Un peu d'Allen fraîche

"L'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières" Woody Allen.
Lundi 22 octobre 2007

Aujourd'hui, c'est journée râlerie pour Pétronille (moi, donc). Après tout, ça arrive aux meilleurs d'entre nous - la preuve (...!). Et sans vergogne aucune, alors même qu'elle sait bien qu'il y a des choses plus graves, elle se plaint. Parce que si on ne peut même pas se plaindre dans son propore blog auprès de lecteurs inconnus (ou presque), alors franchement, à quoi ça sert, hein ?

Râlerie parce que ça fait trois jours que Pétronille a le dos bloqué. Alors, d'accord, ça permet de se faire masser sans besoin d'avoir recours aux yeux de faon malade spécial amadouage des esprits récalcitrants, mais bon, reconnaissons qu'on a connu plus sexy que l'odeur de camphre et que le gel qui fait coagule en petits morceaux.

Râlerie parce que, bien sûr, ça arrive quand Pétronille n'a pas d'eau chaude (autant oublier, donc, les bienfaits de la douche bouillante sur nerfs noués). Ca arrive évidemment quand le métro est en grève, ce qui place Pétronille devant le choix cruel que voici : rester debout comprimée à bloc dans un métro bondé et surchauffé, le dos cambré à mort et les fesses à la merci de mains moites et baladeuses (l'un n'empêchant pas l'autre, comme chacun sait) ou alors enfourcher son vélo sur lequel elle se trouve courbée comme un mauvais joueur de croquet et dont elle ne peut ensuite plus se lever (du vélo, hein ?).

Ajoutez à cela, lecteurs compatissants, que depuis deux mois qu'elle est officiellement "demandeuse d'emploi" - comme on dit quand on est politiquement correct - elle n'a toujours pas touché un sou (joies du chômage dans l'Education Nationale : trois fois plus de formalités - donc de délais - que pour le reste du monde), ce qui l'oblige à renoncer à tout ce qui fait la joie de son existence, à savoir l'achat compulsif de bouquins, le bobun cambodgien (certainement ce qui lui manquera le plus une fois qu'elle sera au Québec, après sa chère maman, bien sûr, restons humains) et les belles expos parisiennes (notons que la réduction pour les chômeurs est en moyenne d'un euro, voire 1,50 euros dans les meilleurs cas. Quand on sait qu'une entrée tourne à 9 à 10 euros en moyenne, on se demande si les hautes instances ne se foutraient pas un peu de nous, hein, quand même. L'art est-il réservé aux riches ? Voilà un autre sujet de râlerie que Pétronille se réserve pour la bonne bouche).

Et tant qu'on y est, ajoutons à la râlerie en précisant que sa rue est en travaux, et que d'aimables bruits de marteau-piqueur éveillent en douceur votre chère Pétronille sur les coups de 6 heures du matin. Le petit-déjeuner se prend sur fond de blocs de pierre jetés à terre (avec Monsieur Alf qui fait écho, évidemment, le lecteur dans sa grande sagacité l'avait déjà deviné). Et le travail d'écriture de l'après-midi se poursuit dans ce fond sonore, auquel s'ajoutent les klaxons des parisiens énervés qui viennent déjà de se taper plus de 100 bornes de bouchons (pour cause de grève, rappelons-le) et se trouvent bloqués sous les fenêtres pétronillesques par un camion plein de briques.

Alors quand on a le dos bloqué, qu'on se lave à l'eau froide, qu'on a un voisin taré, qu'on est dans la dèche et qu'on est sur le point de devenir sourd, que reste-t-il à faire, lecteur, sinon râler un bon coup, je vous le demande ?

par Petronille publié dans : En ce moment
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Vendredi 19 octobre 2007

Chers et bien-aimés lecteurs, ne vous laissez pas abuser faussement par le titre de cet article. Pétronille précise immédiatement qu'elle n'est absolument pas en train de proférer des insultes envers son lectorat chéri, lequel ne se trouve pas non plus subitement propulsé au coeur d'une chronique animalière digne des émissions nocturnes qui entretiennent gaiement nos pires insomnies.

Non. Si elle écrit aujourd'hui, c'est pour partager avec vous une joie nouvelle qui l'assaillit à un moment où elle s'y attendait le moins. Mais lisez plutôt : lors d'une fin de journée relativement habituelle, alors que Pétronille avait passé l'après-midi à se cailler les pieds (qu'elle a mignons mais frileux) devant son ordinateur, cherchant à mettre du sens dans des phrases qui, mises bout à bout, ne voulaient décidément pas en produire, le mâle de la maisonnée rentra avec un petit sourire en coin, généralement annonciateur de félicités diverses et variées. Tout fiérot, il tendit à Pétronille un petit paquet cadeau, qui, une fois ouvert, révéla son contenu aussi romantique que poétique : un CD intitulé Le sens du poil. Joli programme, en vérité. Et c'est ainsi que Pétronille découvrit un monde nouveau, celui d'un groupe lillois nommé Les Blaireaux (hé oui, d'où le titre de cet article, comme quoi tout vient à point etc etc).

Non contente de découvrir avec un regard extasié et un gros fou rire la douce mélodie de la non moins poétique Auberge du chat qui pète (à écouter d'urgence, surtout en cas de gros coup de ras-le-bol lié aux joies de la grève des transports, du temps maussade, de la chaudière capricieuse, des voisins psychotiques et autres désagréments qui peuvent vous être tout personnels, lecteurs), Pétronille se rendit en urgence acheter des places pour voir de ses propres yeux ébahis et néanmoins éblouis ces 6 spécimens blairesques en concert à Paris.

Le grand Soir, lecteurs, c'était hier. Et au sortir de ce concert, Pétronille s'est décidée à leur faire sans vergogne et avec ses petits moyens une publicité qu'ils méritent amplement. Car ce concert fut une débauche de chansons drôles, fines et enlevées, rehaussées par les banjo, trombone, saxo et autres accordéons. Les Blaireaux sont d'attachantes petites bêtes, prenant un plaisir communicatif à jouer pour un public très rapidement tout acquis à leur cause, d'autant qu'en plus de la musique - ce qui était déjà beaucoup - ils nous ont carrément offert un véritable spectacle, un feu d'artifices de chorégraphies, de saynètes, et d'imitations en tous genres, de quoi nous donner à tous envie de rire, de sauter partout... et de revenir les voir. Bref, lecteur, ne boude pas ton plaisir, et va faire un tour dans leur terrier.

Le mot de la fin leur revient : "merci d'être velus".

Pétronille ne voit rien à ajouter à cela.

par Petronille publié dans : Testé pour vous
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Mercredi 10 octobre 2007

C'est l'automne, le soleil jette ses derniers feux sur les terrasses parisiennes où les gens beaux étendent négligemment leurs jambes en discutant d'écologie, et les appartements commencent à se refroidir sérieusement. Quand on n'a pas de double vitrage, comme Pétronille, on commence presque à visualiser son haleine le matin au réveil.

Et c'est bien de cela qu'il s'agit : du matin, au réveil. Car comme à chaque fois que l'air extérieur se refroidit, Pétronille, à l'intérieur, doit faire face à la désormais traditionnelle rébellion de la plomberie de l'immeuble.

Mais oyez plutôt.

La journée commence dans la joie et la bonne humeur par la mise en marche du réveil, qui tire Pétronille du sommeil en égrenant les catastrophes qui sont arrivées dans le monde pendant que, pauvre innocente, elle dormait sur ses deux oreilles (ou plus particulièrement la gauche, en vérité, je vous le dis). France Info, donc, puisque c'est bien d'elle qu'il s'agit, tire Pétronille de ses jolis rêves en lui assénant des statistiques budgétaires et des catastrophes aériennes, et en lui infligeant des interviews de ministres énervés qui ne sont pas du tout d'accord avec l'interviewer, et d'ailleurs, c'est pas difficile, ils s'inscrivent en faux. Bien sûr, Pétronille a bien essayé de changer la fréquence, histoire de s'éveiller en douceur sur un concerto pour piano de Beethoven, par exemple, mais une malédiction terrible et indépendante de sa volonté replace systématiquement le curseur sur France Info pendant la nuit.

Epanouie comme on l'imagine après un bon quart d'heure à écouter ce type de nouvelles réjouissantes (car la Pétronille moyenne met un quart d'heure à émerger, oui, si vous voulez tout savoir), Pétronille se hisse victorieusement hors du lit, résiste à l'appel sournois de la couette encore chaude, et se traîne péniblement jusqu'à la salle de bain. Heureusement, son parcours est court, c'est ça la magie des appartements parisiens.

En été, lorsque le temps vire à la canicule et qu'il fait déjà trop chaud à 8h du matin, l'eau de la douche refuse de se mettre en mode "tiède" et Pétronille se fait gentiment cramer l'épiderme par une eau à 40 degrés. Mais dès l'automne (en ce moment donc), la chaudière se met en grève, et sans revendication particulière, juste comme ça, pour faire chier.

Ca commence insidieusement : Pétronille se glisse sous la douche, se savonne allègrement des pieds à la tête (mais moins voluptueusement que dans les pubs mensongères qui veulent nous faire croire qu'on n'a que ça à foutre, le matin, quand on n'a rien dans le ventre et l'oeil hagard, de prendre notre pied en étalant de la mousse à la noix de coco sur nos aisselles). Et c'est là que, dans un affreux crachotement que ne renieraient pas les soeurs Brontë, la chaudière s'arrête. Et que Pétronille fait montre de sa connaissance étendue des jurons français (bientôt enrichis de la riche gamme des jurons québécois) tout en se rinçant à l'eau glacée.

Et puis, ça évolue. Un beau matin, la chaudière ne démarre même plus du tout. Après le saut du lit, Pétronille fait donc un détour par la cuisine (ô joie, l'appart est tout petit, elle n'est donc pas loin) pour faire bouillir de l'eau, afin de pouvoir se rincer correctement, si ce n'est dignement.

Et aujourd'hui, ô rebondissement, il n'y a carrément plus d'eau. Tout l'immeuble était dans l'effervescence hier soir à cause d'une fuite d'eau qui donnait au palier un faux air du Titanic, Leonoardo Di Caprio en moins, Dieu soit loué. Le plombier est venu et aussitôt reparti, arguant qu'il n'avait pas les bons outils et reviendrait demain (sans commentaire). Les pompiers, sanglés dans leurs uniformes, sont arrivés à la rescousse, histoire de gentiment défoncer les portes récalcitrantes des communs, tandis que la voisine du 1er enchaînait les signes de croix et que les dames du 2e en profitaient pour s'échanger recettes de cuisine et dernières nouvelles concernant l'évolution de leurs maladies respectives. Seul Monsieur Lanouille manquait à l'appel, probablement recroquevillé chez lui dans la crainte qu'un pompier n'ouvre la porte de ses WC, lesquels sont depuis 2 ans bouchés par des nids de pigeons, ce qui explique probablement pourquoi il se sent parfois obligé d'uriner joyeusement dans les plantes en plastique de l'entrée (joie, joie, de la vie parisienne...).

Résulat des courses : on nous a coupé l'eau jusqu'à ce que le plombier daigne refaire surface, ce qui n'est pas encore arrivé à l'heure où j'écris. Tout ceci a quand même permis à Pétronille de se prendre pour une star hollywoodienne en se lavant à l'eau de Vittel.

Alors, lecteur bien-aimé, quand demain matin tu te lèveras, frais et dispos, et que tu offriras à ton corps ensomeillé les délices d'une bonne douche chaude, pense un instant (et sans ricaner, hein), s'il te plaît, à Pétronille et sa bouilloire de plastique orange. Merci infiniment.

par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
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Lundi 1 octobre 2007

Mais comment fait-on, se demandent les lecteurs pétronillesques les plus curieux, pour partir au Québec, comme ça, hein, Pétronille ? C'est pour répondre à cette question palpitante et pourtant pleine d'intérêt que Pétronille écrit aujourd'hui. Pour que le lecteur sache que le parcours est semé d'embûches et que, comme dans les meilleures aventures d'Ulysse ou d'Indiana Jones (c'est au choix), seuls les plus braves et les plus rusés s'en sortiront.  Car les démarches administratives commencent par l'élaboration d'un dossier de Demande de Certificat de Sélection (DCS pour les intimes qui se la pètent un peu sur les blogs de conseils aux futurs immigrants, et qui aiment à parler par sigles, histoire de bien vous faire sentir que vous n'êtes qu'au tout début du chemin, misérable vermisseau que vous êtes).

Ce dossier comporte tous les renseignements les plus essentiels sur vous, maudit français qui souhaitez gagner l'Amérique. Vous êtes donc priés de retrouver tous vos diplômes, sans oublier la totalité de vos notes depuis le baccalauréat (à l'étape 2, on vous demandera vos notes depuis le CP, sachez-le). C'est ainsi que vous débarquez, roulant de grands yeux effarés, chez votre mère, qui vous a préparé des tomates farcies pour fêter votre retour de fille prodigue. Le dimanche en famille, une fois n'est pas coutume, ne consistera donc pas en un long repas arrosé de bon vin à base d'anecdotes désopilantes sur les moments les plus humiliants de votre enfance, racontés d'une voix chevrotant d'émotion par une Tante Suzon pompette qui finira par s'endormir le nez dans la tarte aux myrtilles. Cette fois, vous passez l'après-midi à retourner les tiroirs à la recherche de votre diplôme de DEUG (ben oui, ça s'appelait encore comme ça, de mon temps), que vous finirez par retrouver parmi les recettes de cuisine, entre la terrine de saumon et le kouign-aman (note : pour un bon kouign-aman, prenez du beurre, roulez dans le sucre, et vous êtes bons).

Reste à récupérer les notes. Là, c'est une autre affaire. Vous vous rendez pimpante et sifflotant gaiement à votre ancienne université, votre petit laïus tout prêt. Vous arrivez devant le service de la scolarité, qui est devenu le service courrier. Ah. Le monsieur du service courrier daigne lever la tête de son sudoku pour vous signaler qu'il n'existe plus de service scolarité, ça a été remplacé par un nom plus pompeux, et ça se trouve dans un autre bâtiment, à l'autre bout de la ville, pour faire plus chic, genre grande université digne de rivaliser avec l'illustre Sorbonne. Ca commence à vous chatouiller le long de la colonne vertébrale, parce que la Sorbonne, vous en avez soupé, et vous craignez de vous retrouver à nouveau quelque part dans une page d'Astérix Légionnaire (en pire, parce que vous ne pouvez baffer personne...). Arrivée dans le fameux service de scolarité qui n'ose dire son nom, vous exposez votre requête à une dame se livrant furieusement au sudoku (décidément), qui refuse tout net de vous donner vos notes, parce qu'aucun duplicata ne peut être fourni. Vous auriez donc du coudre vos relevés de notes dans la doublure de votre manteau, telle une espionne du XVIe siècle, pour être sûre de ne pas les perdre (lecteurs étudiants, vous savez ce qu'il vous reste à faire). Après moult discussions animées, et après que vous ayez menacé d'éclater en sanglots, là, au-dessus de son sudoku, la dame accepte "mais c'est bien pour vous faire plaisir, hein" de vous réimprimer vos notes.

Bon, maintenant que vous avez tout ça, il faut encore faire des photocopies certifiées conformes. Qu'à cela ne tienne, vous motivant en faisant défiler mentalement des images d'orignal, de caribou et de castor (oh les jolis clichés sur le Québec...), vous prenez votre pile de documents (10 ans de fac, ça laisse des traces paperassières...) sous le bras et filez à la mairie de votre arrondissement, grand bâtiment vide et terne d'une tristesse à pleurer. Bien sûr, l'ascenseur est en panne, on voit même des fils qui dépassent, alors vous voilà bonne pour monter trois étages à pied. Le monsieur ne fait même pas de sudoku., mais par contre il a l'étrange manie de s'adresser exclusivement à vos seins (qui ne lui en demandaient pas tant). Il leur explique gentiment que ça n'existe plus, les copies conformes, avant d'ajouter avec un sourire qui se veut séducteur (en réalité, un petit rictus crispé) "sauf pour l'étranger, bien sûr". Ca tombe bien, c'est pour le Québec. Il lève un sourcil intéressé et demande à mes seins, en imitant (mal) l'accent québecois, s'ils pensent pouvoir supporter l'hiver. J'hésite entre rire nerveusement ou partir dans un éclat en cassant un truc (chose que j'ai toujours rêvé de faire - en vain). Finalement je lui tends mes 60 feuillets à authentifier. Et c'est parti pour des heures d'attente car, après avoir comparé toutes les copies aux originaux (et émis quelques commentaires sur mon 2e prénom, mes diplômes, ma date de naissance et j'en passe), le voilà qui sort l'arme du crime : les tampons.

Oui, lecteur, tu as bien lu : LES tampons. Car les mairies parisiennes, contrairement au commun des mortels à savoir les péquenots de province, ne disposent pas d'un tampon unique "certifié conforme". Non, c'est beaucoup plus sophistiqué (et long). Si long que j'ai eu le temps de ronger mes 10 ongles, de me réciter mentalement la liste des présidents américains depuis la fin du XVIIIe siècle et celle des surnoms des rois de France depuis Louis le Pieux.

Car l'employé de mairie parisienne doit appliquer 3 tampons par photocopie. Le 1er est le classique "certifié conforme", pas la peine de revenir dessus, on a compris. Le 2nd signale que le maire n'a pas pu signer en personne (tout occupé qu'il était à choisir la meilleure couleur qui soit pour les Vélib') mais que c'est tout comme. Le 3e, enfin, porte la mention "pays :", car le monsieur doit ensuite religieusement écrire "Québec" à la main en face (des fois qu'en réalité je sois une ignoble fraudeuse qui ferait faire une copie conforme pour la France). Une fois qu'il a écrit "Québec" et signé 60 fois, les gens qui attendent derrière moi sont tous morts sur leurs sièges, la bouche ouverte. Moi-même je me repère quelques nouveaux cheveux blancs.

C'est là que passe une autre employée qui jette un coup d'oeil furtif à mes papiers, se fige et pousse un râle horrifié : "mais qu'est-ce que c'est que ça ???" hurle-t-elle en brandissant la copie du livret de famille parental où je figure glorieusement comme première née. "Il est in-ter-dit de certifier conforme des papiers d'état civil !!!" hurle-t-elle avant de déchiqueter rageusement les papiers que j'ai attendus pendant des heures sur ma chaise de plastique froid. Tenez-vous le pour dit, lecteurs.

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Lundi 24 septembre 2007

Tout être humain branché qui se respecte, à plus forte raison s'il vit à Paris, se doit d'ouvrir de grands yeux extatiques quand on prononce devant lui les mots suivants "rugby", "coupe", "all blacks", "chabal" et autres termes du champ lexical du rugbyphile. A Paris, tout ne vibre que rugby. Les gamins balancent de mini ballons ovales dans les eaux troubles des bassins du Luxembourg. Les parisiens blasés enjambent des supporters à fort potentiel éthylique ronflant bras en croix et kilt de travers au beau milieu de la rue de Rivoli. Les parisiennes moins blasées tirent brutalement le bras de leur amoureux qui fait une pause devant chaque bistrot pour voir où en est le score. Les branchés de tous bords arborent les couleurs de leur pays préféré et se font des rugby parties au cours desquelles les hommes enchaînent les "oh essai !!!" tandis que les femmes commentent le physique des joueurs. Les téléviseurs des gares font défiler de petites anecdotes désopilantes sur les pays en compétition pour vous faire patienter tandis que votre TGV a 1h15 de retard. Les quais du métro, les devantures des cafés, les vitrines des magasins dégueulent des affiches politiquement correctes de type "le rugby, c'est beau si on se respecte tous les uns les autres" ou encore "le rugby, c'est fort comme la solidarité" et autres messages christiques un peu douteux.

Alors que Pétronille peut bien vous l'avouer, lecteurs, au risque d'effarer ses copines parisiennes : elle ne comprend rien au rugby. On a bien essayé de lui expliquer les règles de base (d'ailleurs, "on" ne connaît pas bien toutes les subtilités non plus...), qu'elle a progressivement assimilées, mais elle a du mal à arracher tous ses vêtements de joie quand un essai est marqué (ça finirait par coûter cher, en plus). Surtout qu'elle n'est pas spécialement sensible aux muscles des joueurs, qui auraient tendance à lui foutre un peu les boules, quand même, et à lui rappeler feu son Ken en plastique, le corps carré et le regard vide, avec des petits trous dans sa tête artistiquement réalisés par les canines du chien. Bien sûr, elle jette un oeil quand même, parce que sa copine Paloma, ancienne grande consommatrice de joueurs de rugby du temps béni (selon elle) de ses études dans le Sud, lui a expliqué un soir de beuverie les différences flagrantes existant entre les cuissots des gars de première, deuxième ou troisième ligne ("ben oui, nouille - elle aime bien m'appeler nouille - ils font pas le même effort physique").

Pétronille n'est pas contre, bien sûr, un bon petit match dans un pub tout cosy, le menton délicieusement chatouillé par un délicat fumet de fish and chips et les papilles joyeusement réveillées par une bonne bière au gingembre (si si). Elle ne crache pas non plus sur le plaisir de partager des moments d'intense félicité avec de joviaux irlandais ou de joyeux écossais qui chantent à tue-tête en levant bien haut leur Guinness tout en embrassant tout le monde (oui, ils peuvent faire tout ça à la fois). D'autant qu'il faut bien reconnaître qu'au moins, au rugby, il y a quand même un peu plus d'animation qu'au foot ; ça court dans tous les sens ; ça saigne ; ça se tape dessus ; ça marque des points toutes les cinq minutes, bref, il se passe des choses, ça change...!

Mais elle ne peut pas s'empêcher de se demander si les gens s'exciteraient comme ça pour des compétitions et événements intéressant d'abord des filles. Est-ce qu'on en ferait des affiches dans le métro ? Est-ce que les hommes feraient semblant de s'y intéresser pour plaire à leur chère et tendre ? Est-ce que les télévisions les diffuseraient en prime time, hein, dites, franchement ?

Voilà pour l'avis pétronillesque et néanmoins hautement constructif du jour.

*Note : la citation du titre a été honteusement volée sur un blog regorgeant de citations rugbyesques : http://nicerugbyfeminin.canalblog.com/archives/les_citations_du_rugby/index.html

par Petronille publié dans : L'avis de Pétronille (qui vaut ce qu'il vaut)
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Le Jour J

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Une explication

Où il est question de Pétronille,
demoiselle exquise et néanmoins stressée par son travail,
qui a besoin d’une petite soupape de décompression
et qui, dans un éclair de génie,
estima par un beau matin grisâtre comme seul l’air de Paris peut en offrir,
qu’un blog ferait précisément l’affaire…

Pétronille à domicile

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