Pétronille donne son avis, que personne ne lui a demandé, c'est pourquoi elle a créé une catégorie toute spéciale consacré entièrement à son avis tout personnel, qui vaut ce qu'il vaut, mais n'est-ce pas justement à cela que sert la blogosphère, où tout le monde donne son avis sur tout ?
Et elle est contre.
Je suis contre.
Contre quoi, me demanderez-vous limite exaspéré par tant de mystères alors que votre journée avait déjà mal commencé, avec tous ces gens qui parlent de foot toute la journée, merci bien.
Alors voilà.
Je suis contre les fautes d'orthographe.
Je l'avoue bien volontiers, et tant pis pour ceux que ça embête bien, les fautes d'orthographe m'horripilent.
Je n'entre pas dans les restos qui me proposent des "magrais de canard", d'ailleurs cela me fait supposer qu'ils ne sont même pas bons.
Je ne lis pas les forums où les gens posent une question en langage texto, de toute façon essayer de comprendre ce qu'ils disent me colle la migraine, et ensuite je dois aller sur d'autres forums pour essayer de traduire ce qui est écrit dans le 1er.
Je ne suis pas indulgente avec l'étudiant qui me colle trois fautes par ligne alors qu'il est en 3e année de fac littéraire, surtout s'il vient ensuite me dire "c'est pas juste que vous sanctionniez les fautes d'orthographe, Madame, moi j'ai pas besoin de savoir écrire : je veux être douanier".
Voilà. Pour la jeune génération (dont je m'éloigne pas à pas à grands coups d'anniversaires), savoir écrire correctement n'est indispensable que si l'on veut faire un métier à vocation spécifiquement littéraire. En gros : écrivain, voire éventuellement sous-titreur d'émissions télé ou...prof.
[Soit dit en passant, j'ai usé les bancs de la fac à côté de copains qui sont devenus instits en faisant des dissertations sur la "mère" Méditerrannée. Et je vous signale que ce sont ces gens-là qui aujourd'hui apprennent à écrire à vos enfants !]
Aujourd'hui, on n'a plus besoin de savoir écrire pour passer en classe supérieure. De toute façon, on n'a plus besoin de grand chose pour passer en classe supérieure, puisque ce sont les parents qui décident.
- Mais madame (j'adore être appelée Madame par un étudiant qui a 5 ans de moins que moi), on peut réussir sa vie alors même qu'on fait des fautes d'orthographe, me dit un étudiant.
- En plus, j'ai le correcteur d'orthographe sur mon ordi, M'dame !
Ben oui, mais, merde, et le respect alors ?
D'accord, les fautes de frappe ou d'étourderie, ça existe.
D'accord, on n'est pas censé savoir orthographier tous les mots.
Mais bon, quand on écrit à une administration, à un futur employeur, à sa mère, aux lecteurs de son blog, à n'importe qui, ce n'est pas le minimum que de se relire, de faire un peu gaffe, de se faire corriger ?
D'où mon avis pétronillesque n°2 qui dit : il me semble que refourguer le bac à des ados qui dissertent comme s'ils passaient un mail à leurs vieux potes, et les envoyer ensuite se casser la g... dans les facs littéraires parce qu'on leur a fait croire qu'ils avaient le niveau, c'est du foutage de g...
Moi j'en ai vu plein des étudiants désabusés qui ne comprennent pas pourquoi ils n'ont pas leur année.
On leur avait pourtant dit que la fac, c'était ouvert à tout le monde.
En plus, ils croyaient que faire littéraire, c'était drôlement plus facile que la filière scientifique.
Et voilà que leurs profs leur assènent : "oui, vous n'avez que 15h de cours, mais vous devez passer autant de temps à travailler chez vous" ; "vous devez lire des livres" ; "vous devez aller à la bibliothèque"; "vous ne devez pas recopier les articles de Wikip*dia dans vos copies" ; "vous ne pouvez pas avoir vos examens si vous faites des fautes d'orthographe" [et non, Lady de Nantes n'existe pas].
Au nom de l'égalité des chances, on ouvre les facs à tout le monde, d'accord.
Mais arrêtons de faire croire qu'il suffit de s'inscrire et d'assister à 7 heures de cours par semaine pour en sortir avec un diplôme et un métier ensuite.
Et arrêtons de crier à l'injustice si on recale des étudiants qui n'ont pas le niveau : après on s'étonne que les diplômes littéraires ne valent plus rien.
Bref, je digresse, je digresse.
On va croire que je caricature ; je sais bien qu'il y a plein d'étudiants sérieux et travailleurs. Mais force est de reconnaître qu'ils sont loin de constituer la majorité des têtes "blondes" et boutonneuses qui nous font face en amphi.
ajouter un commentaire commentaires (4) recommander





Vos commentaires