Aujourd'hui, Pétronille se confie à ses lecteurs qui n'en demandent certainement pas tant et leur déballe sans vergogne ses péripéties sentimentales, lesquelles n’ont rien à envier à celles des grandes séductrices, de Liz Taylor à Gina Lollobrigida en passant par la femme de JP Pernaut, puisqu’elle tomba amoureuse pour la 1e fois de deux garçons simultanément : Julien R. avec qui elle partageait généreusement et un peu rougissante son croissant du lundi sur les bancs de la maternelle et Albator, mâle viril et balafré à la cape volante et au cheveu en bataille.
Vint ensuite Kevin T. le fils de forain ténébreux qui tenait le stand de tir aux ficelles et n’avait d’yeux que pour la grande Magali G., devenue depuis l’heureuse propriétaire de cinq garçons aux genoux cagneux et d’un double menton piqueté de poils frisottés du plus mauvais effet, parce que la justice divine s'exerce toujours à bon escient.
Puis Christophe G., le footballeur de 3eD qu’elle admirait béatement à chaque récré tandis qu’il parlait crampons avec ses copains en jogging de coton blanc. Jusqu’au premier baiser, avec le beau réunionnais Yannick V., futur possesseur d'incroyables tablettes de chocolat, mais, comme la vie est mal faite, hélas, il ne les avait pas encore en 4e. Et en plus Pétronille l'a quitté deux semaines plus tard pour le malingre Edgar P., le fils du principal, et chacun(e) sera ici d'accord pour dire qu'elle aurait du se méfier.
Nous passerons sur la découverte des joies du sexe avec Paul R., dont la réputation d’étalon n’était vraisemblablement basée que sur ses propres dires à lui, et qui lui donna un avant-goût assez affligeant des choses de la vie, ce que confirmèrent plus tard les trois filles avec qui il sortait au même moment. Heureusement, le suivant lui fit découvrir le sens du mot préliminaire, sans même parler du reste. Malheureusement pour lui, en dehors de cela, sa passion quasi sacrée la vie et l’œuvre des poissons exotiques à nageoires orange eut raison de la patience de Pétronille, qui le quitta avec tous les ménagements possibles (au téléphone, donc) pour entamer une période bénie de célibat à base de fiestas entre copines, téquilas frappées avec de beaux italiens, yoga, lecture sous la couette, bains moussants (*), plats à l'ail, téléfilms de M6 larmoyants et autres délices de célibataires.
S’ensuivirent quelques spécimens peu recommandables comme le gratteur de guitare chevelu surdiplômé vivant du RMI, le maniaque du jeu de rôle qui réfléchissait pendant deux semaines au meilleur nom à donner à son personnage de hobbit pendant que Pétronille révisait pour l’agrégation, l’imposteur intello qui voyait des beaufs partout sauf là où ils étaient c’est-à-dire dans sa propre famille, l’adolescent attardé accro aux jeux vidéo, l'adepte du macrobio qui jetait sournoisement les pots de Nutella de Pétronille (qui dut les conserver dans son sac à main pour plus de sûreté - n'importe qui de sensé aurait fait pareil, non ?), le trompeur en série jamais à court de capotes et d’arguments foireux qui a fini sur le trottoir un soir pluvieux de novembre avec son caleçon pour tout vêtement.
Rien de tout cela n'est étranger à la femme moderne, qui sait bien, dans son infinie sagesse et sa connaissance avancée des choses de la vie et de l'amour, qu'avant de trouver l'Homme qui méritera une majuscule, il faut engranger assez de mauvaises expériences pour pouvoir dire, "mieux vaut être seule que mal accompagnée" , ce qui, chez la grand-mère de Pétronille, se traduisait par un vigoureux "mais quitte donc ce crétin et reprends un peu de schnaps pour faire passer".
Cette phrase à portée hautement philosophique est à méditer et vous est offerte gracieusement par Pétronille, solidaire de toutes les femmes en détresse et des autres aussi, puisque, si nul homme n’est une île, nulle femme non plus et on a un peu trop tendance à l’oublier.
(*) Pétronille rappelle cependant à ses amis lecteurs que pour des raisons hautement environnementales, le bain moussant est à proscrire au profit de la douche revigorante.
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