Bravons l'hiver avec une cocotte minute

Publié le par Petronille

Aujourd'hui, Pétronille a une nouvelle amie, aussi belle que serviable, bien qu'assez peu silencieuse, mais bon, on ne peut pas tout avoir (et parfois, une amie qui ne parle pas est une bénédiction). Toute en rondeur, brillante, chaleureuse, et toujours disponible le dimanche, elle fait la joie de mon humble foyer.

Je lève le suspense immédiatement et vous révèle son identité : il s'agit de ma nouvelle cocotte minute, cette petite merveille de technologie qui a transformé ma vie en une symphonie bondissante (si si) de saveurs..

Oui, je sais, lecteur, tu lèves discrètement un sourcil interrogateur, et, dans ta généreuse bonté, tu t'inquiètes quelque peu pour cette pauvre Pétronille dont les principaux amis sont actuellement un ordinateur chinois et une cocotte minute, sans parler de sa boulimie de chocolat qui commence à agacer les habitants de son quartier qui trouvent systématiquement vide le rayon confiserie du Shop* du coin. Certaines rumeurs commencent à circuler, dont la plus persistante laisse entendre que Pétronille, un jour de manque, déroba le dernier paquet de nounours en chocolat sous les yeux d'une petite fille mignonne qui s'apprêtait à le prendre, et éclata en sanglots hystériques. Je te le dis tout de gob : c'est absolument faux.

[La petite fille n'a pas pleuré]

[Enfin pas longtemps]

Mais revenons à cette merveilleuse cocotte, achetée sur un coup de tête par un matin parisien froidureux, où la chambre pétronillesque commençait à se remplir des délicieuses odeurs de cuisine provenant de chez les voisins. Immédiatement des images d'un érotisme torride se sont mises à la harceler : des visions moites de pot-au-feu, de boeuf bourguignon bien tendre, de bouillon bien gras, de morceaux de viande moelleux, de petits légumes frémissants....ah j'arrête, c'est trop.

Ce matin-là, Pétronille sauta donc avec la grâce qui la caractérise (particulièrement au réveil) dans quelques  vêtements chauds et seyants, et s'engouffra dans le métro le plus proche en direction d'un magasin D*rty.

Car oui, lecteur, je m'insurge contre l'idée que la cocotte minute serait réservée aux familles nombreuses, aux grands-mères gâteau et aux vieilles filles aigries qui mangeraient de la soupe à tous les repas. D'ailleurs, la cocotte minute de la femme moderne (moi, en l'occurence) n'a plus rien à voir avec ce lourd instrument de torture pourvu d'un mode de fermeture sous forme de vis géante impossible à dévisser sans l'assistance des biceps musclés de l'Homme de la maison. Combien de fois dans mon enfance ai-je dû me contenter de tartines de beurre à midi tandis que la cocotte minute, diffusant de délicates odeurs de chou-fleur, ou de ratatouille,  refusait obstinément de s'ouvrir, malgré les noms d'oiseaux dont l'abreuvait ma Tante Suzon qui faillit  plus d'une fois perdre un bras (et la raison) dans l'opération ?

Ce n'est pas non plus cet engin monstrueux sifflant de manière stridente en menaçant d'exploser à tout moment sous la pression (ce qui arriva à feue ma grand-mère, laquelle, pétrie du désir de nourrir copieusement ses petits-enfants, remplit tant et si bien sa cocotte que celle-ci explosa dans un fracas terrible... condamnant les enfants à la désormais traditionnelle tartine de beurre, et mon grand-père à la remise à neuf de la cuisine - autant dire que dans ma famille, on ne rigole pas avec le pot-au-feu).

C'est en fait une délicate petite chose brillante et légère, pourvue d'un couvercle tout plat et d'une sécurité infaillible, capable de reléguer vos anciens repas du dimanche (à savoir, énorme petit-déjeuner à base d'oeufs au jambon, champigons et tomates, le tout arrosé d'un thé divin) dans les oubliettes de votre mémoire. Désormais, Pétronille est une femme épanouie, et une citoyenne modèle qui mange ses 5 fruits et légumes par jour, délicieusement mijotés dans sa merveilleuse cocotte. Aujourd'hui , par un juste retour des choses, c'est elle qui fait fantasmer ses voisins par le biais des odeurs de pot-au-feu et de boeuf bourguignon qu'elle diffuse l'air de rien dans la cage d'escalier (ce qui, au passage, n'est pas du luxe, cette dernière puant mystérieusement le chien mouillé depuis quelque temps).

Commenter cet article

Pétronille 28/11/2008 16:46

Je vous en prie, ne vous gênez pas pour pour moi, continuez à faire des sous-entendus scabreux entre vous, chers Goux.
[Dites-moi tout de même, Catherine, votre boucher, il vit ça comment ?]

Didier Goux 28/11/2008 15:45

Moi j'aime bien l'ajout (silence Catherine).

Catherine Goux 28/11/2008 15:29

Comment transformer l'achat d'une simple cocotte-minute en un délicieux billet... qui fleure bon le pot-au-feu. Si je peux me permettre, la queue de boeuf (silence Didier) c'est très très bon et très économique. Et après, le bouillon avec un peu de vermicelle... J'en fais demain mais mon boucher n'avait plus de queue (silence Didier) j'ai donc pris de la joue, que j'aime moins.

Didier Goux 28/11/2008 14:33

Une cocotte-minute ? Vous vous parlez de ces femmes galantes particulièrement expéditives qui sont la honte de leur belle profession, c'est bien ça ?