Mercredi 24 octobre 2007

Des mois que vous avez envoyé votre D.C.S., lecteur, des mois que vous rêvez ours noirs, maringouins, érablières et poutine, et toujours pas de nouvelles. Vous en venez presque à envisager d'écouter Céline Dion en boucle pour calmer vos envies québécoises (mais un dernier sursaut de lucidité vous en empêche, Dieu soit loué) lorsqu'un beau soir d'été, alors que vous regardez rêveusement un coucher de soleil suédois, les pieds barbotant gaiement dans la Baltique, cernée de canards peu farouches mais quelque peu bruyants, repue de saucisses au porc et au lait et de marshmallows grillés, un peu étourdie par les 3% d'alcool de votre dernière bière, vous recevez un SMS de votre chère maman, promue gérante des affaires québécoises en votre absence.

Vous apprenez ainsi, là, parmi les moustiques et les canards, que vous avez été sélectionnée pour passer une entrevue à la Délégation Générale du Québec, laquelle statuera sur votre sort à la quite de cet entretien à fort potentiel de stress. Pétronille croit entendre au loin le ricanement de ses étudiants ravis à l'idée que leur prof se mette à passer des oraux, à transpirer sur sa chaise, à avoir des trous de mémoire et à bafouiller lamentablement sous le regard sombre de l'examinateur.

La soirée, qui avait plutôt bien commencé, se clôt donc dans l'inquiétude. Qu'est-ce qu'ils vont me demander ? Qu'est-ce que je vais leur répondre ? Est-ce que les cheveux rouges sont éliminatoires ? Est-ce qu'on doit passer un test de résistance aux moustiques ? Bref, vous l'aurez compris, c'est avec l'esprit enfiévré que Pétronille passa cette nuit sous la tente, les pieds sur son sac à dos, les cheveux collés à la toile pleine de condensation, les pieds trempés par la pluie, et le corps enduit de répulsif à moustiques (joie, joie, joie du camping).

A son retour sur le sol français, Pétronille se rendit donc avec une belle détermination à la Librairie du Québec à Paris pour faire un stock de livres divers et variés sur le climat, la végétation, la culture, la nourriture etc... de la province, sans oublier de belles cartes du pays à accrocher face au lit, histoire d'apprendre un peu la géographie canadienne. Ironie du sort, Pétronille, qui n'est même pas foutue de placer les départements sur une carte de France (pas terrible pour passer l'agreg d'Histoire-géo), est ainsi devenue incollable sur la géographie du Canada. Elle sait à présent placer les villes, les parcs naturels, les cours d'eau, les routes principales. Elle connaît les courbes de température, les divers premiers ministres, les mensurations des élans... bref, elle s'est mise à réviser comme elle ne l'avait plus fait depuis fort fort longtemps.

C'est là, au détour d'une lecture, que la naïve mais néanmoins attachante (si si) Pétronille dévouvrit avec stupeur que les Québécois sont les sujets de Sa Gracieuse Majesté Elisabeth II d'Angleterre (je lui mets des majuscules, c'est ma future souveraine). Raison pour laquelle Pétronille, en bonne et loyale sujette, s'est mise à lire les potins sur le Prince Harry, à encourager l'équipe de rugby d'Angleterre, à apprendre le God Save the Queen, à boire de l'ale tiédasse et à manger de la marmelade de citron vert fluo. Mettons toutes les chances de notre côté.

Dernière étape, et non des moindres : l'entraînement. Telle une athlète, dont elle a la volonté farouche si ce n'est le physique musculeux, Pétronille passa en effet le dernier soir avant l'entrevue à se faire interroger sur toutes les questions cruciales de type "pourquoi voulez-vous partir au Québec ?" à "Pouvez-vous chanter le God Save the Queen à l'envers ?" (sait-on jamais, mieux vaut être bien préparée). Le problème, évidemment, c'est que quand vous révisez à la maison, plein de réponses saugrenues vous viennent à l'esprit (non, je ne donnerai pas d'exemples) et vous vous retrouvez rapidement pliée en deux par un fou rire nerveux. Le hic étant, bien sûr, que vous risquez ensuite d'avoir à nouveau envie de rire quand le vrai examinateur vous reposera ces mêmes questions, le lendemain.

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Mardi 23 octobre 2007

Chers lecteurs bien-aimés, comme vous le savez, le parcours qui mène au Québec est semé d'embûches.

Il faut remplir, souvenez-vous, votre fameuse D.C.S. (la Demande de Certificat de Sélection), et ce n'est pas une mince affaire. D'abord, vous êtes en général soucieux de bien faire, donc un peu stressé. Cela se traduit bien naturellement par le choix d'un stylo baveux qui transforme votre feuille en oeuvre pointilliste (ratée). Puis, votre esprit se brouille un peu et vous vous trompez dans les dates (naissance, obtention du brevet des collèges...). Alors il vous faut encore et encore réimprimer le dossier, mais c'est souvent le moment que choisit votre freebox pour se mettre à clignoter comme une démente, tandis que votre imprimante crachouille un vieux fond d'encre noire sur le peu de feuilles blanches qu'il vous restait.

Ensuite, il faut regrouper les documents demandés. Bon, les diplômes et les copies conformes, vous finissez par les obtenir. Les attestations d'employeurs, facile. Reste le chèque de banque, car il faut bien sûr payer des frais de traitement de votre dossier. Le seul hic, c'est que les banques en font peu, des chèques de banque (comme leur nom ne l'indique pas). Alors quand vous vous retrouvez devant une gentille demoiselle qui a 10 ans de moins que vous, un charmant sourire et de grands yeux innocents et que vous lui demandez un chèque de banque, elle croit d'abord à une blague, voire à un test de la part de sa sadique direction. Quand vous lui montrez les papiers officiels et votre D.C.S., elle commence à blêmir quelque peu. Tendant son cou gracile vers sa collègue toute d'angora vêtue, elle l'interroge sur la marche à suivre et retrouve des couleurs quand elle découvre que la collègue en question ne sait pas non plus comment faire. Bon. Après quelques coups de fil passés en haut lieu (difficile de parler à quelqu'un un vendredi à 14h, tout les banquiers haut placés sont déjà en week-end dans leur maison normande), elles finissent par réussir à débiter de votre compte la somme requise (ça, en général, les banquiers le font bien). Puis vous apprennent que vous recevrez le chèque en question chez vous dans 4 jours (évidemment, il a mis 40 jours, raison pour laquelle Pétronille s'est ruinée en coups de téléphone rageurs ou larmoyants - selon le jour et l'humeur - à sa banque).

Puis, il faut envoyer tout cela en recommandé. Je passe sur les joies de la file d'attente dans une Poste parisienne, les lecteurs de province vont penser que je fais exprès d'être méchante (14 guichets dont 2 ouverts, 47 personnes dans la queue... mais pourquoi ai-je quitté ma petite ville provinciale fournie avec postiers souriants ?).

Et enfin, il faut...attendre.

par Petronille publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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Lundi 22 octobre 2007

Aujourd'hui, c'est journée râlerie pour Pétronille (moi, donc). Après tout, ça arrive aux meilleurs d'entre nous - la preuve (...!). Et sans vergogne aucune, alors même qu'elle sait bien qu'il y a des choses plus graves, elle se plaint. Parce que si on ne peut même pas se plaindre dans son propore blog auprès de lecteurs inconnus (ou presque), alors franchement, à quoi ça sert, hein ?

Râlerie parce que ça fait trois jours que Pétronille a le dos bloqué. Alors, d'accord, ça permet de se faire masser sans besoin d'avoir recours aux yeux de faon malade spécial amadouage des esprits récalcitrants, mais bon, reconnaissons qu'on a connu plus sexy que l'odeur de camphre et que le gel qui fait coagule en petits morceaux.

Râlerie parce que, bien sûr, ça arrive quand Pétronille n'a pas d'eau chaude (autant oublier, donc, les bienfaits de la douche bouillante sur nerfs noués). Ca arrive évidemment quand le métro est en grève, ce qui place Pétronille devant le choix cruel que voici : rester debout comprimée à bloc dans un métro bondé et surchauffé, le dos cambré à mort et les fesses à la merci de mains moites et baladeuses (l'un n'empêchant pas l'autre, comme chacun sait) ou alors enfourcher son vélo sur lequel elle se trouve courbée comme un mauvais joueur de croquet et dont elle ne peut ensuite plus se lever (du vélo, hein ?).

Ajoutez à cela, lecteurs compatissants, que depuis deux mois qu'elle est officiellement "demandeuse d'emploi" - comme on dit quand on est politiquement correct - elle n'a toujours pas touché un sou (joies du chômage dans l'Education Nationale : trois fois plus de formalités - donc de délais - que pour le reste du monde), ce qui l'oblige à renoncer à tout ce qui fait la joie de son existence, à savoir l'achat compulsif de bouquins, le bobun cambodgien (certainement ce qui lui manquera le plus une fois qu'elle sera au Québec, après sa chère maman, bien sûr, restons humains) et les belles expos parisiennes (notons que la réduction pour les chômeurs est en moyenne d'un euro, voire 1,50 euros dans les meilleurs cas. Quand on sait qu'une entrée tourne à 9 à 10 euros en moyenne, on se demande si les hautes instances ne se foutraient pas un peu de nous, hein, quand même. L'art est-il réservé aux riches ? Voilà un autre sujet de râlerie que Pétronille se réserve pour la bonne bouche).

Et tant qu'on y est, ajoutons à la râlerie en précisant que sa rue est en travaux, et que d'aimables bruits de marteau-piqueur éveillent en douceur votre chère Pétronille sur les coups de 6 heures du matin. Le petit-déjeuner se prend sur fond de blocs de pierre jetés à terre (avec Monsieur Alf qui fait écho, évidemment, le lecteur dans sa grande sagacité l'avait déjà deviné). Et le travail d'écriture de l'après-midi se poursuit dans ce fond sonore, auquel s'ajoutent les klaxons des parisiens énervés qui viennent déjà de se taper plus de 100 bornes de bouchons (pour cause de grève, rappelons-le) et se trouvent bloqués sous les fenêtres pétronillesques par un camion plein de briques.

Alors quand on a le dos bloqué, qu'on se lave à l'eau froide, qu'on a un voisin taré, qu'on est dans la dèche et qu'on est sur le point de devenir sourd, que reste-t-il à faire, lecteur, sinon râler un bon coup, je vous le demande ?

par Petronille publié dans : En ce moment
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Vendredi 19 octobre 2007

Chers et bien-aimés lecteurs, ne vous laissez pas abuser faussement par le titre de cet article. Pétronille précise immédiatement qu'elle n'est absolument pas en train de proférer des insultes envers son lectorat chéri, lequel ne se trouve pas non plus subitement propulsé au coeur d'une chronique animalière digne des émissions nocturnes qui entretiennent gaiement nos pires insomnies.

Non. Si elle écrit aujourd'hui, c'est pour partager avec vous une joie nouvelle qui l'assaillit à un moment où elle s'y attendait le moins. Mais lisez plutôt : lors d'une fin de journée relativement habituelle, alors que Pétronille avait passé l'après-midi à se cailler les pieds (qu'elle a mignons mais frileux) devant son ordinateur, cherchant à mettre du sens dans des phrases qui, mises bout à bout, ne voulaient décidément pas en produire, le mâle de la maisonnée rentra avec un petit sourire en coin, généralement annonciateur de félicités diverses et variées. Tout fiérot, il tendit à Pétronille un petit paquet cadeau, qui, une fois ouvert, révéla son contenu aussi romantique que poétique : un CD intitulé Le sens du poil. Joli programme, en vérité. Et c'est ainsi que Pétronille découvrit un monde nouveau, celui d'un groupe lillois nommé Les Blaireaux (hé oui, d'où le titre de cet article, comme quoi tout vient à point etc etc).

Non contente de découvrir avec un regard extasié et un gros fou rire la douce mélodie de la non moins poétique Auberge du chat qui pète (à écouter d'urgence, surtout en cas de gros coup de ras-le-bol lié aux joies de la grève des transports, du temps maussade, de la chaudière capricieuse, des voisins psychotiques et autres désagréments qui peuvent vous être tout personnels, lecteurs), Pétronille se rendit en urgence acheter des places pour voir de ses propres yeux ébahis et néanmoins éblouis ces 6 spécimens blairesques en concert à Paris.

Le grand Soir, lecteurs, c'était hier. Et au sortir de ce concert, Pétronille s'est décidée à leur faire sans vergogne et avec ses petits moyens une publicité qu'ils méritent amplement. Car ce concert fut une débauche de chansons drôles, fines et enlevées, rehaussées par les banjo, trombone, saxo et autres accordéons. Les Blaireaux sont d'attachantes petites bêtes, prenant un plaisir communicatif à jouer pour un public très rapidement tout acquis à leur cause, d'autant qu'en plus de la musique - ce qui était déjà beaucoup - ils nous ont carrément offert un véritable spectacle, un feu d'artifices de chorégraphies, de saynètes, et d'imitations en tous genres, de quoi nous donner à tous envie de rire, de sauter partout... et de revenir les voir. Bref, lecteur, ne boude pas ton plaisir, et va faire un tour dans leur terrier.

Le mot de la fin leur revient : "merci d'être velus".

Pétronille ne voit rien à ajouter à cela.

par Petronille publié dans : Testé pour vous
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Mercredi 10 octobre 2007

C'est l'automne, le soleil jette ses derniers feux sur les terrasses parisiennes où les gens beaux étendent négligemment leurs jambes en discutant d'écologie, et les appartements commencent à se refroidir sérieusement. Quand on n'a pas de double vitrage, comme Pétronille, on commence presque à visualiser son haleine le matin au réveil.

Et c'est bien de cela qu'il s'agit : du matin, au réveil. Car comme à chaque fois que l'air extérieur se refroidit, Pétronille, à l'intérieur, doit faire face à la désormais traditionnelle rébellion de la plomberie de l'immeuble.

Mais oyez plutôt.

La journée commence dans la joie et la bonne humeur par la mise en marche du réveil, qui tire Pétronille du sommeil en égrenant les catastrophes qui sont arrivées dans le monde pendant que, pauvre innocente, elle dormait sur ses deux oreilles (ou plus particulièrement la gauche, en vérité, je vous le dis). France Info, donc, puisque c'est bien d'elle qu'il s'agit, tire Pétronille de ses jolis rêves en lui assénant des statistiques budgétaires et des catastrophes aériennes, et en lui infligeant des interviews de ministres énervés qui ne sont pas du tout d'accord avec l'interviewer, et d'ailleurs, c'est pas difficile, ils s'inscrivent en faux. Bien sûr, Pétronille a bien essayé de changer la fréquence, histoire de s'éveiller en douceur sur un concerto pour piano de Beethoven, par exemple, mais une malédiction terrible et indépendante de sa volonté replace systématiquement le curseur sur France Info pendant la nuit.

Epanouie comme on l'imagine après un bon quart d'heure à écouter ce type de nouvelles réjouissantes (car la Pétronille moyenne met un quart d'heure à émerger, oui, si vous voulez tout savoir), Pétronille se hisse victorieusement hors du lit, résiste à l'appel sournois de la couette encore chaude, et se traîne péniblement jusqu'à la salle de bain. Heureusement, son parcours est court, c'est ça la magie des appartements parisiens.

En été, lorsque le temps vire à la canicule et qu'il fait déjà trop chaud à 8h du matin, l'eau de la douche refuse de se mettre en mode "tiède" et Pétronille se fait gentiment cramer l'épiderme par une eau à 40 degrés. Mais dès l'automne (en ce moment donc), la chaudière se met en grève, et sans revendication particulière, juste comme ça, pour faire chier.

Ca commence insidieusement : Pétronille se glisse sous la douche, se savonne allègrement des pieds à la tête (mais moins voluptueusement que dans les pubs mensongères qui veulent nous faire croire qu'on n'a que ça à foutre, le matin, quand on n'a rien dans le ventre et l'oeil hagard, de prendre notre pied en étalant de la mousse à la noix de coco sur nos aisselles). Et c'est là que, dans un affreux crachotement que ne renieraient pas les soeurs Brontë, la chaudière s'arrête. Et que Pétronille fait montre de sa connaissance étendue des jurons français (bientôt enrichis de la riche gamme des jurons québécois) tout en se rinçant à l'eau glacée.

Et puis, ça évolue. Un beau matin, la chaudière ne démarre même plus du tout. Après le saut du lit, Pétronille fait donc un détour par la cuisine (ô joie, l'appart est tout petit, elle n'est donc pas loin) pour faire bouillir de l'eau, afin de pouvoir se rincer correctement, si ce n'est dignement.

Et aujourd'hui, ô rebondissement, il n'y a carrément plus d'eau. Tout l'immeuble était dans l'effervescence hier soir à cause d'une fuite d'eau qui donnait au palier un faux air du Titanic, Leonoardo Di Caprio en moins, Dieu soit loué. Le plombier est venu et aussitôt reparti, arguant qu'il n'avait pas les bons outils et reviendrait demain (sans commentaire). Les pompiers, sanglés dans leurs uniformes, sont arrivés à la rescousse, histoire de gentiment défoncer les portes récalcitrantes des communs, tandis que la voisine du 1er enchaînait les signes de croix et que les dames du 2e en profitaient pour s'échanger recettes de cuisine et dernières nouvelles concernant l'évolution de leurs maladies respectives. Seul Monsieur Lanouille manquait à l'appel, probablement recroquevillé chez lui dans la crainte qu'un pompier n'ouvre la porte de ses WC, lesquels sont depuis 2 ans bouchés par des nids de pigeons, ce qui explique probablement pourquoi il se sent parfois obligé d'uriner joyeusement dans les plantes en plastique de l'entrée (joie, joie, de la vie parisienne...).

Résulat des courses : on nous a coupé l'eau jusqu'à ce que le plombier daigne refaire surface, ce qui n'est pas encore arrivé à l'heure où j'écris. Tout ceci a quand même permis à Pétronille de se prendre pour une star hollywoodienne en se lavant à l'eau de Vittel.

Alors, lecteur bien-aimé, quand demain matin tu te lèveras, frais et dispos, et que tu offriras à ton corps ensomeillé les délices d'une bonne douche chaude, pense un instant (et sans ricaner, hein), s'il te plaît, à Pétronille et sa bouilloire de plastique orange. Merci infiniment.

par Petronille publié dans : Petronille raconte n'importe quoi
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