Un peu d'Allen fraîche

"L'argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières" Woody Allen.
Mercredi 18 juin 2008
Aujourd'hui Pétronille donne son avis, et elle est contre.
Pétronille donne son avis, que personne ne lui a demandé, c'est pourquoi elle a créé une catégorie toute spéciale consacré entièrement à son avis tout personnel, qui vaut ce qu'il vaut, mais n'est-ce pas justement à cela que sert la blogosphère, où tout le monde donne son avis sur tout ?

Et elle est contre.

Je suis contre.

Contre quoi, me demanderez-vous limite exaspéré par tant de mystères alors que votre journée avait déjà mal commencé, avec tous ces gens qui parlent de foot toute la journée, merci bien.

Alors voilà.

Je suis contre les fautes d'orthographe.

Je l'avoue bien volontiers, et tant pis pour ceux que ça embête bien, les fautes d'orthographe m'horripilent.
Je n'entre pas dans les restos qui me proposent des "magrais de canard", d'ailleurs cela me fait supposer qu'ils ne sont même pas bons.
Je ne lis pas les forums où les gens posent une question en langage texto, de toute façon essayer de comprendre ce qu'ils disent me colle la migraine, et ensuite je dois aller sur d'autres forums pour essayer de traduire ce qui est écrit dans le 1er.
Je ne suis pas indulgente avec l'étudiant qui me colle trois fautes par ligne alors qu'il est en 3e année de fac littéraire, surtout s'il vient ensuite me dire "c'est pas juste que vous sanctionniez les fautes d'orthographe, Madame, moi j'ai pas besoin de savoir écrire : je veux être douanier".
Voilà. Pour la jeune génération (dont je m'éloigne pas à pas à grands coups d'anniversaires), savoir écrire correctement n'est indispensable que si l'on veut faire un métier à vocation spécifiquement littéraire. En gros : écrivain, voire éventuellement sous-titreur d'émissions télé ou...prof.
[Soit dit en passant, j'ai usé les bancs de la fac à côté de copains qui sont devenus instits en faisant des dissertations sur la "mère" Méditerrannée. Et je vous signale que ce sont ces gens-là qui aujourd'hui apprennent à écrire à vos enfants !]

Aujourd'hui, on n'a plus besoin de savoir écrire pour passer en classe supérieure. De toute façon, on n'a plus besoin de grand chose pour passer en classe supérieure, puisque ce sont les parents qui décident.
- Mais madame (j'adore être appelée Madame par un étudiant qui a 5 ans de moins que moi), on peut réussir sa vie alors même qu'on fait des fautes d'orthographe, me dit un étudiant.
- En plus, j'ai le correcteur d'orthographe sur mon ordi, M'dame !
Ben oui, mais, merde, et le respect alors ?
D'accord, les fautes de frappe ou d'étourderie, ça existe.
D'accord, on n'est pas censé savoir orthographier tous les mots.
Mais bon, quand on écrit à une administration, à un futur employeur, à sa mère, aux lecteurs de son blog, à n'importe qui, ce n'est pas le minimum que de se relire, de faire un peu gaffe, de se faire corriger ?

D'où mon avis pétronillesque n°2 qui dit : il me semble que refourguer le bac à des ados qui dissertent comme s'ils passaient un mail à leurs vieux potes, et les envoyer ensuite se casser la g... dans les facs littéraires parce qu'on leur a fait croire qu'ils avaient le niveau, c'est du foutage de g...
Moi j'en ai vu plein des étudiants désabusés qui ne comprennent pas pourquoi ils n'ont pas leur année.
On leur avait pourtant dit que la fac, c'était ouvert à tout le monde.
En plus, ils croyaient que faire littéraire, c'était drôlement plus facile que la filière scientifique.
Et voilà que leurs profs leur assènent : "oui, vous n'avez que 15h de cours, mais vous devez passer autant de temps à travailler chez vous" ; "vous devez lire des livres" ; "vous devez aller à la bibliothèque"; "vous ne devez pas recopier les articles de Wikip*dia dans vos copies" ; "vous ne pouvez pas avoir vos examens si vous faites des fautes d'orthographe" [et non, Lady de Nantes n'existe pas].

Au nom de l'égalité des chances, on ouvre les facs à tout le monde, d'accord.
Mais arrêtons de faire croire qu'il suffit de s'inscrire et d'assister à 7 heures de cours par semaine pour en sortir avec un diplôme et un métier ensuite.
Et arrêtons de crier à l'injustice si on recale des étudiants qui n'ont pas le niveau : après on s'étonne que les diplômes littéraires ne valent plus rien.

Bref, je digresse, je digresse.
On va croire que je caricature ; je sais bien qu'il y a plein d'étudiants sérieux et travailleurs. Mais force est de reconnaître qu'ils sont loin de constituer la majorité des têtes "blondes" et boutonneuses qui nous font face en amphi.

par Petronille publié dans : L'avis de Pétronille (qui vaut ce qu'il vaut)
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Lundi 16 juin 2008
Aujourd'hui, comme tous les jours depuis qu'elle a posé ses valises dans le 16e arrondissement, Pétronille se coltine le métro à heure de pointe pour rejoindre le havre de paix qu'est la bibliothèque, ses escalators sans fin, ses murs de béton qui ne laissent pas filtrer la lumière, ses chaises en bois qui font mal aux fesses, ses distributeurs de sandwiches fadasses...mais bon, là n'est pas le propos.

Munie d'un gros sac contenant mon ordinateur portable âgé de 7 ans (je vous laisse donc imaginer son poids, sa rapidité et son usage facile... j'espère toujours que quelqu'un va me le piquer, je le laisse seul à sa table pendant que je vais manger, je le pose à mes pieds dans le métro... rien à faire), je me retrouve donc littéralement compressée, le dos explosé contre un bout de strapontin, le nez négligemment collé sous l'aisselle d'un monsieur, le sac d'ordi joyeusement écrabouillé dans mes côtes et de gros pieds enfermés dans de gros godillots posés tranquillement sur mes petites bottines (oui, amis du Sud, à Paris on met encore des bottes en juin). Pour achever ce tableau horrifiant, une jeune femme (orange) munie d'un petit chignon débraillé-chic (traduction : vous passez des heures à vous coiffer pour avoir l'air de n'être pas coiffée. C'est le chic négligent-décadent des beaux quartiers), monte dans mon wagon, et plaque son dos contre moi, les parties métalliques de sa veste s'imprimant dans mon ventre (depuis, je suis siglée malgré moi) et ses talons pointus m'interdisant défintivement la jouissance de trois orteils.

C'est toujours mieux qu'un gros pervers, me direz-vous.

Oui.

Seulement, le petit chignon négligent, comme son nom l'indique, est pourvu de petites mèches folles qui virevoltent tout autour à cause d'une petite brise s'engouffrant par les fenêtres ouvertes. Et grâce à votre sens de la déduction hors norme, vous avez déjà compris, lecteurs de mon coeur, que ces petits cheveux foufous se sont mis à s'agiter sur mon nez (déjà mis à mal par l'aisselle sus-mentionnée). Impossible de bouger, je suis obligée de me laisser chatouiller par des cheveux étrangers pendant 10 arrêts sous l'oeil hilare d'une dame à côté de moi qui retient péniblement un fou rire.

Et ce qui devait arriver arriva, fatalement : la dame à mes côtés éclate vraiment de rire...car, à la 11e station, j'éternue franchement et de bon coeur dans la nuque de la dame orange, laquelle, horrifiée, s'extirpe du wagon à petits pas saccadés tandis que ma voisine me souffle un "elle l'a bien mérité" assorti d'un clin d'oeil.
par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Samedi 14 juin 2008

Dans la série, « mais à quoi pensent les instits ? » (ou plutôt mais à quoi pensent ceux qui font les programmes scolaires ?), aujourd’hui : l’instit du petit Sandro.

Sandro, que je vous situe, est le fils de ma copine Luisa, qui a quitté sa Rome natale par amour pour un Parisien même pas orange, mais qui mange des harengs pommes à l'huile (quand même).

Sandro a 7 ans et est scolarisé dans un établissement multilingue pour enfants de toutes nationalités. Ses meilleurs copains sont mexicain et portugais.

Mais pourquoi vous dis-je tout cela, chers lecteurs ? Je vois bien que la vie de la famille de Luisa vous passe un petit peu derrière le bonnet.

Il se trouve que Luisa, qui aide religieusement sa progéniture à faire ses devoirs entre la confection de deux tiramisù, tombe tout soudain sur la leçon d’Histoire de la chair de sa chair.

Qui s’intitule ainsi (je rappelle qu’il n'y a pas un seul français bon teint dans la classe) :

« Nos ancêtres les Gaulois »

Franchement… ?

Je vous demande un peu...?


[Soit dit en passant, Sandro a adoré la leçon, et joue depuis à "moi je suis Romain et je vous écrase tous autant que vous êtes". Ah les vertus de l'Histoire...!]

par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
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Jeudi 12 juin 2008
Comme je vois dans les statistiques détaillées (toujours une source de surprises sans fin, quelle belle invention...!) que beaucoup des lecteurs pétronillesques débarquent sur ce blog suite à une recherche sur les modalités d'émigration au Québec (l'autre recherche majeure étant "Pétronille nue" et je ne sais pas encore si je dois me sentir flattée...), je m'en vais vous conter, lecteurs bien-aimés, la suite de mes aventures à visée émigrante.

Comme vous le savez à présent, chers lecteurs, Pétronille, telle une héroïne de mauvais films américains (le cheveu choucrouté en moins), a dû passer moult épreuves afin de prouver qu'elle est bien l'Elue.

La première fut bien sûr le dossier à monter pour la demande de certificat de sélection auprès de la province de Québec. L'élue (avec un petit "e" pour l'instant) a du retourner toute sa chambre d'adolescente pour retrouver diplômes et relevés de notes depuis le CP, découvrant au passage que son père avait jeté Nestor, sa vieille peluche déglinguée (drame familial, donc : ça commençait bien...!). Et bien sûr, il a fallu
certifier conforme, nous ne reviendrons pas là-dessus, Pétronille en fait encore des cauchemars lors des nuits sans lune.

Mais vous savez aussi que réussir à être acceptée par la province de Québec n'est pas, hélas, la seule formalité. C'est plutôt le premier pas (mais indispensable, évidemment) avant une série d'autres joies administratives. Le Québec vous sélectionne en effet sur des critères (relativement) simples : serez-vous capables de vous intégrer dans la société québécoise ? Parviendrez-vous à trouver du travail sans faire le maudit français qui exige de retrouver au bout de trois jours le standing qu'il avait en France ? Arriverez-vous à supporter l'hiver et le froid sans éclater en sanglots lorsque vous aurez encore de la neige jusqu'aux mollets en avril, tandis qu'au téléphone votre mère vous dira qu'elle est en train de bouquiner en short sur la terrasse ? Pourrez-vous vivre loin des tomates farcies maternelles, des soirées entre copines à base de quiches à la carotte et de bonbons chinois (on sait s'amuser, hein, chez Pétronille), et des petits cloîtres gothiques ? Une fois prouvées votre capacité d'adaptation et votre motivation, le Québec vous ouvre tout grands les bras.

Vous pouvez donc ensuite passer à la seconde étape : celle de l'acceptation par l'Etat fédéral.
Cette fois, les critères sont différents : le Canada vérifie que vous ne présentez pas un danger potentiel pour la sécurité nationale et pour les deniers de l'Etat. Comme le vol d'un Carambar dans le cartable de votre copine de CP quand vous aviez 6 ans n'a pas été reporté sur votre casier  judiciaire, vous êtes relativement sereine de ce côté-là. Mais vous devez à nouveau remplir des tas de formulaires et fournir des photos d'identité à faire chez un photographe pour cause de normes différentes de celles du passeport. Bien sûr, vous les faites refaire 4 fois de suite, le photographe en question vous répétant inlassablement "ouais, on a l'habitude d'en faire", et les faisant à chaque fois trop grandes ou trop petites. D'où votre sourire un peu crispé sur la dernière série, hum.

Vient ensuite le temps de l'attente où vous en êtes presque à tracer des traits sur les murs en comptant les jours jusqu'à l'accusé de réception qui vous parvient au bout de trois mois, puis la convocation pour la visite médicale. Bien qu'en bonne santé apparente (on ne sait jamais, mais bon), vous prenez de saines décisions 15 jours avant le rendez-vous (comment ça c'est un peu tard  ?). Vous évitez le rayon nounours en guimauve au supermarché,
achetez des haltères, et avez décidé de ne plus boire de vin jusqu'à la date fatidique de la prise de sang (des fois que votre foie se régénère en 15 jours).
Ainsi vous avez mis toutes les chances de votre côté.

La suite après la visite dans deux semaines, si je ne
fais pas une grave crise d'hypoglycémie à cause du manque de guimauve au chocolat...

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Pour les nouveaux lecteurs que ça intéresse (sait-on jamais), les articles pétronillesques consacrés à cette grande aventure sont là :
- épisode 1 : monter le dossier
- épisode 2 : ne pas se fâcher avec sa banquière
- épisode 3 : manger de la jelly
- épisode 4 : passer l'entretien avec sérénité

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Mercredi 11 juin 2008
Aujourd'hui Pétronille a décidé de montrer à ses lecteurs que, contre toute attente, oui elle s'intéresse à l'actualité et pas seulement à celle d'il y a 500 ans. Dans un élan fiévreux (peut-être dû à son allergie au pollen de fleurs de marronniers qui se balade allègrement dans les rues du 16e arrondissemnt - un problème qu'on ne connaît que par ouïe-dire dans l'Est parisien), elle décide donc - hop là - sur un coup de tête de créer rien que pour vous, lecteurs, une nouvelle catégorie.
Comme ça, au débotté.
Et sans même avoir mangé.

Mais comme l'actualité traditionnelle est à la portée de n'importe quel être humain pourvu d'un doigt quelconque (l'index est le plus conseillé, mais les autres peuvent faire l'affaire également) susceptible d'allumer la télé ou la radio ou de feuilleter le journal, Pétronille va plus loin encore pour permettre à ses lecteurs bien-aimés (oui, vous) de briller autour de la machine à café. Ca changera un peu de l'histoire de l'accouchement de votre collègue , que tout l'étage commence à connaître carrément par coeur, d'ailleurs Bob en est venu à se persuader qu'il y a vraiment assisté.

Voici donc : l'insolite du jour (tadamm !)

Et aujourd'hui, l'insolite se passe à Sydney, capitale des kangourous et des surfeurs blonds qui boivent de la Victoria Bitter le soir au coin du feu (Pétronille, pourvoyeuse officielle de clichés en tous genres, pour vous servir).

Deux trafiquants de drogue comparaissent devant le juge Peter Zhara (je cite des noms, hein, pour attester de la véracité de l'affaire) et risquent la perpétuité. 66 jours d'audience se passent tranquillement, les koalas roupillent au dehors, les jurés prennent des notes fiévreusement, tout va bien. Et puis le juge s'avise tout de même que les jurés prennent leurs fameuses notes en écrivant... verticalement.

Il s'est avéré, chers lecteurs ébahis, que les jurés... jouaient au sudoku (soit disant que ça les détend...tu parles, ça détend qui de jongler avec les chiffres, hein, franchement ?).
Résultat : la procédure, qui avait déjà coûté plus de 612 000 euros au contribuable australien est annulée !!

Voilà un insolite à méditer et à partager gaiement avec vos collègues et amis.
Non, ne me remerciez pas, Partage est mon deuxième prénom.

Source : Associated Press, Sydney - mardi 10 juin 2008.
par Petronille publié dans : L'insolite du jour
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Le Jour J

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Une explication

Où il est question de Pétronille,
demoiselle exquise et néanmoins stressée par son travail,
qui a besoin d’une petite soupape de décompression
et qui, dans un éclair de génie,
estima par un beau matin grisâtre comme seul l’air de Paris peut en offrir,
qu’un blog ferait précisément l’affaire…

Pétronille à domicile

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