Râlerie post-plomberie

Publié le par Petronille

Le lecteur indulgent baissera pudiquement les yeux devant l'article qui va suivre et s'empressera de l'oublier après l'avoir lu, mais il faut que je me défoule un minimum. Et comme dans le 16e arrondissement on est bien élevé, on ne hurle pas à la mort pour évacuer son stress (plan A : à rejeter, donc), on prend plutôt des calmants avec plein de X dans le nom (plan B : je rejette aussi), je n'ai d'autre solution que de faire claquer furieusement mon clavier pour m'énerver toute seule (plan D, puisqu'il n'y a plus de porto - qui était le plan C). C'est ça ou je casse un truc.


Alors voilà : je déteste le 16e arrondissement.

Je déteste la plomberie.

Je déteste mes voisins.

Je déteste ma concierge.

J'en ai marre.


Voilà.

Quelques heures après le départ de mes charmants amis plombiers (réellement charmants, oui, oui, vraiment, gentils, bosseurs, polis, parfaits), ne voilà-t-il pas qu'un entêtant "ploc-ploc" de mauvaise augure s'est mis à résonner dans la salle de bain. Le plafond béant recrache à présent un tuyau qui lui-même recrache de l'eau, inondant lentement mais sûrement mes toilettes.


Alors bien sûr, dans l'Est parisien où j'habitais avant, en 3 minutes tout l'immeuble se retrouvait sur le palier incriminé, commentant à qui mieux-mieux, appelant les pompiers, qui venaient dans la seconde défoncer les portes des toilettes à coups de hache virils. L'eau était coupée, chacun rentrait chez soi avec la satisfaction d'avoir passé une soirée originale et de tenir un sujet de conversation utilisable pendant deux bonnes semaines, et Monsieur Alf nous imitait les bruits de hache pendant deux jours.

Le bonheur.


Mais dans le 16e, tout le monde vous laisse dans votre merde, hein, bien sûr.

D'abord, les voisins du dessus font les morts. Porte close, bruits de pas feutrés dans le couloir, mais personne ne vous ouvre. Comme ils ne vous comprennent pas et que vous ne parlez pas leur langue, impossible de leur hurler à travers la porte que ce serait bien qu'ils évitent de se doucher ce soir, et qu'ils coupent l'eau. Ceci dit, je ne leur en veux pas vraiment, moi aussi je n'oserais pas ouvrir à une folle échevelée vociférant dans une langue inconnue à ma porte (par contre, il y a plein de gros mots et de comparaisons animales peu flatteuses qui me viennent à l'esprit quand je pense à leur propriétaire qui a laissé pourrir le plafond pendant des années tout en se faisant du gras grâce au loyer de ce taudis). Quant aux autres voisins du palier, ils sont  tous probablement décédés dans leur lit, suite à une électrocution en chaîne, parce que tout soudain toutes les télés se taisent, et on n'entend plus rien, à part une mouche qui se noie, et moi qui tempête dans le vide.


La concierge, évidemment, n'est disponible qu'entre 13 et 15h, donc forcément à 19h, vous pensez bien, ma bonne dame, qu'elle ne pourra vous être d'aucun secours.


La permanence du plombier est sur répondeur.


Et moi je pète les plombs dans les odeurs de moisi qui émanent de mon plafond pourri, avec ce "ploc" insupportable en bruit de fond, ma bouillotte et ma laine polaire, dans ce foutu arrondissement, et en plus j'ai la crève, bien sûr.


[Je zappe nerveusement avec la télécommande en attendant l'heure de ma série québécoise, havre de paix dans ce monde de brutes, et voilà que je tombe sur Pujadas rentrant vraisemblablement de vacances, ou ayant changé de maquilleuse, ou s'étant maquillé lui-même à la va-vite pour que notre regard cesse de se focaliser sur ses cheveux, mais le fait est qu'il est complètement orange et c'est (si j'ose un mauvais jeu de mots impromptu) la goutte d'eau.]


J'en ai marre des gens orange.


Voilà.

Je m'en vais racler les fonds de placards, des fois qu'il reste un truc à boire, et je vous dis à demain pour une nouvelle journée plomberie/bouillotte (on sait s'amuser, chez Pétronille !).

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Catherine Goux 27/11/2008 14:27

Vous le saurez vite ! Mais je n'ai pas l'impression que vous êtes une "française".
J'en profite pour vous dire merci. Vos compliments me font toujours plaisir.

Pétronille 27/11/2008 14:17

Figurez-vous qu'un jour j'ai répondu à un test québécois intitulé "Etes-vous un(e) Maudit(e) Français(e) ?", et les choix de réponses proposés m'ont donné une illumination : le "Maudit Français" et le Parisien, c'est la même chose !!!
(ceci dit, je n'ai jamais eu les résultats car j'ai appris à la fin qu'il me faudrait payer pour les connaître : j'ai donc laissé tombé, en me berçant de la douce illusion que je ne suis pas une Maudite Française)

Catherine Goux 27/11/2008 11:41

J'ai longtemps cru que (presque) tous les Français venaient du 16 ème. D'ailleurs je le crois encore...

Didier Goux 26/11/2008 11:14

Hé bé...

Petronille 26/11/2008 14:30


J'allais le dire...