Un peu d'Allen fraîche

"L'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières" Woody Allen.
Mercredi 5 décembre 2007
Oyez oyez, chers lecteurs, Pétronille, contrairement aux apparences, est toujours en vie, bien qu'un peu gelée aux extrémités, et si elle n'écrit presque plus sur ce blog, ce n'est pas parce que l'envie lui en manque, mais plutôt le temps. Hé oui, lecteurs, votre Pétronille bien-aimée délaisse en ce moment la chaleur (...!) et la quiétude (...!) du foyer pour les chaises en bois et murs bétonnés de la BNF.

Ah, la BNF... Tout un poème. Lorsque plus jeune, et donc plus innocente, Pétronille fréquentait les bibliothèques municipales et archives départementales (peuplées de grands-mères généalogistes qui aimaient à se retrouver pour commenter à voix haute les problèmes d'infertilité de leur gendre et les pustules de la voisine), elle aimait à rêver qu'un jour elle aussi, elle travaillerait sous la lumière douceâtre des lampes vertes, dans le confort et les odeurs de cuir.

Mais la BNF, ça se mérite, lecteurs, ça se mérite. Et entre le moment où vous fermez votre porte et celui où vous vous asseyez enfin devant votre livre, il s'en est passé des choses...et du temps !

Mais jugez plutôt. D'abord, la BNF, c'est loin. Vous me direz, c'est relatif, évidemment, mais pour Pétronille, aller à la BNF, ça veut déjà dire se taper 40 mn de métro avec l'ordinateur dans le dos, et avec changements s'il vous plaît, ce qui implique de monter des marches, en descendre d'autres, en remonter, car vos savez bien, lecteurs parisiens, que les escalators dans le métro sont toujours en panne.

Une fois arrivée à bon port, il y a encore des marches, puisque les 4 tours sont montées sur une estrade en bois, casse-gueule au possible par temps de pluie, rejetant des bouffées d'air chaud en pleine canicule, sans un poil d'ombre ou d'abri. Bref, passons. Essoufflée, mais la cuisse alerte, Pétronille, après tous ces escaliers, redescend ensuite jusqu'à l'entrée, où un monsieur étudie le contenu de son sac et la passe au détecteur de métaux.

Vous la croyez arrivée ? Que nenni ! Il faut encore laisser son sac au vestiaire, et mettre ses affaires essentielles dans un sac en plastique transparent, qui montre à tous vos vieux mouchoirs en papier et autres stylos rognés.

C'est le moment d'aller retrouver la place que Pétronille a préalablement réservée, des jours à l'avance, sur internet. Il faut pour cela passer un premier tourniquet en y insérant la carte de lecteur. Puis pousser une lourde porte métallique qui ouvre sur un sas, tirer une seconde porte (et se déboîter l'épaule au passage), pour se retrouver dans un paradis de béton et de lumière artificielle, muni d'un escalator qui vous fait descendre dans les entrailles de la bête...et encore un second escalator, un second tourniquet, un troisième tourniquet, une autre porte à pousser, un nouveau sas, une autre porte à tirer (qui achève définitivement votre épaule). Après tout ça, il faut reprendre et son souffle, et sa contenance, prendre vite fait un rendez-vous chez le kiné pour son épaule, et traverser les couloirs à la recherche de sa salle.

Vous noterez donc, lecteurs, qu'entre le moment où vous arrivez devant l'entrée, et le moment où vous vous asseyez, il peut se passer un temps relativement long, pour finir par se retrouver à côté d'une fille qui écoute du Wagner à fond dans ses écouteurs, et d'un monsieur qui pousse des gémissements dans son sommeil, tout cela sans lampe verte et sans cuir, mais plutôt entourée de béton armé grisâtre, avec une pointe de lumière du jour qui filtre par-dessus les cloisons de bois.

Je ne vous parle même pas (mais en fait, si, je m'apprête à le faire), des toilettes, dans la mesure où il vous faut prévoir à l'avance que vous aurez envie de faire pipi dans 10 minutes, car le temps de retraverser le couloir et de passer les deux portes, le sas, le tourniquet, et d'emprunter un nouveau couloir vers les bas-fonds dignes des buanderies des films d'horreur américains où l'héroïne aime à faire sa lessive vers 2 heures du matin alors que tout le monde sait que le FBI recherche un dangereux psychopathe, les accidents arrivent vite... C'est ça aussi, les joies du travail en bibliothèque...
par Petronille publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Samedi 17 novembre 2007

Le suspense étant intenable et le lecteur avide de sensations fortes se demandant avec angoisse ce qu’il en est de cette terrible entrevue qui guettait Pétronille, l’auteur ne vous fait pas attendre plus longtemps et vous conte ici même et par le menu le quoi et le qu’est-ce de cet entretien à visée immigrante.

 

Ayant révisé toute la nuit, Pétronille fit des rêves étranges, mais peu pénétrants, à base de situations humiliantes de type « je passe l’entrevue en chemise de nuit », et marmonna des phrases incompréhensibles en anglais dans son sommeil agité.

 

Le matin venu, le réveil émit ses habituels sons désagrégés à l’aube, bien avant l’heure à laquelle Monsieur Alf claque bruyamment sa porte en faisant trembler tout l’immeuble. Pour une fois, c’est lui qui sursauta dans son lit – la journée commençait donc bien.

 

L’eau chaude étant revenue, Pétronille, après une bonne douche, entreprit de mettre sa tenue spéciale « je suis une femme sérieuse et respectable » (si, si), le genre même de tenue jolie mais inconfortable. D’abord, enfiler délicatement les bas en évitant que les doigts pétronillesques ne les filent avant même qu’ils aient passé la cheville. Puis se glisser dans la petite robe noire un peu serrée, et surtout, ô suprême supplice, mettre les petites chaussures à talon pour compléter la panoplie de l’immigrante parfaite pour laquelle les provinces canadiennes sont prêtes à se battre (rêvons un peu).

 

Perchée sur ses talons, Pétronille tituba gentiment en tortillant des fesses jusqu’au métro, évitant soigneusement toutes les grilles que la Mairie de Paris place sur le passage des pauvres parisiennes entalonnées : grilles d’arbres, grilles de métro, grilles d’égout, sans parler des pavés, bien sûr... Toutes sortes de pièges affreux dans lesquelles lesdits talons prennent un malin plaisir à rester coincés. Bien évidemment, à cette heure matinale, le métro était bondé, et force grands baraqués à baskets taille 46 piétinèrent allègrement les petites chaussures en question, tandis que la moiteur ambiante faisait frisotter les cheveux rouges (on le saura) péniblement domptés.

 

Enfin arrivée à la Délégation du Québec, Pétronille, remettant délicatement ses cheveux en place, prit place dans la salle d’attente parmi d’autres candidats quelque peu tétanisés. Arrivée en avance pour la première fois de sa vie, Pétronille connut les affres de l’attente et ce fut bien sûr au moment où elle se repoudrait le nez (comme on dit élégamment) aux toilettes qu’une dame vint la chercher.

 

Après une petite déambulation dans les couloirs, Pétronille prit place dans un petit bureau jaune tapissé de posters vantant les joies de la vie québécoise en toutes saisons, du farniente estival au bord des lacs au patinage hivernal sur ces mêmes lacs gelés. Sérieuse comme un pape, raide sur sa chaise, Pétronille se crut revenue aux temps peu bénis de ses oraux de la fac.

Les questions fusèrent en tous sens pendant près d'une heure. De "pourquoi voulez-vous partir au Québec ?" à "pourquoi êtes-vous si sûre que vous aimerez le Québec ?", en passant par "citez-moi des villes québecoises", "donnez-moi l'équivalence québécoise de tous vos diplômes" et autres "avez-vous contacté des établissements susceptibles de vous embaucher ?", ce fut un florilège de questions auxquelles votre Pétronille répondit le plus sérieusement qu'elle put tout en guettant les mains fébriles de l'examinatrice qui notait tout sur son ordinateur. Vint ensuite le questionnaire en anglais : "what do you know about our society ?", "what will you do on your first week in Montréal ?" (euh... dois-je dire la vérité, à savoir : assister à un match de hockey avec une grosse main en mousse, manger des pancakes dans un de ces restos en bord de route où les serveuses à chignon et robe-tablier vous versent du café à volonté, déambuler dans les parcs naturels en poussant de grands cris extasiés et m'acheter un énorme pick-up rouillé et le gros chien qui ira dedans ? Ou vaut-il mieux dire des choses sérieuses de type chercher un appartement, lire les offres d'emploi...?).

Enfin, une fois que nous fûmes épuisées toutes deux par tant d'émotions, l'examinatrice me confia ce que je m'apprête à vous confier à vous, lecteurs bien aimés : le Québec sera ravi de m'accueillir. Hésitant entre me jeter à ses pieds et lui serrer dignement la main en signe de reconnaissance, j'optai pour la deuxième option, plus en accord avec ma tenue de femme respectable (mais si), et attendis d'être dans la rue pour sauter partout, sourire bêtement aux passants, embrayer sur l'expo "design contre design" avant de fêter ça au champagne.

Me voilà donc future sujet de Sa Royale Majesté (je sais, j'insiste lourdement là-dessus, mais ça m'ébaubit encore). Le mot de la fin sera donc "God save the Queen" et toute cette sorte de choses.

 

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Vendredi 16 novembre 2007

Dans son infinie mansuétude, le lecteur saura, j'en suis sûre, pardonner à Pétronille ces longues semaines de silence. L'emploi du temps pétronillesque très serré ne lui a guère permis de prendre le temps de s'épancher sur ce blog. Jugez plutôt : entre le thé du matin, la lessive et les courses (la matinée bien remplie de la chômeuse lambda, donc) et le temps passé à engouffrer des pains d'épices au chocolat en essayant tant bien que mal de rédiger des choses intelligentes et à fort potentiel scientifique de manière à éblouir l'intelligentsia universitaire toujours avide d'adjectifs en "ique" (de type "tautologique" ou "apotropaïque", que je cite ici bien volontiers, histoire de me la péter un peu, c'est toujours ça de pris), Pétronille n'a hélas pas eu le temps de proposer des réflexions intellectuelles sur son blog.

Emergeant lentement de semaines passées derrière son ordinateur, lequel daigne parfois, quand ça lui chante, fonctionner correctement, Pétronille s'est récemment fait une petite frayeur. Tellement concentrée sur sa prose qui ne sera pourtant que peu lue, et même pas par les membres de sa famille qui ont toujours soudainement "un truc hyper important à faire" (de type se brosser les dents, s'épiler les sourcils, acheter des madeleines pour le chien...) au moment où elle leur tend les derniers feuillets imprimés, Pétronille a bien cru qu'elle n'avait pas vu les mois défiler et qu'on se trouvait déjà fin décembre.

Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis près d'un mois, nous baignons dans une ambiance de Noël assez marquée, et quand Pétronille a daigné lever un oeil de son écran d'ordinateur, les guirlandes et autres santons de terre cuite lui ont sauté au visage, au point qu'elle a bien cru avoir manqué la fête.

Je me pose donc la question, la même que se posaient les vieilles voisines de ma grand-mère à chaque fois que nous les rencontrions en revenant de promenade : où va le monde, ma pauvre dame, et pourquoi n'y a-t-il plus de saisons ?

J'aimerais comprendre pourquoi, à la mi-octobre, alors que je persiste à porter encore des petites robes légères et à pique-niquer gaiement en bordure de Seine, les vitrines des magasins qui m'entourent débordent déjà de paillettes, de peluches et de guirlandes lumineuses. J'aimerais savoir pourquoi ma vieille voisine du 2e invoque l'esprit de Noël pour que je l'aide à monter ses courses. J'aimerais comprendre au nom de quel idéal les fabricants de chocolats en tous genres estiment qu'ils peuvent dès maintenant me faire prendre les kilos que je réserve normalement à la soirée du réveillon. J'aimerais savoir comment expliquer à ma nièce de 4 ans qu'elle va devoir attendre encore deux mois avant d'entamer le calendrier de l'Avent que lui a offert sa grand-mère.

Et tant qu'on y est, j'aimerais bien savoir, tiens, pourquoi on n'a pas eu un temps de Toussaint à la Toussaint, et pourquoi les gamins d'Halloween passent la veille quand on n'a pas encore acheté les bonbons réglementaires, et pourquoi ils ne passent plus le lendemain, vous laissant avec des tas de carambars, fraises tagada et autres boules de gélatines bien régressives sur les bras. 

J'aimerais bien savoir pourquoi on ne peut pas faire les choses dans l'ordre, acheter ses cadeaux de Noël dans l'urgence le 23 décembre, fêter Noël le 24, soigner son indigestion de chocolats le 25 (et le 26, en cas d'abus de substances éthyliques), et prendre des résolutions touchantes mais irréalisables le 31.

Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire à ce sujet, comme dirait l'autre.

par Petronille publié dans : L'avis de Pétronille (qui vaut ce qu'il vaut)
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Mercredi 24 octobre 2007

Des mois que vous avez envoyé votre D.C.S., lecteur, des mois que vous rêvez ours noirs, maringouins, érablières et poutine, et toujours pas de nouvelles. Vous en venez presque à envisager d'écouter Céline Dion en boucle pour calmer vos envies québécoises (mais un dernier sursaut de lucidité vous en empêche, Dieu soit loué) lorsqu'un beau soir d'été, alors que vous regardez rêveusement un coucher de soleil suédois, les pieds barbotant gaiement dans la Baltique, cernée de canards peu farouches mais quelque peu bruyants, repue de saucisses au porc et au lait et de marshmallows grillés, un peu étourdie par les 3% d'alcool de votre dernière bière, vous recevez un SMS de votre chère maman, promue gérante des affaires québécoises en votre absence.

Vous apprenez ainsi, là, parmi les moustiques et les canards, que vous avez été sélectionnée pour passer une entrevue à la Délégation Générale du Québec, laquelle statuera sur votre sort à la quite de cet entretien à fort potentiel de stress. Pétronille croit entendre au loin le ricanement de ses étudiants ravis à l'idée que leur prof se mette à passer des oraux, à transpirer sur sa chaise, à avoir des trous de mémoire et à bafouiller lamentablement sous le regard sombre de l'examinateur.

La soirée, qui avait plutôt bien commencé, se clôt donc dans l'inquiétude. Qu'est-ce qu'ils vont me demander ? Qu'est-ce que je vais leur répondre ? Est-ce que les cheveux rouges sont éliminatoires ? Est-ce qu'on doit passer un test de résistance aux moustiques ? Bref, vous l'aurez compris, c'est avec l'esprit enfiévré que Pétronille passa cette nuit sous la tente, les pieds sur son sac à dos, les cheveux collés à la toile pleine de condensation, les pieds trempés par la pluie, et le corps enduit de répulsif à moustiques (joie, joie, joie du camping).

A son retour sur le sol français, Pétronille se rendit donc avec une belle détermination à la Librairie du Québec à Paris pour faire un stock de livres divers et variés sur le climat, la végétation, la culture, la nourriture etc... de la province, sans oublier de belles cartes du pays à accrocher face au lit, histoire d'apprendre un peu la géographie canadienne. Ironie du sort, Pétronille, qui n'est même pas foutue de placer les départements sur une carte de France (pas terrible pour passer l'agreg d'Histoire-géo), est ainsi devenue incollable sur la géographie du Canada. Elle sait à présent placer les villes, les parcs naturels, les cours d'eau, les routes principales. Elle connaît les courbes de température, les divers premiers ministres, les mensurations des élans... bref, elle s'est mise à réviser comme elle ne l'avait plus fait depuis fort fort longtemps.

C'est là, au détour d'une lecture, que la naïve mais néanmoins attachante (si si) Pétronille dévouvrit avec stupeur que les Québécois sont les sujets de Sa Gracieuse Majesté Elisabeth II d'Angleterre (je lui mets des majuscules, c'est ma future souveraine). Raison pour laquelle Pétronille, en bonne et loyale sujette, s'est mise à lire les potins sur le Prince Harry, à encourager l'équipe de rugby d'Angleterre, à apprendre le God Save the Queen, à boire de l'ale tiédasse et à manger de la marmelade de citron vert fluo. Mettons toutes les chances de notre côté.

Dernière étape, et non des moindres : l'entraînement. Telle une athlète, dont elle a la volonté farouche si ce n'est le physique musculeux, Pétronille passa en effet le dernier soir avant l'entrevue à se faire interroger sur toutes les questions cruciales de type "pourquoi voulez-vous partir au Québec ?" à "Pouvez-vous chanter le God Save the Queen à l'envers ?" (sait-on jamais, mieux vaut être bien préparée). Le problème, évidemment, c'est que quand vous révisez à la maison, plein de réponses saugrenues vous viennent à l'esprit (non, je ne donnerai pas d'exemples) et vous vous retrouvez rapidement pliée en deux par un fou rire nerveux. Le hic étant, bien sûr, que vous risquez ensuite d'avoir à nouveau envie de rire quand le vrai examinateur vous reposera ces mêmes questions, le lendemain.

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Mardi 23 octobre 2007

Chers lecteurs bien-aimés, comme vous le savez, le parcours qui mène au Québec est semé d'embûches.

Il faut remplir, souvenez-vous, votre fameuse D.C.S. (la Demande de Certificat de Sélection), et ce n'est pas une mince affaire. D'abord, vous êtes en général soucieux de bien faire, donc un peu stressé. Cela se traduit bien naturellement par le choix d'un stylo baveux qui transforme votre feuille en oeuvre pointilliste (ratée). Puis, votre esprit se brouille un peu et vous vous trompez dans les dates (naissance, obtention du brevet des collèges...). Alors il vous faut encore et encore réimprimer le dossier, mais c'est souvent le moment que choisit votre freebox pour se mettre à clignoter comme une démente, tandis que votre imprimante crachouille un vieux fond d'encre noire sur le peu de feuilles blanches qu'il vous restait.

Ensuite, il faut regrouper les documents demandés. Bon, les diplômes et les copies conformes, vous finissez par les obtenir. Les attestations d'employeurs, facile. Reste le chèque de banque, car il faut bien sûr payer des frais de traitement de votre dossier. Le seul hic, c'est que les banques en font peu, des chèques de banque (comme leur nom ne l'indique pas). Alors quand vous vous retrouvez devant une gentille demoiselle qui a 10 ans de moins que vous, un charmant sourire et de grands yeux innocents et que vous lui demandez un chèque de banque, elle croit d'abord à une blague, voire à un test de la part de sa sadique direction. Quand vous lui montrez les papiers officiels et votre D.C.S., elle commence à blêmir quelque peu. Tendant son cou gracile vers sa collègue toute d'angora vêtue, elle l'interroge sur la marche à suivre et retrouve des couleurs quand elle découvre que la collègue en question ne sait pas non plus comment faire. Bon. Après quelques coups de fil passés en haut lieu (difficile de parler à quelqu'un un vendredi à 14h, tout les banquiers haut placés sont déjà en week-end dans leur maison normande), elles finissent par réussir à débiter de votre compte la somme requise (ça, en général, les banquiers le font bien). Puis vous apprennent que vous recevrez le chèque en question chez vous dans 4 jours (évidemment, il a mis 40 jours, raison pour laquelle Pétronille s'est ruinée en coups de téléphone rageurs ou larmoyants - selon le jour et l'humeur - à sa banque).

Puis, il faut envoyer tout cela en recommandé. Je passe sur les joies de la file d'attente dans une Poste parisienne, les lecteurs de province vont penser que je fais exprès d'être méchante (14 guichets dont 2 ouverts, 47 personnes dans la queue... mais pourquoi ai-je quitté ma petite ville provinciale fournie avec postiers souriants ?).

Et enfin, il faut...attendre.

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Le Jour J

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Une explication

Où il est question de Pétronille,
demoiselle exquise et néanmoins stressée par son travail,
qui a besoin d’une petite soupape de décompression
et qui, dans un éclair de génie,
estima par un beau matin grisâtre comme seul l’air de Paris peut en offrir,
qu’un blog ferait précisément l’affaire…

Pétronille à domicile

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