Mardi 27 mai 2008
Bonne et étonnante nouvelle, chers lecteurs de mon coeur.
Pétronille, qui n'est pas une chercheuse pour rien, vient de découvrir avec un "oh" ébahi que n'aurait pas renié Audrey Tautou dans le Da Vinci Code mais ne revenons pas là-dessus, et avec un plaisir non dissimulé, que la petite ville (enfin, que je suppose petite) de Louiseville, en Mauricie, propose à chaque mois d'octobre...tenez-vous bien...(roulement de tambours virtuels)... le Festival de la Galette de Sarrasin..!!

Oui, lecteur, tu as bien lu.

N'est-ce pas une merveilleuse nouvelle, joie, bonheur et tutti quanti ?
La galette de sarrasin, madeleine de Proust pétronillesque s'il en est, avec tout ce qu'elle induit de vagues déchaînées, de phares rouges et blancs, de chants marins, de cidre fermier avec araignée au fond de la bouteille, de grains de sable entre les orteils, de petites chapelles et de calvaires de pierre, de légère bruine (non, il ne pleut pas en Bretagne, combien de fois faudra-t-il le répéter, il bruine), la galette de sarrasin, disais-je, restera donc à portée de main de Pétronille, même au-delà de l'Atlantique.

Si les québécois n'ont pas d'orties (encore une découverte pétronillesque : il se trouve que les petits enfants québécois n'ont jamais connu les mollets hérissés de cloques blanches, et les sprays horriblement urticants avec lesquels Tante Suzon vous les badigeonnait allègrement entre deux verres d'hydromel. Aussi n'ont-ils jamais non plus frémi à la lecture des Six Cygnes, conte de fées à base d'orties écrabouillées par des pieds nus et de petit frère à qui il reste une aile. Et on s'étonne que ce pays ait produit Céline Dion - je sais, je suis un peu réductrice, mais ça fait partie de mon charme).. si les québécois n'ont pas d'orties, disais-je, ils ont du sarrasin, Dieu soit loué, quel merveilleux pays...!!!
par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
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Lundi 26 mai 2008
Depuis que je vis, comme chacun sait, dans le 16e arrondissement, mes journées ne sont qu'une succession infinie de couloirs de métro et, ô nouveauté, de RER. Des milliers de petits carreaux de céramique blanchâtre défilent devant mes yeux éblouis tandis que je me laisse bercer par l'ignoble ronflement des escalators. Et les affiches de ciné, quand elles ne datent pas du mois dernier, s'impriment sur ma rétine, même quand j'essaie ensuite de me concentrer sur mon boulot à la bibliothèque.

Et en ce moment, impossible de rentrer chez moi sans que les 4 chevelues de Sex & The City ne me gratifient d'un sourire tout en émail étincelant.

Autant vous le dire, lecteurs, je n'en peux plus.

Mes copines parisiennes sont toutes frétillantes à l'idée de pouvoir enfin se ruer entre filles à la projection de ce chef d'oeuvre cinématographique.
Et moi je m'interroge sur cet engouement étonnant, dans la mesure où :

L'Américaine de séries télé (dite, pour plus de commodité de lecture, AST) a une potentialité capillaire qui dépasse de loin celle du commun des mortels. Toute en cheveux, elle arbore à l'approche de la cinquantaine un front lisse comme un fessier de bébé encadré d'une crinière sauvage, lissée, gaufrée, nourrie, enrichie, avec laquelle seuls Barbie et le Rion Lion peuvent espérer rivaliser. Non seulement esthétique, cette particularité a le mérite de renforcer leur jeu de scène, lequel consiste essentiellement à lisser délicatement leur frange avec l'ongle peinturluré de leur petit doigt (lors de discussions sérieuses) ou à enrouler négligemment une frisette autour de leur index (lors de conversations mutines).

L'AST est restée bloquée dans les années 80, quand les femmes étaient sanglées par de grosses ceintures dorées dans des chemisiers rouge sang à épaulettes et manches chauve-souris assortis à leur rouge à lèvres. Comme la reine d'Angleterre, elle porte du rose bonbon, du pervenche, du violet, du bleu turquoise, du vert bouteille, mais, au contraire de Sa Majesté, elle est montée sur des talons vertigineux à noeuds-noeuds dorés sur lesquels, vertêbres tassées au maximum, elle trottine allègrement sur les trottoirs.

L'AST a une petite voix nasillarde et haut perché qui a tendance à monter dans les aigus de manière exponentielle quand elle est contente, bat des mains, et serre ses copines dans ses bras en enchaînant les "oh my god !" hystériques.

L'AST a surtout cette faculté de parler de sexe avec une facilité déconcertante et sans aucune gêne, aussi bien au resto, dans le taxi (car elle ne prend pas les transports en commun), que dans la salle d'attente du dentiste, mais uniquement de manière scientifique. Dans une soirée à la bonne franquette entre copines, elle emploie à l'envi les mots utérus, vagin, ovaires, tout en grignotant une olive du bout des lèvres, son sex-toy frétillant gaiement dans son sac griffé.

Par un étrange paradoxe, l'AST fait pourtant l'amour toute habillée, sans jamais, au grand jamais, se départir de son soutien-gorge.
Malgré tout, elle juge tout de même plus correct de se rouler dans sa couette en satin pour se rendre dignement à la salle de bain, afin de se repoudrer le nez et remettre en place son chignon (qui n'a cepenant que très peu souffert de ses ébats torrides, c'est ça, la marque d'un bon coiffeur), laissant son partenaire tout nu comme un con au milieu du lit, se gelant les c... (excusez, lecteurs, Pétronille n'étant pas une AST, n'ose pas dire "couilles", comme ça, sur un site grand public) le temps que sa douce se ravale la façade à grands coups de blush orange. En attendant, l'étalon grelottant n'a d'autre ressource que de gratter son front bas et serrer sa proéminente paire de mâchoires carrées d'un air satisfait.

Aaaaaaah...
Ayant complaisamment répandu mon fiel, je me sens mieux à présent, et me voilà fin prête à reprendre le chemin du métro.
par Petronille publié dans : L'avis de Pétronille (qui vaut ce qu'il vaut)
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Vendredi 23 mai 2008
Pétronille n'étant pas une femme vénale (et c'est probablement un tort), elle a au cours de sa vie utilisé divers moyens mnémotechniques divers pour calculer le prix des choses.

Ainsi, aux temps anciens où elle était étudiante et où les prix s'affichaient encore en francs, Pétronille comptait en escalopes de poulet (la principale source de nourriture pétronillesque à l'époque, ce qui est plutôt admirable dans la mesure où, comme chacun sait, l'étudiant lambda a des goûts italiens qui ont plutôt tendance à le porter vers la surconsommation de pâtes et de pizza).
A l'étal de la grosse Madame Maurice, au beau milieu du marché, l'escalope de poulet fermier se négociait environ 10 francs (ah, c'était le bon temps - soupir). Aussi, quand Pétronille devait pourvoir à une dépense, elle se demandait de combien de jours de viande elle allait se priver (merci d'essuyer une larme compatissante).

Plus tard, devenue un membre éminent de l'Education Nationale (mais si, mais si !), et en tant que tel pourvue d'un salaire (ce dont se félicita la SNCF, qui en récupéra un bon tiers, qu'elle mit probablement à profit en augmentant la dame qui prévient langoureusement les passagers que leur train aura deux heures de retard, ou a carrément disparu dans la nature).
Changeant de standing, elle se mit donc à compter en billets de train pour Florence.
Par exemple (exemple pris totalement au hasard), quand elle dut
se rendre à Strasbourg pour une soirée entre amis et qu'elle découvrit les tarifs du nouveau TGV Est, après avoir cru à une bonne blague, elle finit par se demander si elle ne ferait pas mieux d'empaqueter rapidement une petite robe et des lunettes de soleil et de filer directement à la gare de Bercy direction l'Italie, le chianti, le caffè latte et les ocres de Ghirlandaio.
Et quand son propriétaire refusa de changer le panneau électrique de la chaudière, la condamnant au choix cornélien de
    1) se laver à l'eau froide (c'est bon pour la circulation, mais pas pour l'hygiène à long terme, la motivation s'émoussant vite)
    ou
   2) faire venir elle-même un plombier,
elle réalisa qu'elle pourrait emmener toutes ses copines faire la bringue dans l'Oltrarno pour le prix que lui demandait le chauffagiste rien que pour se déplacer et faire un devis.

Mais depuis qu'elle vit dans le 16e arrondissement, Pétronille a trouvé son maître.
A preuve cette phrase, entendue dans la queue à la caisse du supermarché, prononcée par une dame orange (mais, vous l'aviez déjà deviné), pourvue d'un incroyable chignon méché de blond cendré et d'une paire de spartiates dorées [au cas où vous croiseriez une personne vaguement orangée dont le teint ne vous permette pas à coup sûr de reconnaître en elle une digne habitante du 16e, regardez donc ses pieds : la spartiate dorée ou argentée est le nouvel indice du moment pour les reconnaître].
Discutant très fort de choses et d'autres avec son amie (spartiatée également), elle aborde soudain le sujet de ses couronnes dentaires, sujet palpitant s'il en fut pour les pauvres mortels comme Pétronille qui se coltinent les courses à l'heure de pointe (et un peu culpabilisant quand on est en train d'acheter des caramels).
C'est avec un rire franc découvrant toutes ses dents (que nous savons à présent être fausses) qu'elle déclara :
"Tu te rends compte, j'ai trois sacs Vuitt*n dans la gueule !" (très chic).

Pétronille a décidément du chemin à faire pour devenir un vrai membre à part entière de son quartier.
par Petronille publié dans : La phrase du jour
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Jeudi 22 mai 2008
Depuis qu'elle est au chômage, Pétronille (moi, donc) n'a plus à traverser la France pour aller enseigner à de jeunes adultes perturbés par leurs hormones. Quand elle prend le train, c'est en général pour d'émouvantes retrouvailles familiales à fort potentiel de tomates farcies et de tarte aux myrtilles, et ce, quand elle en a les moyens. Le train est en effet devenu un luxe financier (surtout pour les chômeurs, qui, rappelons-le, ne bénéficient pas de réductions), sauf si on a su prévoir 3 mois à l'avance que Tante Suzon ferait une crise cardiaque, auquel cas on peut espérer profiter d'une réduction. Mais vu le prix d'un départ à la dernière minute (c'est-à-dire 15 jours à l'avance), mieux vaut se payer un week-end de 4 jours à Rome.

Bref, pour exorciser une année de galères essennecéeffesques, Pétronille a donc aujourd'hui testé pour vous :

"commander des billets de train par Internet"
[sous-titre : sur le nouveau site Internet de l'agence]

Première recommandation [et peut-être la plus importante de toutes] : ne jamais se connecter au site sans avoir prévu un fauteuil confortable, un exemplaire de Guerre et Paix et un énorme paquet de gâteaux au chocolat (risque d'hypoglycémie).
En effet, la page d'accueil est totalement incompréhensible, avec plein de photos partout qui sautillent, sans oublier en fond sonore la petite musique crispante de la gare qui ne nous est même pas épargnée. On est d'ailleurs tenté de cliquer sur n'importe quoi pourvu que ça s'arrête, et c'est comme ça qu'on se retrouve à investir dans une carte famille nombreuse alors
qu'on n'a même pas l'ombre d'un enfant (à part la joueuse de flûtiau du 7e étage, qui commence à faire partie de la famille).
Si ta télé tombe en panne et que tu souhaites occuper tes enfants coincés à la maison à cause de la pluie, je te conseille donc, lecteur bien-aimé, de les coller devant cette page d'accueil et de leur demander de trouver sur quoi cliquer pour accéder à la vente de billets en ligne. Cela présente l'avantage de te laisser le temps de faire le repassage de la semaine.

[Dans ma grande bonté, je t'indique donc, lecteur, la solution de l'énigme : clique en haut à droite sur la rectangle blanc, là où "acheter" est écrit en tout petit.]

Ensuite une deuxième fenêtre s'ouvre, comme ça ton vieil ordinateur se met illico à peiner et à souffler comme un forçat, ce qui va faciliter ta concentration. Tu tombes donc sur une page pleine de pubs, où on t'aguiche avec des prix de dingue de type "aller-retour Paris-Amsterdam pour 15 euros". Pour te faire gagner du temps, je te le dis de suite, n'y songe même pas, sauf si tu souhaitais justement partir le lundi matin vers 5h41 et rentrer le mardi matin vers 2h12. Le reste du temps, ça fera 160 euros.

Ne te laissant pas déconcentrer, tu remplis les cases dans le petit encadré bleu, à gauche. Tu entres le nom de ta ville de départ. Si c'est Paris, ça va. Sinon, le site te propose des dizaines de noms de villes à peu près équivalents (par exemple, si tu pars de Tours, il va te proposer plein de villes qui ont aussi un "R" dans leur nom, c'est pas génial, le progrès ?).

Si tu tapes Paris, le site, pour te montrer qu'il t'a compris et qu'il est trop intelligent, va dérouler un petit menu où il te propose de cliquer sur "Paris". Si tu ne le fais pas (après tout, tu viens de le taper, tu as envie de garder ton propre texte), le site va planter. Ausis je te conseille de ranger ton orgueil au placard et de cliquer sur la proposition du site.

Au moment de préciser l'horaire du train souhaité, fais bien attention, lecteur naïf, à entrer précisément l'heure qui t'intéresse car le lien "voir les trains suivants" n'a jamais, de mémoire d'homme, fonctionné.

Jusque-là, tu crois que tout va bien et tu commets l'erreur fatale : tu cliques sur "Continuer".
Là, deux possibilités :
- soit, au lieu de proposer des horaires, le site te demande combien de voyageurs vous serez et si vous avez des cartes de réduction. Pourquoi cela n'est-il pas intégré dans le formulaire de la page précédente ? Mystère insondable s'il en est.
- soit, et c'est le cas le plus fréquent, tu te retrouveras sur la même page, avec cette délicieuse phrase cultissime écrite en rouge, en petit, en haut de la page : "Une erreur technique est survenue. Nous vous prions de bien vouloir nous en excuser".

Si tu n'as pas ce message d'erreur, n'aie crainte, cela signifie simplement que tu l'auras plus tard, au moment où tu auras sélectionné les horaires qui te conviennent.

Si tu as une ou deux heures devant toi, et si tu n'as pas encore balancé ton ordinateur par la fenêtre au bout de la trentième mention de l'erreur technique, tu peux donc réitérer l'opération dans l'espoir que cette [censuré] Erreur Technique [mettons-lui des majuscules, car elle le vaut bien] soit finalement réparée. Bien sûr, le train que tu voulais est maintenant complet puisqu'entre-temps 150 autres internautes ont réservé les dernières places, et tu dois te rabattre sur le train suivant, plus cher, évidemment.

L'Erreur Technique peut également survenir, comme ma chère maman s'en souvient encore, au moment d'imprimer ton billet. Car oui, lecteur, tu peux choisir d'imprimer ton billet à domicile. A tes risques et périls. Car si l'Erreur Technique fait sa majestueuse apparition au moment où tu veux l'imprimer (c'est-à-dire une heure avant de prendre ton train), personne, pas même saint Christophe lui-même, ne peut plus rien pour toi.
- à la gare, les gens du guichet (que tu parviens à approcher après trois heures de queue, puisque seuls 2 guichets sur 36 sont ouverts) te rient au nez en te disant qu'ils n'ont pas accès à cette fonction mais que tu devrais envoyer un mail au service maintenance,
- si tu envoies un mail au service maintenance, on te répond cordialement que ton problème sera traité dans les 48 heures minimum (oui, euh... mais mon train est dans une heure),
- si tu téléphones au service maintenance, on te répond tout aussi cordialement qu'on ne sait jamais combien de temps ça prend, de résoudre une erreur technique, et qu'en attendant, il est impossible de te fournir un autre billet (et comme c'était un billet non échangeable, non remboursable, tu l'as dans l'os, évidemment) mais que tu peux leur écrire un mail récapitulant ton problème (voir paragraphe précédent).

Il existe cependant une solution ultime,
réservée aux veinards qui habitent près de la gare du Nord : se rendre dans un service particulier, dans les bas-fonds de ladite gare, où des agents planqués derrière une vitre (vu le visage mécontent des usagers qui font la queue, ça se comprend) peuvent éventuellement t'aider.

Ce qu'il ressort de cet article pétronillesque du jour, c'est que je te recommande vivement, cher lecteur, la voiture, le tracteur, le skateboard, le stop, le tandem, le side-car, voire la randonnée, si tu dois te déplacer.
par Petronille publié dans : Testé pour vous
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Mercredi 21 mai 2008
Aujourd'hui, une fois n'est absolument pas coutume, Pétronille fait du sport.
[Enfin, pour être plus exacte, aujourd'hui, Pétronille s'apprête à faire du sport, ce qui signifie qu'elle va d'abord s'acheter le matériel adéquat, et tâter le terrain].

Mais pourquoi, se demande le lecteur ébahi, ce soudain désir de transpirer dans un justaucorps trop serré ?

D'abord, parce que, n'en déplaise aux mauvaises langues, Pétronille est une sportive.
Oui, m'sieurs dames.
Et elle l'a prouvé à maintes reprises, en s'explosant les genoux sur les pierres glissantes des montagnes norvégiennes, en se tapant un coup de soleil au cours de l'ascension du pog de Montségur, en respirant les pots d'échappement des bus sur les pistes cyclables parisiennes, et en faisant le cobra de manière fort élégante pendant ses cours de yoga sur des tapis de sol qui sentent les pieds.
Ca vous en bouche un coin, ça, hein ?

La seconde raison, s'il vous en faut absolument une autre, c'est cette fameuse épreuve de l'essayage de maillot de bain en milieu hostile (à savoir, la lumière blafarde des cabines d'essayage) qui a convaincu Pétronille qu'un peu de muscle en certains endroits ne serait peut-être pas du luxe.
De peur de perdre ces bonnes résolutions aussi sec et de finir vautrée sur le canapé avec un paquet d'oursons en guimauve, Pétronille s'est donc empressée de se jeter dans le premier magasin de sport venu, errant entre les tutus de danse et les gilets de pêcheurs jusqu'à ce qu'elle entre dans le saint des saints : le rayon fitness.
Rayon, c'est beaucoup dire, hein. La partie fitness, c'est en fait trois crochets où pendouillent quelques accessoires aux formes barabres entre les vélos d'appartement.

Ce qui est bien, avec les accessoires de fitness, c'est justement qu'on n'a aucune idée de la manière de s'en servir, qu'ils sont vendus sans aucune explication (mais avec une belle photo des abdos que vous pourriez avoir si la génétique avait été clémente avec vous, présentés sur une fille pourvue d'une queue de cheval et d'un beau bandeau jaune en mousse - peut-être que le port du bandeau jaune suffirait à faire illusion sur Pétronille ? Mmmf).
Alors, vous vous dirigez plutôt vers des choses plus familières, comme les petites haltères, toutes mignonnes avec leurs jolis coloris. Vous soupesez, vous vous tordez un peu le poignet, vous hésitez : 500g ou 1 kg pour commencer ? Le mieux est encore de demander à la vendeuse.
Laquelle, évidemment, quand vous l'entraînez vers le rayon fitness, évalue d'un coup d'oeil professionnel votre silhouette, son regard englobant le sac contenant votre maillot de bain (elle a compris, vous ne devez pas être la première cabine-d'essayageophobe à se pointer ici).
"Je ne sais pas quelle poids je dois prendre pour les haltères", dites-vous avec vos grands yeux de femme flasque et désespérée.
Elle agrippe vigoureusement les 2 kg : "pour commencer, celles-ci sont pas mal".
Ah ?
Exit, les 500g, donc. Petite joueuse, Pétronille.
"Et ces...euh...trucs, là ? [des élastiques roses pourvus de poignées, certains ronds, d'autres carrés, mais qu'est-ce que c'est ???]"
"Ca c'est idéal pour muscler tout le corps, le buste, les bras, les jambes [dit-elle en examinant au passage toutes ces parties du corps d'un air de penser qu'il y a du boulot]"
"Ah ? Et...euh...comment on s'en sert ?"
Il s'avère que ces...euh...trucs là, personne ne sait comment ce qu'il faut en faire. La vendeuse, perplexe, retourne le bout de plastique dans tous les sens. Aucune explication nulle part, si ce n'est un gros encadré rouge signalant que vous ne devez, sous aucun prétexte, faire du sport tout seul si vous avez plus de 35 ans. Donc, si j'achète ces élastiques, j'ai plus de chances de me coincer le dos, de faire une crise cardiaque, ou, plus simplement de finir par les transformer en corde à linge, que de parvenir à me muscler une quelconque partie du corps avec. Et tout ça pour la modique somme [tenez-vous bien Maryse] de 39,99 €, une affaire.

Je laisse tomber les élastiques, je fais un compromis sur les haltères [1,5 kg] et je prends un tapis de sol à 3 euros pour la bonne bouche, histoire de me remettre au yoga.
Après tout, faire la "flûte de Krishna" me semble tout à fait approprié au contexte Greensleevien de mon appartement, et si j'arrive à faire le vide dans mon esprit tout en me passant un mollet derrière l'oreille alors que la voisinette s'essouffle dans sa flûte à bec, j'aurai gagné en sérénité et sagesse.

Tout ces événements émouvants se sont déroulés il y a 4 jours déjà. Depuis, le tapis de sol trône dans son emballage au milieu de la chambre et les haltères sont du plus bel effet sur la table de chevet. Promis, je m'y mets, je m'y mets, je m'y mets.
par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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