italien s’est ouvert juste sous les fenêtres pétronillesques, ce qui est une fête en soi, le quartier de Pétronille étant plutôt pauvre en restaurants, et pour cause, qui voudrait se faire une terrasse au bord de la route, parmi les vapeurs de pots d’échappement, les crottes de chiens parisiens (les pires), sans parler de la faune du coin, capable de vous couper l’appétit d’un simple regard ? Aussi pour déguster une pizza lovée sous une couverture devant un improbable film du dimanche soir rediffusé pour la énième fois à la télé, Pétronille était jusqu’à présent obligée d’avoir recours aux services d’une grosse entreprise pourvue de livreurs tout de rouge vêtus. Le problème étant de réussir à les joindre au téléphone, puis de passer une commande équilibrée (à savoir : comment manger beaucoup mais pour pas trop cher – un véritable casse-tête), et enfin d’attendre pendant plus d’une demi-heure que la pizza arrive. Ce laps de temps étant mis à profit pour débarrasser un peu l’entrée, éviter de laisser des trucs bizarres traîner dans le couloir… de manière à ne pas trop effrayer le livreur, qui a déjà eu la gentillesse de se taper les 5 étages à pied, bercé par les cris étranges qui sortent de l’appart de Monsieur Alf. A moins qu’entre-temps, mourant de faim, Pétronille ne se soit enfilé une bonne assiette de charcuterie, la laissant malade rien qu’à l’idée de jeter un œil sur une pizza.

Bref.

Depuis l’arrivée de Gianni, c’est la fin de tous ces soucis. Son restaurant minuscule comporte en tout et pour tout trois tables, qui sont soigneusement décorées de jolies nappes, avec serviettes assorties, le tout dans un cadre italiano-parisien : de jolies arcades Renaissance peintes en rouge, blanc et vert. Les tables sont toujours vides, personne n’ayant encore eu l’audace incroyable de s’y poser en famille. Par contre, la vente à emporter bat son plein, et tous les habitants du quartier se succèdent chez Gianni, autant pour la nourriture (qui, il faut le dire, est bonne) que pour le décorum.

Car Gianni est un artiste de la pizza. Chez lui, tout se fait avec lenteur et inspiration. Quand vous pénétrez dans son antre, il vous accueille, trônant derrière son comptoir parmi son stock de jambon, artichauts, mozzarella et autres poivrons. En fond sonore, un best of des meilleures chansons tristes des meilleurs chanteurs du siècle : « Ne me quitte pas » enchaîne sur « La Bohème », suivie de près par « Les roses blanches », toujours efficace pour plomber l’ambiance la plus festive : mais jugez plutôt :

free music



Dans ce fond sonore larmoyant, avec des gestes fervents, Gianni vous concocte une pizza extrêmement symétrique, rectifiant la position du jambon par rapport à celle des artichauts, calculant par l’écartement de ses doigts l’espace entre deux olives, saupoudrant la mozzarella râpée comme il couvrirait sa femme de pétales de roses, tout cela en chantonnant « voici des roseuh blan-cheuh / toi qui les aimais tant ». C’est l’œil humide et le cœur gonflé que vous rentrez ensuite chez vous, serrant chèrement contre votre cœur le carton de pizza, et décrochant le téléphone pour appeler votre môman.


Post-Scriptum : cet article est dédié à ma soeurette Rosalie, qui saura apprécier comme il se doit cet échantillon musical édifiant.
par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Lundi 18 février 2008

Chers lecteurs bien-aimés, je sais que vous avez été depuis quelque temps forcé à un sevrage douloureux, du fait que votre Pétronille nationale (mais si) croule sous le travail (et les soucis de connexion internet, mais ne parlons pas de choses qui fâchent, de publicité mensongère et d'une blonde brushinguée à mort qui ferait mieux de répondre à sa hotline au lieu de se balader légère et court vêtue en arborant un sourire satisfait, passons – hou hou), ce qui l’empêche de passer du temps à raconter sa vie sur la toile. D’autant que, étant vissée toute la journée à sa chaise en bois à la bibliothèque (on a vu plus confortable, hum hum), l’écran d’ordinateur quasiment imprimé sur sa rétine, elle a donc peu de choses exaltantes à raconter. La vie en bibliothèque s’écoule calmement, qu’on se le dise - heureusement que son facétieux ordinateur vient parfois apporter un peu de fantaisie dans le train-train pétronillesque. Parfois, il chauffe tant qu’en posant un œuf à côté de son radiateur, on obtient en quelques minutes un œuf dur tout à fait délicieux, tout cela dans un bruit de décollage de boeing 747 qui fait sursauter à intervalles régulières les usagers un peu cardiaques installés autour de Pétronille ; sans parler du ventilateur qui décoiffe négligemment le jeune homme qui a eu l’imprudence de s’asseoir sur la chaise à côté, et qui a ensuite bien du mal à expliquer à sa copine que non, il ne se vautrait pas dans la luxure en compagnie d’une belle inconnue,  mais que, si, si, il a travaillé toute la journée à la BNF. Pétronille, briseuse de couples, on croit rêver.

Bref, bien qu’ayant peu de choses marrantes à raconter, Pétronille prend un peu le temps de s’épancher sur le net aujourd’hui, pour narrer à ses lecteurs la récente et romantique demande en mariage dont, contre toute attente, elle a fait l’objet cette semaine. Ayant sympathisé avec un groupe de jeunes thésards qui, probablement émus par les malheurs de son ordinateur, sans parler de son regard de poisson mort après une matinée passée à travailler, l’invitent régulièrement à se joindre à eux lors de leur casse-croûte de midi, Pétronille s’est donc retrouvée par un beau jour ensoleillé à la terrasse d’un petit café parisien avec cette bande de joyeux lurons. Au-dessus d’un croque-monsieur minuscule et typiquement parisien (c’est-à-dire dont le prix équivaut à peu près à celui d’un rein au marché noir, ou d’un billet d’avion aller-retour pour Montréal – j’exagère à peine), ils en sont venus à évoquer la belle et triste histoire de l’un des leurs – appelons-le Bob pour conserver au mieux son anonymat, dans la mesure où il s’appelle Romain. Bob, jeune homme bien fait de sa personne, trentenaire cultivé et grand admirateur de Voltaire devant l’Eternel, souffre d’un mal extrêmement peu répandu chez ses semblables : il veut se marier. Les lecteurs mâles sont en train de s’étouffer devant leur ordinateur en lisant ces lignes, et se mettent à tousser au point de devenir quelque peu rougeauds, et pourtant c’est la vérité. Bob rêve de rencontrer la future mère de ses enfants, de lui donner son nom, de l’embrasser fougueusement sur les ponts de Paris… bref, il est triste. Parce que, dit-il, il est très difficile de rencontrer des gens à Paris, et plus difficile encore d’y trouver l’amour. Aussi, accroché à son rêve, se tient-il prêt pour le moment où il La rencontrera : dans la poche intérieure de son manteau, il a logé un petit écrin contenant une bague de fiançailles, qu’il peut dégainer à la première occasion. Ce qu’il fit, d’ailleurs, tentant sa chance, sous les yeux ébahis de Pétronille, qu’il demanda en mariage à grands renforts de yeux mouillants, tandis que les autres, blasés, n’y prêtèrent même pas attention.

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Vendredi 21 décembre 2007
Incroyable mais vrai, chers lecteurs, c'est aujourd'hui sous vos yeux éblouis que Pétronille revient faire un tour sur son blog. Non pas qu'elle n'ait plus rien à raconter, loin de là, ni qu'elle n'ait plus envie de partager des choses avec vous, mais elle manque de temps, voyez-vous. Outre le travail intellectuel qu'elle fournit à longueur de journée, lequel se termine immanquablement en migraine et la fait même rêver en ancien français - c'est vous dire si elle travaille dur - elle a dû passer les dernières semaines à piétiner avec des milliers de parisien(ne)s dans les grands magasins à heure de pointe, lorsque la température avoisine les 50°C, et que les grands-mères s'entretuent pour la dernière peluche bébé phoque, tandis qu'un jouet en démonstration fait des bruits ininterrompus de mitraillette. Tout ceci avec en fond sonore la voix de steward du monsieur qui fait des ventes flash quelque part dans le magasin, mais le temps que vous arriviez au 7e étage avec vos paquets, et votre grand manteau sous le bras, la promo de -1,2% sur les pinces à sucre (dont vous n'avez même pas besoin, en plus) vient de s'achever. Pourtant, Pétronille avait décidé de s'y prendre de bonne heure, cette année, ne serait-ce que pour étaler les dépenses assédiquesques sur deux mois. Mais il faut croire qu'un cadeau a plus de valeur si celui qui l'offre a perdu 50% de son poids en eau dans la queue à la caisse au BHV, c'est pourquoi Pétronille a finalement attendu la dernière minute pour s'y mettre, trouvant au passage certains présents tellement jolis qu'elle s'en est acheté un par la même occasion, ce qui a fait brutalement exploser le budget de Noël, hum... bon...passons...

Tout ceci pour en arriver, lecteurs bien-aimés, à la phrase du jour, une rubrique délaissée depuis trop longtemps et qu'il est temps de raviver par une bonne citation désopilante dont Pétronille a le secret. Et Noël est la période toute trouvée pour ce genre d'évènement, puisque vous pourrez aisément la replacer en dégustant une huître juteuse, en arrosant la dinde de sauce, en dissimulant la Marie Brizard sous votre pull avant que Tante Suzon la repère de son oeil perçant, en couvant d'un regard ému le petit dernier qui démonte allègrement son cadeau de Noël à coups de tournevis "pour voir comment c'est fait à l'intérieur". Bref, mille et une situations possibles se prêtent à la déclamation inspirée de la citation du jour, que je vous livre sans plus attendre, même si je suppose que vous la connaissez déjà :

"Quand j'écoute trop de Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne".
(Woody Allen)

Non, lecteurs, ne me remerciez pas, vous savez bien que tout le plaisir est pour moi. En espérant vous avoir aidé à passer un Joyeux Noël.
par Petronille publié dans : La phrase du jour
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander

Le Jour J

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Une explication

Où il est question de Pétronille,
demoiselle exquise et néanmoins stressée par son travail,
qui a besoin d’une petite soupape de décompression
et qui, dans un éclair de génie,
estima par un beau matin grisâtre comme seul l’air de Paris peut en offrir,
qu’un blog ferait précisément l’affaire…

Pétronille à domicile

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Un bon geste

Cliquez ici pour recommander ce blog
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus