Mercredi 29 août 2007

Aujourd'hui, Pétronille réalise que même à 30 ans, on peut encore découvrir des choses. Certaines sont agréables, comme réussir à bronzer des mollets ou et puis d'autres se révèlent des expériences éprouvantes. Prenons totalement au hasard parmi un choix donné d'expériences éprouvantes : aller aux Assédic pour la première fois.

L'Education Nationale étant ce qu'elle est, mes pauvres amis, Pétronille se retrouve aujourd'hui chômeuse, oui oui, vous avez bien lu. Après avoir enchanté la triste existence d'étudiants persuadés que l'art gothique consiste à porter du rouge à lèvres noir, Pétronille a vu revenir au bercail l'enseignant qu'elle remplaçait depuis maintenant 3 ans. Il a donc bien fallu lui rendre ses chères têtes blondes.

Alors aujourd'hui, Pétronille a posé son mignon peton dans les locaux de l'Assédic de son quartier. Locaux, d'ailleurs, tellement bien dissimulés qu'elle a mis un petit moment à les trouver. Délicatement, elle ouvre la porte menant à l'accueil et, humant l'air moisissant, fait son plus beau sourire à la dame , qui s'empresse de lui dire que cette porte est condamnée, et qu'il faut à présent, pour rejoindre les locaux, contourner le bâtiment, descendre un escalier dérobé, s'engouffrer sous un petit porche et ouvrir la première porte qui se présentera. Ah ? Bon. Pétronille s'en va donc, secrètement admirative des ruses gouvernementales en matière de baisse du taux de chômage : en effet, lecteurs, plutôt que de simplement condamner la première porte, ils ont embauché une dame qui reste assise toute la journée derrière son comptoir défraîchi et répète inlassablement que non, ici, il n'y a rien d'autre qu'elle, merci de prendre l'autre porte.

Bref.

Arrivée dans les vrais locaux, Pétronille reçoit un billet numéroté, comme au supermarché, au moins c'est familier. Pourtant elle est la seule personne vivante dans le hall, mais on ne plaisante pas avec le règlement sinon tout fout le camp et les chômeurs n'apprendront jamais la discipline bordel. Bref (bis). Soudain, son numéro s'affiche en rouge sur le panneau lumineux, c'est son tour. Oui, mais elle va où ? Des dizaines de portes sont alignées les unes à côté des autres dans un couloir fleurant bon le linoléum verdâtre de nos écoles maternelles. Derrière la porte n°1, le monsieur rougeaud qui relève la tête de ses Sudoku n'est pas très content de la voir et la renvoie vite fait dans le couloir. C'est alors qu'une jeune fille flegmatique émerge de la porte n°8 et appelle Pétronille, vous croyez qu'on n'a que ça à foutre, d'attendre que les chômeurs trouvent la bonne porte ? Bon. Bref.

Pétronille explique sa situation : oui, elle a de jolis petons, oui elle a un joli petit minois, mais surtout elle a fini son contrat à l'Université, et se retrouve grosjean comme devant, comme on dit vulgairement dans les campagnes reculées et aux repas de sa Tante Barbe, après 4 ans de bons et loyaux services à essayer de tirer vers le haut une jeunesse dépravée mais néanmoins fort attachante.

"Hum", répond la jeune fille, furieusement absorbée par le vernis de son index qui s'écaille un peu, quand même. Elle sourit chaleureusement à Pétronille et lui explique que, ayant travaillé en fac, ce ne sont pas les Assédic qui vont l'indemniser, mais le service de l'Université, qu'il faut contacter d'urgence sous peine de voir sa demande repoussée de plusieurs mois. Ensuite, il faudra que Pétronille pointe aux Assédic, qui écriront à l'Université pour lui donner le feu vert du paiement. Que du simple, en fin de compte. Oui, mais à l'Université, c'est bien connu, on est encore en vacances le 30 août, mademoiselle, sauf votre respect. Hé ben tant pis, vous n'aurez qu'à vivre 3 mois à Paris sans argent, prenez la porte n°1, merci au revoir.

Ah?

Revoilà Pétronille dans le bureau du monsieur aux Sudoku, quelque peu perturbée par les spectres grandissants et grimaçants du loyer, des impôts, de l'électricité, de la mutuelle, de la nourriture, et autres trucs générateurs de dépenses. Gloups. Le monsieur aux Sudoku lui annonce avec une joie non dissimulée que ça tombe drôlement bien, quand même, car le domaine de la charcuterie recrute beaucoup, on manque de bouchers et de plombiers, c'est dire. Après un échange émouvant de regards médusés, il comprend qu'il a lu un 8 au lieu d'un 3 dans le code métier de Pétronille : la voilà qui repasse en une seconde, grâce au tout-puissant géant informatique, du statut de bouchère-charcutière-tripière à celui d'enseignante. Ouf.

Rendez-vous est pris pour la semaine prochaine, à l'ANPE cette fois, où, lui explique-t-il joyeusement, on pourra vous soutenir dans votre vocation de professeur des écoles, mademoiselle, même si on ne peut rien faire pour vous, puisque c'est l'Education Nationale qui recrute. Difficile de lui expliquer posément qu'en fait Pétronille enseigne l'histoire de l'art, et que de toute façon, elle n'a pas le concours de professeur des écoles, donc on voit mal comment elle pourrait soudain se retrouver environnée de charmants bambins de type Kelly et autres Steven, comme ça, sans prévenir.

Au bout de cette éprouvante mais ô combien enrichissante demi-heure, Pétronille est donc rentrée chez elle le sac lesté d'une riche et pesante documentation sur les joies du chômage, aussi claire et compréhensible qu'un mode d'emploi de lave-linge, et heureuse propriétaire d'une carte de chômeuse qui "vous permet d'entrer gratuitement dans les musées, c'est quand même une bonne nouvelle, non, ma petite demoiselle ?". Ben oui, parce que comme je vais être sans le sou pendant 3 mois, je pourrai toujours aller me réchauffer devant l'église d'Auvers-sur-Oise.

par Petronille publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Mardi 28 août 2007

A la demande générale de ses lecteurs enthousiastes (à savoir, LinaLoca dans un récent commentaire, mais elle compte pour plusieurs, n'est-il pas ?) Pétronille vous distille une dernière petite chronique suédoise, pour la route, car ne dit-on pas, sous ces latitudes clémentes, "vous en reprendrez bien une petite pour la route ?". CQFD.

Mais c'est bien la dernière fois, parce que toutes les bonnes choses ont une fin, et chacun sait que l'habitude est une mauvaise habitude, et en plus les suédois vont finir par m'en vouloir, ce que nous ne voudrions pas, n'est-ce pas ?

Aujourd'hui, Pétronille vous donnera donc quelques conseils judicieux au cas où, alléché(e) par ses articles à portée hautement philosophique, vous voudriez partir pour la Suède, ou au cas où votre portefeuille ne vous permettrait tout simplement pas d'aller méditer et empiler des cailloux pour faire des voeux au-dessus d'un sublissime fjord norvégien (j'avoue ma totale impartialité dans cette histoire, je suis amoureuse de la Norvège).

Sache donc, lecteur, que le Suédois se lève tôt, très tôt. A l'heure où le soleil émerge grassement de derrière quelques petites nuages bondissants (et pourquoi pas ?), le Suédois (que je gratifie généreusement d'une majuscule, pour l'amadouer un peu) a déjà sauté dans son short, à moins qu'il ne dorme dedans, et effectue à petites foulées son parcours de jogging quotidien (vers 6h30, donc). Tandis que le français ronfle gaiement sous sa tente trempée de condensation (toujours agréable) en grattant nonchalemment ses bras piqués, le Suédois a déjà fait son heure de sport matinale. Avantage : lorsque le campeur français se pointe à la douche vers 10h30, elle est libre. Tant mieux, parce qu'il n'y a pas de rideaux...

Alors que le campeur français vient de prendre son petit-déjeuner sur les coups de 11h, parmi les moustiques frétillants et les herbes folles, le Suédois s'apprête à prendre son repas de midi. Et ainsi de suite, lecteur, tu l'auras compris : tandis que vers 19h30 le campeur français, les sens en éveil, sent poindre l'heure du sacro-saint apéro (qui peut même commencer à 17h30, si les conditions idéales sont réunies - de toute façon les musées ferment à 16h alors), et s'apprête à se dénicher une petite crique où poser sa bière (car c'est tout un bordel pour dénicher un autre alcool là-bas) et accessoirement son séant, le Suédois a fini son dîner depuis une bonne heure déjà. Ce qui explique que lorsque le français, une fois qu'il a pris son apéro, et mangé ensuite quelques saucisses suédoises mâtinées de lait et d'oeufs (oui oui) soigneusement grillées, cherche un petit bar accueillant pour prendre un dernier verre, il trouve porte close, car les bars, même au coeur de Stockholm, ferment entre 23 et 00h (pour les plus foufous). A 22h, de toute façon, le Suédois a déjà vomi sa bière, et est rentré se mettre au chaud sous sa couette Ikea ; il ne reste plus que d'irréductibles touristes. Bon.

Ajoute à cela, lecteur, que la bière suédoise est à 2,8% d'alcool (3,5 si tu as un coup de bol extraordinaire), et que si tu en veux une un peu plus forte il te faudra débourser une jolie petite fortune. Un étude très sérieuse (car Pétronille a de sérieuses lectures, mais oui) affirme qu'alors que le Français boit dans la convivialité (ne dit-on pas, à la suite de Tante Suzon, "allons fêter ça autour d'un verre" ?), le Suédois boit dans l'optique avouée de se bourrer la gueule. Ce pour quoi les autorités suédoises, finaudes et doucement hypocrites, ont interdit la vente d'alcool en supermarché, reléguant liqueurs et autres petites merveilles dans des magasins spécialisés appelés gracieusement "System Bolaget". La file d'attente devant ces boutiques le vendredi soir, veille de week-ends arrosés, est impressionnante. D'ailleurs, le Suédois a trouvé la parade : le week-end, il s'offre un aller-retour en bateau vers la Finlande. Il ne met pas pied à terre une seule fois, se contentant de se cuiter mémorablement pendant toute la traversée.

Voilà pour ton information, lecteur bien-aimé, que j'imagine déjà émerveillé de tant de délicats renseignements. J'ajoute en vrac, et ce, rien que pour ton plaisir, une petite cerise sur le gâteau, en somme, que le Suédois a un penchant très marqué et néanmoins étrange pour la gent canine que nous appellerions poliment "le caniche noir toiletté", il faut le savoir ; que même les corbeaux y sont blonds ; que la nourriture suédoise se compose de crème épaisse à laquelle on ajoute divers ingrédients selon l'humeur du jour (poisson en boulettes, viande en boulettes...) et que le touriste étranger se reconnaît à sa propension à traverser au feu rouge dans une rue déserte tandis que son homologue swedish attendra patiemment que le feu passe au vert.

Sur ce, lecteur de mon coeur, tu m'excuseras mais j'ai du travail.

 

par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
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Mardi 28 août 2007

Le lecteur avisé et fidèle n'est pas sans savoir que Pétronille se pique parfois de répondre à des défis et autres questionnaires de Miss Alfie. Récemment, cette dernière a répondu à une chaîne, qui consiste à :

1) laisser un commentaire explicite sur un blog, laissant entendre finement mais sûrement qu'on a bien envie de jouer,

2) attendre patiemment que le bloggueur vous réponde et vous pose 5 questions formulées exprès pour vous, ce qui vous fait vous sentir un peu exceptionnelle, hein, quand même, et c'est là tout l'intérêt de la chose,

3) répondre ensuite sur votre propre blog, de manière spirituelle et sincère, aux questions qui vous ont été posées,

4) attendre que vos propres lecteurs vous laissent des commentaires explicites à leur tour, pour leur poser toutes les questions tordues et néanmoins follement intéressantes que vous avez toujours rêvé de leur poser.

C'est pas très clair ? Faites un tour chez Miss Alfie, elle explique drôlement mieux que moi qui n'avais pas le courage de me lancer des des explications longues et fastidieuses.

Bref, toujours est-il qu'à présent votre chère Pétronille se voit dans l'obligation de répondre aux questions de Miss Alfie, et c'est ce qu'elle va faire pas plus tard que tout de suite, sous vos yeux éblouis.

1- Moustiques en Suède ou voisins à Paris ?! Alors là, facile comme tout. Moustiques en Suède évidemment. Le voisin pétronillesco-parisien est en effet d'un genre tout à fait original bien que fort peu attachant. Monsieur L., par exemple, est affublé d'un bien triste mal qui l'oblige à uriner sous les boîtes aux lettres à l'heure où vous rentrez des courses tandis que Monsieur A., grand admirateur de Johnny devant l'Eternel, aime à passer le temps en imitant de manière bruyante (bien que plutôt réaliste) tous les bruits environnants, de la sonnerie de (votre) téléphone à la sirène des pompiers, en passant par les rires des enfants et les aboiements de chien (à noter qu'il imite très bien le setter irlandais, moins bien le bouledogue anglais, chacun a ses limites, je suppose). N'oublions pas les cracheurs de l'étage du dessus, probablement tuberculeux mais dans un genre moins romantique que les soeurs Brontë, et les alcooliques chroniques qui se crient des insultes mâtinées de déclarations d'amour à des heures indues dans la cage d'escalier (devant ma porte, donc). Vous comprendrez, avec toute la finesse d'esprit qui vous caractérise, lecteurs, que Pétronille préfère amplement vivre avec un bras démesurément gros dans une petite crique couverte de bruyère que dans son terrible appart parisien.

2- Blonde à l'intérieur et brune à l'extérieur, ou inversement proportionnel ou égal ? Rouge à l'extérieur, et inversement proportionelle à l'âge du capitaine en brunitude, mais je dis cela d'après de vagues souvenirs car seuls quelques vieux sages méditant sur leur rocher se souviennent encore des véritables cheveux pétronillesques.

3- Tu vas vraiment à la Sorbonne ?! Hé bien, tout ce que j'ai écrit sur ce blog est vrai. Je suis provinciale, j'ai fait mes études dans ma jolie petite ville, et je ne connais de la Sorbonne que la bibliothèque, les escaliers, les gardes à l'entrée et les étudiants à longue mèche. Lorsque j'étais une jeune fille rêveuse, la Sorbonne me semblait être un lieu magique de connaissance, de savoir et de gens intéressants. Aujourd'hui, je la trouve plutôt prétentieuse et ça ne me fait vraiment plus fantasmer.

4- Un p'tit tour en Bretagne ? Oui, mille fois oui. Pétronille est une amoureuse de la Bretagne, de sa lumière du soir, de ses arbres tordus par les vents, de ses galettes de blé noir, de ses enclos paroissiaux et ses calvaires, de ses petites chapelles perdues, de sa petite bruine vivifiante (il ne pleut pas en Bretagne, chacun sait ça), de son cidre brut, de ses petits bateaux...bref, j'arrête là, vous aurez saisi.

5- Pourquoi Pétronille ?! Parce que "Pétronille, tu sens l'amante" (à ma décharge, il est encore tôt et la théine n'a pas encore eu le temps de bien me réveiller...)

par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
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Lundi 27 août 2007

Aujourd'hui, toujours dans l'optique de raconter à ses lecteurs de quoi briller en société et dans les repas familiaux à base de rôti un peu sec parce que trop cuit, Pétronille donne à ses chers lecteurs de nouvelles informations éminemment palpitantes sur la Suède, parce que c'est quand même plus marrant que de parler de la rentrée, de la grisaille parisienne, des crottes de chien sur les trottoirs, et de mes retrouvailles émues avec mes tarés de voisins.

Fine connaisseuse des pays du Nord, Danemark, Norvège et Finlande, votre dévouée Pétronille n'avait pas encore mis les pieds (qu'elle a fort jolis, on ne cesse de vous le répéter) en Suède. Et cette année, elle a découvert un nouveau spécimen fort intéressant quoique plutôt déconcertant : la Campeuse Suédoise (que nous appellerons CS pour plus de rapidité, parce que le temps, c'est de l'argent, et l'argent, c'est toujours bon à prendre, par les temps orageux qui courent).

La Campeuse Traditionnelle (CT, donc), qui s'en va planter sa tente dans les lieux les plus reculés, est aisément reconnaissable, même pour l'oeil le moins averti, à son sac à dos où sont solidement fixés le tapis de sol et le sac de couchage, tandis que pend lamentablement une casserole bénie qui permettra de faire réchauffer des soupesen poudre à fort ppotentiel de grumeaux. 2 pantalons à poches, quelques tee-shirts, un bon antimoustique (finlandais, le meilleur) et une polaire constituent le reste de son équipement.

La CS, elle, est d'une toute autre espèce. Examinons un instant de plus près un spécimen représentatif. La CS est blonde, cela va de soi. Elle arrive au camping (je parle ici d'un coin de forêt sur un îlot perdu au milieu de nulle part, avec une unique douche dans un cabanon de bois infesté d'insectes en tous genres) juchée sur ses chaussures à talons, chignon impeccable, traînant dans l'herbe et les ronces sa mignonne valise à roulettes.

A 18h30, heure à laquelle la CT, si elle est déjà rentrée de balade, décapsule une bière apéritive du soir sur un coin de plage en attendant le coucher de soleil, la CS file dans le cabanon de douche avec son vanity case de cuir rose et accessoirement avec une ou deux copines.

A 19h30, la CT est prise d'une bien compréhensible envie de faire pipi, mais le cabanon est toujours squatté.

A 20h, n'y tenant plus, elle fait une incursion dans la salle de douche et y découvre une CS se faisant un savant brushing face au mini miroir décoré de moustiques éclatés, tandis que d'autres se vernissent les ongles des pieds et se recourbent les cils.

A 20h30, les CS émergent, l'une en robe fleurie, l'autre encore enroulée dans sa serviette, et s'assoient délicatement sur un rocher devant leur tente pour un rasage en règle des mollets.

A 21h30, tous poils éliminés, elles filent toutes se montrer dans l'unique bâtiment de l'îlot, à savoir la cabane en bois qui fait office de café, location de vélo, tourist info et pharmacie. Pendant que la CT se fait griller des saucisses en regardant la mer, la CS passe négligemment un doigt manucuré dans ses cheveux laqués, assise sur un banc de bois, parmi des gamins aux genoux écorchés dégustant des "soft ice", ces glaces à la crème (on est en Suède, je le rappelle) sans goût.

Alors, je vous le demande bien humblement, lecteurs, où est passé le mythe de la grande suédoise saine et sportive en queue de cheval, qui ne pense que jogging et ne respire que vie simple dans la nature ? On nous ment, chers lecteurs, il me fallait vous le dire.

par Pétronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Jeudi 23 août 2007

Dieu, dans sa grande bonté, a donné à la Suède (et à tous les pays nordiques, d'ailleurs) de superbes couchers de soleil cramoisis se reflétant dans des eaux transparentes et pures, des forêts luxuriantes parcourues de bruyère, des criques rocheuses bordées de pins, des lacs immenses et paisibles regorgeant de poissons délicieux, des habitants blonds et dorés comme des krissprolls (amis poètes...). Et dans son infinie sagesse, réalisant qu'il avait peut-être un peu trop donné, Dieu a créé...les moustiques. Attention, quand je dis les moustiques, je ne parle pas de ces microscopiques moucherons noirs qui évoluent gracieusement dans nos contrées et picotent un peu par ci par là pour se nourrir. Non, je parle du moustique scandinave (et finlandais), cet être au long corps rayé à l'affût de sang frais. Je parle du cauchemar absolu du campeur.

Les moustiques scandinaves, tiens-toi le pour dit, lecteur, se déplacent en nuages bzz-bzzitants (tu m'auras comprise), essentiellement dans les endroits jolis où le campeur émerveillé aime à s'attarder, petite plage de sable fin sur la Baltique où se prendre un merveilleux apéro à base de bière à 2,8 % d'alcool (bienvenue en Suède...hum...), par exemple. Ils s'infiltrent sournoisement sous les vêtements et dans les chaussures, poitent leur dard à travers casquettes et toile de tente, te dévorent sous la douche...

Malgré tout cela, lecteur bien aimé, il existe une lumière. Une solution miracle que ta chère Pétronille accepte bien volontiers de partager avec toi.

Le campeur avisé prendra en effet soin de se munir au préalable d'une Pétronille en bon état de marche, fraîche et pimpante si possible. La Pétronille est en effet reconnue internationalement comme un piège à moustique imparable, testé et approuvé par des campeurs éblouis. Grâce à elle, lecteur de mon coeur, tu pourras batifoler torse nu dans l'eau ou pique-niquer en short dans la forêt sans même y penser. Tandis que ta peau restera lisse et immaculée, Pétronille, à tes côtés, se fera gentiment dévorer, en des endroits aussi improbables que la cheville (pourtant enveloppée dans une chaussette et une chaussure de randonnée), le dessus du crâne, l'arrière de l'oreille, le dessous de la fesse. Satisfaction garantie.

Seul effet secondaire : il te faudra ensuite être capable de supporter la vue de la Pétronille en question, dont les boutons ont tendance à enfler démesurément. A l'heure où elle écrit ces lignes, elle vient à peine de récupérer des sensations dans son bras gauche, dont le biceps (si, si, Pétronille en a un, elle a bien regardé) évoque de manière flatteuse Stallone au temps de sa splendeur*, tandis que l'avant-bras fait à peu près la taille de la cuisse d'un enfant de 4 ans.

Quant aux chevilles, elles ont mystérieusement disparu sous l'enflure, condamnant Pétronille à porter des tongs, ce qui : 1) lui a collé des ampoules entre les orteils ; 2) l'oblige à porter ses grosses chaussures de rando autour du cou puisque le sac à dos est plein de merveilleuses soupes suédoises en poudre ; 3) offre toute la surface de ses pieds délicieux à la morsure des moustiques ; 4) est plutôt casse-gueule dans la forêt.

Tout cela fait irrésistiblement penser à Coluche dans Banzaï , surtout après que Pétronille ait découvert que ces garces (toujours les femelles qui piquent... mais sûrement parce que les mâles les ont poussées à bout...) l'ont eue au seul endroit laissé à découvert par le sac de couchage : entre les deux yeux. Gloups.

Si tu t'en vas camper en Suède, ou en Norvège, ou en Finlande, ou au Danemark, lecteur, n'hésite pas à contacter Pétronille, elle sait se tenir, mange peu et sauvera certainement tes vacances.

*pour les maniaques du détail qui penseraient (honte à eux) que Pétronille affabule, voici les excitantes mensurations de ce bouton : 12 cm sur 12 cm, et 3 cm de bosse.

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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