Vendredi 21 décembre 2007
Incroyable mais vrai, chers lecteurs, c'est aujourd'hui sous vos yeux éblouis que Pétronille revient faire un tour sur son blog. Non pas qu'elle n'ait plus rien à raconter, loin de là, ni qu'elle n'ait plus envie de partager des choses avec vous, mais elle manque de temps, voyez-vous. Outre le travail intellectuel qu'elle fournit à longueur de journée, lequel se termine immanquablement en migraine et la fait même rêver en ancien français - c'est vous dire si elle travaille dur - elle a dû passer les dernières semaines à piétiner avec des milliers de parisien(ne)s dans les grands magasins à heure de pointe, lorsque la température avoisine les 50°C, et que les grands-mères s'entretuent pour la dernière peluche bébé phoque, tandis qu'un jouet en démonstration fait des bruits ininterrompus de mitraillette. Tout ceci avec en fond sonore la voix de steward du monsieur qui fait des ventes flash quelque part dans le magasin, mais le temps que vous arriviez au 7e étage avec vos paquets, et votre grand manteau sous le bras, la promo de -1,2% sur les pinces à sucre (dont vous n'avez même pas besoin, en plus) vient de s'achever. Pourtant, Pétronille avait décidé de s'y prendre de bonne heure, cette année, ne serait-ce que pour étaler les dépenses assédiquesques sur deux mois. Mais il faut croire qu'un cadeau a plus de valeur si celui qui l'offre a perdu 50% de son poids en eau dans la queue à la caisse au BHV, c'est pourquoi Pétronille a finalement attendu la dernière minute pour s'y mettre, trouvant au passage certains présents tellement jolis qu'elle s'en est acheté un par la même occasion, ce qui a fait brutalement exploser le budget de Noël, hum... bon...passons...

Tout ceci pour en arriver, lecteurs bien-aimés, à la phrase du jour, une rubrique délaissée depuis trop longtemps et qu'il est temps de raviver par une bonne citation désopilante dont Pétronille a le secret. Et Noël est la période toute trouvée pour ce genre d'évènement, puisque vous pourrez aisément la replacer en dégustant une huître juteuse, en arrosant la dinde de sauce, en dissimulant la Marie Brizard sous votre pull avant que Tante Suzon la repère de son oeil perçant, en couvant d'un regard ému le petit dernier qui démonte allègrement son cadeau de Noël à coups de tournevis "pour voir comment c'est fait à l'intérieur". Bref, mille et une situations possibles se prêtent à la déclamation inspirée de la citation du jour, que je vous livre sans plus attendre, même si je suppose que vous la connaissez déjà :

"Quand j'écoute trop de Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne".
(Woody Allen)

Non, lecteurs, ne me remerciez pas, vous savez bien que tout le plaisir est pour moi. En espérant vous avoir aidé à passer un Joyeux Noël.
par Petronille publié dans : La phrase du jour
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Mercredi 5 décembre 2007
Oyez oyez, chers lecteurs, Pétronille, contrairement aux apparences, est toujours en vie, bien qu'un peu gelée aux extrémités, et si elle n'écrit presque plus sur ce blog, ce n'est pas parce que l'envie lui en manque, mais plutôt le temps. Hé oui, lecteurs, votre Pétronille bien-aimée délaisse en ce moment la chaleur (...!) et la quiétude (...!) du foyer pour les chaises en bois et murs bétonnés de la BNF.

Ah, la BNF... Tout un poème. Lorsque plus jeune, et donc plus innocente, Pétronille fréquentait les bibliothèques municipales et archives départementales (peuplées de grands-mères généalogistes qui aimaient à se retrouver pour commenter à voix haute les problèmes d'infertilité de leur gendre et les pustules de la voisine), elle aimait à rêver qu'un jour elle aussi, elle travaillerait sous la lumière douceâtre des lampes vertes, dans le confort et les odeurs de cuir.

Mais la BNF, ça se mérite, lecteurs, ça se mérite. Et entre le moment où vous fermez votre porte et celui où vous vous asseyez enfin devant votre livre, il s'en est passé des choses...et du temps !

Mais jugez plutôt. D'abord, la BNF, c'est loin. Vous me direz, c'est relatif, évidemment, mais pour Pétronille, aller à la BNF, ça veut déjà dire se taper 40 mn de métro avec l'ordinateur dans le dos, et avec changements s'il vous plaît, ce qui implique de monter des marches, en descendre d'autres, en remonter, car vos savez bien, lecteurs parisiens, que les escalators dans le métro sont toujours en panne.

Une fois arrivée à bon port, il y a encore des marches, puisque les 4 tours sont montées sur une estrade en bois, casse-gueule au possible par temps de pluie, rejetant des bouffées d'air chaud en pleine canicule, sans un poil d'ombre ou d'abri. Bref, passons. Essoufflée, mais la cuisse alerte, Pétronille, après tous ces escaliers, redescend ensuite jusqu'à l'entrée, où un monsieur étudie le contenu de son sac et la passe au détecteur de métaux.

Vous la croyez arrivée ? Que nenni ! Il faut encore laisser son sac au vestiaire, et mettre ses affaires essentielles dans un sac en plastique transparent, qui montre à tous vos vieux mouchoirs en papier et autres stylos rognés.

C'est le moment d'aller retrouver la place que Pétronille a préalablement réservée, des jours à l'avance, sur internet. Il faut pour cela passer un premier tourniquet en y insérant la carte de lecteur. Puis pousser une lourde porte métallique qui ouvre sur un sas, tirer une seconde porte (et se déboîter l'épaule au passage), pour se retrouver dans un paradis de béton et de lumière artificielle, muni d'un escalator qui vous fait descendre dans les entrailles de la bête...et encore un second escalator, un second tourniquet, un troisième tourniquet, une autre porte à pousser, un nouveau sas, une autre porte à tirer (qui achève définitivement votre épaule). Après tout ça, il faut reprendre et son souffle, et sa contenance, prendre vite fait un rendez-vous chez le kiné pour son épaule, et traverser les couloirs à la recherche de sa salle.

Vous noterez donc, lecteurs, qu'entre le moment où vous arrivez devant l'entrée, et le moment où vous vous asseyez, il peut se passer un temps relativement long, pour finir par se retrouver à côté d'une fille qui écoute du Wagner à fond dans ses écouteurs, et d'un monsieur qui pousse des gémissements dans son sommeil, tout cela sans lampe verte et sans cuir, mais plutôt entourée de béton armé grisâtre, avec une pointe de lumière du jour qui filtre par-dessus les cloisons de bois.

Je ne vous parle même pas (mais en fait, si, je m'apprête à le faire), des toilettes, dans la mesure où il vous faut prévoir à l'avance que vous aurez envie de faire pipi dans 10 minutes, car le temps de retraverser le couloir et de passer les deux portes, le sas, le tourniquet, et d'emprunter un nouveau couloir vers les bas-fonds dignes des buanderies des films d'horreur américains où l'héroïne aime à faire sa lessive vers 2 heures du matin alors que tout le monde sait que le FBI recherche un dangereux psychopathe, les accidents arrivent vite... C'est ça aussi, les joies du travail en bibliothèque...
par Petronille publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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