Dimanche 29 juillet 2007

La phrase du jour, une fois n'est pas coutume, n'est ni un proverbe indien à fort potentiel poétique quoiqu'un peu brumeux, quand même, ni une citation d'un grand auteur éclairé bien que désabusé. Non, aujourd'hui, Pétronille se la joue plus décontractée, parce que c'est la fin juillet, qu'il fait chaud à Paris, que son voisin imite depuis bientôt 35 minutes le saxophone qui résonne depuis l'immeuble d'en face, et qu'un peu de légèreté ne ferait pas de mal dans ce monde plombé.

La phrase du jour sera donc aujourd'hui une phrase difficilement replaçable dans un dîner familial qui était, jusqu'à présent, le décor traditionnel des citations péronillesques, sous peine que vos géniteurs se glissent un regard totalement désappointé quant à la santé mentale de leur précieuse progéniture (vous, en l'occurence).

A moins que, à moins que, bien sûr, comme Pétronille, vos parents n'aient une prédilection pour un film absolument incontournable, qui réchauffe le coeur des malades coulant du nez sous la couette, fait le bonheur des frères et soeurs lovés sous une couverture et sirotant un thé au whisky les soirs d'hiver, et fait rire aux éclats les amoureux même avant que la bouteille de chianti soit terminée. Un film habité par de blondes héroïnes diaphanes abandonnées par des saxophonistes, par des mafiosi à guêtres trafiquant de l'alcool, par des contrebassistes portant bien la perruque et des milliardaires dansant le tango, un film qu'il vous faut absolument visionner, chers lecteurs, si ce n'est déjà fait, afin de renflouer votre stock de phrases cultes (parce que les passages de La cité de la peur, on les connaît tous, hein, maintenant, alors varions les plaisirs). Un film qui n'est autre que le génial Certains l'aiment chaud de Billy Wilder avec l'inénarrable Jack Lemmon.

Et afin de vous donner envie de vous ruer dessus, chers lecteurs, Pétronille vous fait donc l'aumône de la phrase du jour, qui n'est autre que "Nous étions avec vous à Rigoletto". Ben oui, il faut l'avoir vu pour sourire, donc vous savez ce qu'il vous reste à faire, de toute façon il pleut.

par Petronille publié dans : La phrase du jour
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Jeudi 19 juillet 2007

S'il y a une tradition pétronillesque à laquelle il est difficile de déroger, particulièrement quand on s'appelle soi-même Pétronille, c'est bien celle du film du dimanche soir. Souvenez-vous, lecteurs trentenaires, du jingle émouvant annonçant le film du dimanche soir, lorsque vous étiez petits et que vous deviez aller vous coucher, et plus vite que ça, tu t'es brossé les dents, qui signifiait que le week-end était fini. Aujourd'hui, le film du dimanche soir dans toute sa splendeur, à savoir peuplé de Steven Seagal aussi loquaces qu'une huître, de Schwarzenegger tout en mâchoires serrées, et de Mel Gibson encore appétissants, n'existe plus (ou mal).

Heureusement, pour pallier ce manque télévisuel, il existe l'alternative cinématographique pétronillesque communément appelée "la bonne bouse du dimanche soir". Hé oui, lecteurs, il y a des films qui ne peuvent être vus au cinéma que le dimanche soir, lorsqu'après une journée riche en balades en tous genres, expos photo, musée et lecture avide sous un arbre, il vous reste tout juste assez de forces pour vous écrouler avec un petit sachet de bonbons tout en gélatine à fort potentiel de vache folle et en saccharose de synthèse (comptez environ 5 € pour trois bonbons), sur un siège moelleux devant un écran qui va vous diffuser un film devant lequel vous n'aurez ab-so-lu-ment pas besoin de réfléchir, d'autant que le lendemain le boulot reprend. Aaaaah, c'est bon.

Dimanche soir fut donc le soir "Die Hard 4", il est de retour, il en redemande. Après une belle expo, un peu de vélo et une pinte désaltérante, il ne manquait que Bruce Willis pour que la journée se termine en beauté. Toute la plus pure tradition du blockbuster américain déployée rien que pour vos yeux. Des méchants européens, allez hop, finis les films de guerre froide avec les méchants soviétiques à front bas et les films plein de terroristes barbus, on essaie de se montrer moins manichéen. Mais surtout, des méchants increvables, il faut bien le dire. La belle plante qui se prend moult directs du droit bien sentis en plein dans le nez, et qui, pour faire bonne mesure, se fait jeter dans moult étagères et vitres (c'est fou le nombre de vitres à briser qu'on peut trouver dans un bureau du FBI de nos jours) avant de se faire écrabouiller par une voiture contre un mur, se relève toujours, là où une Pétronille normale aurait succombé et rendu l'âme dans un affreux crachotement de sang au bout du 2e coup de poing, en étant optimiste. Même chose pour les autres méchants, défoncés par des voitures, tombant d'hélicoptères en flammes, dont le corps a probablement été génétiquement programmé pour résister aux pires douleurs, ah ils sont forts ces méchants.

Pourtant, pourtant, ils périssent progressivement sous les coups d'un seul homme, peu avare en phrases cultes et finaudes de type "je ne suis pas un héros, petit" ; "je ne fais que mon boulot, gamin", "je me bats seul contre tous car sinon personne ne le ferait, mec". Le second degré des premiers opus a été oublié au passage ; on n'est plus dans l'Amérique conquérante des années 90 mais dans celle qui doute et qui a peur. Et c'est là qu'on se pose la question tragique qui avait déjà alerté Austin Powers, grâces lui en soient rendues : mais les scénaristes pensent-ils à la famille des hommes de main ? Quelqu'un imagine-t-il que tous ces hommes musclés sanglés dans des combinaisons noires, faisant exploser des tunnels et piratant le système informatique du FBI, aiment à jouer au base-ball avec leurs petits rouquins le dimanche après-midi tandis que leur fidèle épouse fait refroidir l'apple pie sur le rebord de la fenêtre ? Hein, vous y pensez un peu, hum ?

Des méchants, enfin, qui n'apprennent décidément rien de la destinée des milliers de méchants qui les ont précédé. Futurs méchants, on ne vous le dira jamais assez : pourquoi buter systématiquement tous les gens inutiles tandis que vous menacez pendant des heures le héros de votre flingue ? Cessez de parler et de lui expliquer le pourquoi du comment, cessez d'attacher des otages qui ne vous servent à rien.

Voilà, ceci était la fin des conseils pétronillesques pour un public de futurs méchants à gros yeux et mâchoires carrées. Et la fin de cet article hautement intellectuel pour un public de lecteurs qui a/ sont coincés au boulot alors que leurs copains se dorent la pilule sur une plage de sable fin, et ont donc besoin de lire n'importe quoi qui les éloigne un peu du boulot ou b/ sont en vacances, l'esprit tellement léger qu'ils peuvent lire n'importe quoi ; dans les deux cas, félicitations, pour n'importe quoi vous êtes au bon endroit !

par Petronille publié dans : L'avis de Pétronille (qui vaut ce qu'il vaut)
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Lundi 16 juillet 2007

Aujourd'hui Pétronille se la joue bonne copine et carrément partageuse en se mettant au service de ceux de ses lecteurs qui voudraient épater une amoureuse (ben oui, un homme qui cuisine, c'est sexy, on ne le dit pas assez), ou inversement, en leur offrant, avec l'autorisation bienveillante de sa copine Paloma, la recette du gaspacho andalou dont Pétronille s'envoie des litres par jour, que voulez-vous, c'est tellement bon (et bon à la santé, rajouterait insidieusement ma mère). C'est un plat qui peut se déguster en apéritif en se regardant amoureusement dans le blanc des yeux (si on est au début d'une relation) ou qu'on peut manger en plat principal devant une série télé de type "Six Feet Under" pour ne pas en citer (en cas de relation plus ancienne ou de célibat prolongé ou de soirée filles : que voilà un plat qui sert à toutes situations !).

Alors lecteur, n'attendons pas plus longtemps, je te laisse prendre un papier et un stylo, d'autant qu'il faut préparer ce délicieux gaspacho au moins 5 heures à l'avance, ça te laisse juste le temps de faire tes petites courses et d'appeler ta belle pour un dîner à la bonne franquette.

Recette pour 6 personnes (ou pour une seule, dans le cas pétronillesque de gaspachophagie aigüe) :

*Peler et épépiner un concombre. En débiter les 3/4 en morceaux et garder le reste pour servir.

*Peler et épépiner un kilo de tomates et en débiter les 3/4 également.

* Retirer les graines d'un demi poivron rouge et le tailler en morceaux.

* Emietter 4 tranches de pain de mie dans un saladier et arroser de 20 cl de bouillon froid et de 5cl de vinaigre de Xérès.

* Peler 2 oignons blancs et 2 gousses d'ail et les ajouter aux morceaux de légumes dans un autre saladier : mixer et laisser macérer 2 heures au frais.

* Mixer ensuite ces légumes avec le jus de macération. Incorporer le pain trempé tout en mixant.

* Ajouter du sel et du tabasco.

* Réserver au frais au moins 3 heures. Servir avec des branches de céléri et des dés de tomates et de concombres.

Voilà, ne me remercie pas, lecteur, envoie-moi juste un faire-part quand tu épouseras ta douce éblouie par tes talents culinaires exotiques ou un simple commentaire pour me dire comment tu t'en es sorti et si tu as eu du succès, ça me fera plaisir.

par Petronille publié dans : Testé pour vous
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Vendredi 13 juillet 2007

Aujourd'hui, chers lecteurs, Pétronille a ce que l'on appelle communément entre gens cooptés, la gueule de bois. Et c'est pas joli joli. Ca a commencé insidieusement par le réveil qui a semblé particulièrement strident. Il faut vous dire, lecteurs, que c'est la radio qui tire Pétronille de ses jolis rêves le matin. Or, l'antique poste poussiéreux qui fait son office sans mollir depuis longtemps déjà est en rébellion en ce moment et refuse de se caler sur France Info (n'est-ce pas un bonheur d'entamer sa journée avec les nouvelles des dernières catastrophes aériennes, des nouveaux incendies de forêt, des mésaventures du gouvernement, hum...?). Au lieu de ça, il se met sur des fréquences étranges - et peut-être extra-terrestres, à en juger par la voix de la dame - qui passent des airs de folklore moldave, suivis d'un peu de yodle suisse, avec un soupçon de chanteur engagé français inconnu qui se lamente sur la perte d'un amour d'enfance à la plage de La Baule. Alors, ce matin, quand un chant allemand a retenti dans l'appartement sur fond de fanfare, Pétronille a compris que la journée allait être longue, trèèès longue.

Le lever fut lent, le geste imprécis. La tête de Pétronille dans le miroir aurait fait peur à n'importe qui, oui, même au voisin d'en face qui a pourtant une épouse des plus...euh...spéciales, mais heureusement Pétronille voyait tellement flou qu'elle n'a pas pu regarder son reflet dans les yeux et se changer en statue de sel. Les murs de la salle de bain se sont mis à tanguer légèrement d'abord, puis un peu plus fort une fois que Pétronille s'est collée sous la douche. Pas d'autobronzant ce matin, trop risqué, c'était un coup à se faire un bidon orange vif et d'oublier le reste. Le rire sardonique du voisin d'en face qui a chanté Johnny à tue-tête tout en imitant les bruits de klaxons de la rue (comme par hasard il y a eu des bruits de klaxon toute la matinée : un complot sûrement) et les aboiements des chiens (il faut reconnaître qu'il fait très bien le berger allemand, alors que pour le teckel à poils durs il y a encore du boulot) a résonné sans fin dans la tête de Pétronille, cela doit être une vengeance divine pour un acte malheureux commis dans une vie antérieure, je ne vois pas d'autre explication.

Et tout ça à cause des amis, jeunes innocents qui fêtaient leurs 30 ans hier soir. En trentenaire aguerrie (ben oui, deux mois quand même), Pétronille se devait d'aller les féliciter et leur prodiguer moult conseils avisés et remarques éclairantes de type "moi je ne m'y fais pas encore, les gars", rassurant et bien venu dans une soirée festive. L'alcool aidant, cependant, Pétronille s'est détendue, d'autant que les amis en question avaient ramené de leurs vacances lointaines un apéritif local dont la teneur en alcool dépasse probablement celle de la vieille prune de Tante Suzon (on est d'accord, je parle de l'alcool de prune, je ne me permettrais pas de dire ainsi du mal de ma Tante...), c'est vous dire. Ajoutez à cela du vin rouge délicatement fruité au repas, champagne à volonté au dessert (hop, un petit coup derrière l'oreille pour faire un voeu l'air de rien), et whisky en digestif, vous comprenez aisément qu'à l'heure où elle vous parle, Pétronille a bu trois litres d'eau et écrit n'importe quoi.

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Jeudi 12 juillet 2007

Pétronille is back, hé oui, lecteurs, elle n'est pas passée sous un rail mal fixé, elle est bel et bien rentrée de sa virée alsacienne, le coeur au chaud, les yeux pétillants, l'estomac bien rempli, et un taux d'alcoolémie qui redescend tranquillement.

Le trajet en train, pour 79 € l'aller, fut chaotique, et c'est là qu'on est content que ça ne dure plus que 2h30 au lieu de 4, finalement, tiens, parce que la famille assise à côté de Pétronille était composée de :

- un père de famille acâriatre qui, entre deux claques sur les fesses de ses filles et une engueulade bien corsée à grands renforts de mots imagés par ci par là, a passé les 2h30 à choisir la meilleure sonnerie pour son portable, ce qui signifie, hé oui, qu'il a fait sonner toutes sortes de musiques à deux balles dans le wagon, alors, qu'on se le dise, si Pétronille croise Beyoncé un de ces quatre au détour d'une ruelle sombre, du sang va couler.

- une petite fille hurleuse et hurlante, aux petits poumons étonnamment pleins de vitalité, capable de pousser toutes sortes de cris sur différentes tonalités, une future recrue de la Nouvelle Star ou bien une future doubleuse de films d'horreurs dans lesquels l'héroïne, au lieu de courir pour sauver sa peau dans la forêt sombre où elle avait décidé d'aller de balader toute seule, court vêtue et en talons aiguilles, vers 2h du matin (ça marche aussi dans la cave humide et glauque, regorgeant d'objets tranchants, où, vous le remarquerez, lecteurs bien aimés, se trouvent toujours les machines à laver dans les immeubles américains), alors qu'elle est attaquée par une créature mutante, reste figée sur place en poussant des hurlements stridents à faire péter les tympans des spectateurs. (mais je m'égare...moi qui dis aux étudiants d'éviter le hors-sujet).

- une autre petite fille gigoteuse qui parcourait le wagon en venant tirer les cheveux des passagers ou défaisant leurs lacets.

Ajoutez à cela le voisin de derrière Pétronille, racontant sa vie au téléphone à un copain (ce que Pétronille en conclut, puisque toutes ses phrases se finissaient par "gros" : "salut, gros, ça va, gros, devine où je suis gros, ouaiiiis dans le TGV gros, super classe, gros etc etc..."), une vie peuplée de jeunes filles innocentes séduites et abandonnées (l'euphémisme pour dire "sautées et larguées", vous l'aurez compris, mais Pétronille a été bien élevée par une maman consciencieuse), de parties endiablées de jeux vidéos, de profs trop cons, de potes trop classos, et tout ça pendant tout le trajet, là encore, 2h30, si si. Dans sa joie irrépressible, il ponctuait chacun de ses "gros" (à partir de 3748, j'ai arrêté de compter, après tout je suis une littéraire) d'un bon coup de pied dans le siège devant lui (le mien, donc).

Vous imaginez donc aisément que Pétronille ait eu besoin d'un remontant en arrivant, c'est bien compréhensible, hein, on ne va pas lui jeter la pierre, et puis il faut encourager les chiliens à persévérer dans le vignoble, c'est une bonne action.

par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
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