Que ceux de ses lecteurs bien-aimés qui ont le portrait de Johnny tatoué sur le bras veuillent bien pardonner à Pétronille l'audace avec laquelle elle écrit ces lignes, mais quand même, ça peut plus durer. Quoi ? Son voisin d'en face, pardi.
Mon voisin d'en face, pour que mes lecteurs le situent bien : une bonne cinquantaine d'années, un string noir porté négligemment quand il ouvre au facteur, une faculté extraordinaire à imiter divers bruits de la rue tels le klaxon, la sirène des pompiers et les aboiements des chiens... mon voisin d'en face, dis-je, travaille quelques heures par jour à un emploi obscur qui lui permet de se trouver à la maison tout l'après-midi pendant que je travaille de manière acharnée à préparer mes cours, corriger mes copies, écrire des articles, préparer des conférences (ou écrire ce blog, oui, bon d'accord, mais vous êtes de quel côté exactement ?).
Et depuis quelques jours, alors que jusqu'ici je l'entendais parfois fredonner des chansons allemandes des années 30 d'un air jovial, il écoute Johnny à fond toute la journée. Si fort que la porte d'entrée en tremble, sans parler de l'eau dans les verres.
C'est bien simple, je chante "Que je t'aimeuh" même dans mes rêves, en ce moment. Quand mes étudiants me demandent pourquoi je n'ai pas encore corrigé leurs derniers contrôles, je réponds "qu'on me donneuh l'envie !!!". Quand le contrôleur dans le train nous annonce que nous aurons une heure "ou plus" (nuance importante) de retard parce que la locomotive ne peut exceptionnellement pas dépasser le 50 km/h, j'ai comme "un désir fou de vivre une autre vie". Et quand mon amoureux me demande ce que j'ai envie de faire ce soir, je me prends à penser : "mourir d'amour enchaînééééée".
Alors, bon, que faire à part compenser en finissant le chocolat, hum, je vous le demande ???
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