L'insolite du jour

Mercredi 11 juin 2008
Aujourd'hui Pétronille a décidé de montrer à ses lecteurs que, contre toute attente, oui elle s'intéresse à l'actualité et pas seulement à celle d'il y a 500 ans. Dans un élan fiévreux (peut-être dû à son allergie au pollen de fleurs de marronniers qui se balade allègrement dans les rues du 16e arrondissemnt - un problème qu'on ne connaît que par ouïe-dire dans l'Est parisien), elle décide donc - hop là - sur un coup de tête de créer rien que pour vous, lecteurs, une nouvelle catégorie.
Comme ça, au débotté.
Et sans même avoir mangé.

Mais comme l'actualité traditionnelle est à la portée de n'importe quel être humain pourvu d'un doigt quelconque (l'index est le plus conseillé, mais les autres peuvent faire l'affaire également) susceptible d'allumer la télé ou la radio ou de feuilleter le journal, Pétronille va plus loin encore pour permettre à ses lecteurs bien-aimés (oui, vous) de briller autour de la machine à café. Ca changera un peu de l'histoire de l'accouchement de votre collègue , que tout l'étage commence à connaître carrément par coeur, d'ailleurs Bob en est venu à se persuader qu'il y a vraiment assisté.

Voici donc : l'insolite du jour (tadamm !)

Et aujourd'hui, l'insolite se passe à Sydney, capitale des kangourous et des surfeurs blonds qui boivent de la Victoria Bitter le soir au coin du feu (Pétronille, pourvoyeuse officielle de clichés en tous genres, pour vous servir).

Deux trafiquants de drogue comparaissent devant le juge Peter Zhara (je cite des noms, hein, pour attester de la véracité de l'affaire) et risquent la perpétuité. 66 jours d'audience se passent tranquillement, les koalas roupillent au dehors, les jurés prennent des notes fiévreusement, tout va bien. Et puis le juge s'avise tout de même que les jurés prennent leurs fameuses notes en écrivant... verticalement.

Il s'est avéré, chers lecteurs ébahis, que les jurés... jouaient au sudoku (soit disant que ça les détend...tu parles, ça détend qui de jongler avec les chiffres, hein, franchement ?).
Résultat : la procédure, qui avait déjà coûté plus de 612 000 euros au contribuable australien est annulée !!

Voilà un insolite à méditer et à partager gaiement avec vos collègues et amis.
Non, ne me remerciez pas, Partage est mon deuxième prénom.

Source : Associated Press, Sydney - mardi 10 juin 2008.
Par Petronille
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Mardi 24 juin 2008
Aujourd'hui, l'insolite du jour vous conte une histoire touchante et simple qui devrait sous peu inspirer les scénaristes de téléfilms de l'après-midi et occuper quelque temps les directeurs de casting recherchant une jolie blonde à forte poitrine.

Bref. L'insolite du jour vous conte l'histoire terrible de la jeune Jessica, une Américaine (faut-il le préciser ?) de 24 ans partie seule se balader allègrement dans les Alpes allemandes. Le fait est en soi surprenant, peut-être doit-on diagnostiquer un complexe d'Heidi (c'était la Suisse mais bon, quand l'herbe est bien taillée, qu'il y a des vaches et qu'on parle allemand, c'est du pareil au même pour moi), les créateurs japonais de dessins animés ayant bravement oeuvré pour la célébrité de la petite fille aux genoux cagneux qui passe ses journées à courir après les chèvres en montrant sa culotte (telle une Martine des montagnes).

Bref (bis). Jessica, que l'on imagine aisément légère et court vêtue, emplissant gaiement ses poumons de bon air pur teuton, cueillant çà et là une fleurette, ne tarde pas à s'égarer. Ses petits pieds légers (Pétronille est en effet partie du principe que Jessica n'était pas le genre d'Américaine à se gaver de burgers et chips, auquel cas au lieu de parcourir les Alpes, elle serait plutôt en haut de la Tour Eiffel en train de secouer ses boucles brushinguées au vent), ses petits pieds légers, disais-je, glissent tout soudain à cause de la pluie, et la voilà faisant une chute de 5 mètres, se blessant à la jambe et à l'épaule.

Trois jours passent au cours desquels la pauvre Jessica, ayant vécu sur ses réserves de cellulite (la preuve est donc faite qu'en avoir est une bonne chose), commence toutefois à perdre espoir. Le temps où les futures impératrices gambadaient joyeusement et incognito dans les forêts étant révolu, Jessica craint que les secours ne viennent jamais.

Heureusement, une idée géniale germe alors dans son esprit : utiliser son soutien-gorge pour signaler sa présence. Ni une ni deux, elle ôte le vêtement en question, et l'accroche à un câble utilisé pour descendre les billots de la montagne. Le soutien-gorge dévale donc les pentes alpines et finit sa course à proximité de bûcherons, qui le remarquent instantanément, comme on peut s'en douter.

Et voilà Jessica sauvée par la magie d'un soutien-gorge judicieusement utilisé.

Ce qui m'amène, lecteurs et surtout lectrices édifiés par cette histoire, à tirer les conclusions qui s'imposent.
Notons toutefois que toute jeune femme qui se respecte ayant bénéficié d'une bonne et solide éducation doit normalement avoir assimilé ces principes de base avant même l'entrée en primaire.
- ne jamais, jamais, se balader toute seule dans la nature (voir la bien triste histoire du Petit Chaperon Rouge), et encore moins en Allemagne, où la nourriture lourde à base de knacks sous toutes leurs formes (je sais, j'en ai déjà mangé une en forme de tranche de pain de mie) augmente le risque de chutes, il faut le savoir.
- ne jamais, jamais, sortir sans soutien-gorge
- ne jamais, jamais, se balader dans la nature avec un joli soutien-gorge qui nous a coûté les yeux de la tête sous peine de ne pas oser le sacrifier et de mourir dans d'atroces souffrances au fond d'une crevasse (mais avec la consolation que le joli soutien-gorge en question permettra de nous identifier).

A méditer.

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Source : Associated Press, Berlin
Par Petronille
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Jeudi 26 juin 2008
Aujourd'hui l'insolite du jour a une résonance particulière pour ceux qui, comme Pétronille, s'apprêtent à tout quitter (ou presque) pour changer de vie et de pays.

Figurez-vous, lecteurs, qu'un certain Ian Usher, Britannique de 44 ans ayant émigré en Australie, s'est un beau jour séparé de sa douce moitié, se retrouvant, comme on dit vulgairement dans les milieux autorisés, Grosjean comme devant.

Désireux de recommencer une nouvelle vie et de laisser l'ancienne derrière lui sans plus y jeter un regard, comme on ferait d'un vieil ordinateur ayant rendu l'âme dans un affreux bruit de radiateur (par exemple), il a décidé de vendre...sa vie aux enchères.

Ainsi les Internautes ont pu enchérir non seulement sur toutes ses possessions, de sa maison à ses vêtements, en passant par ses livres, ses slips, sa crème anti-transpirante pour les pieds, sa collection de mugs à l'effigie de feue la Queen Mum, ses ciseaux pour couper les poils du nez mais aussi sur ses amis, et son travail.

Le plus gros enchérisseur a donc remporté non seulement la maison avec tout ce qu'il y avait dedans, mais également le plaisir d'être présenté aux amis d'Ian, d'être initié à ses loisirs préférés, et de le remplacer dans le magasin de tapis où il travaille (pendant 2 semaines d'essai avec embauche éventuelle à la clé).

Tout cela pour la modique somme de 650 000 dollars australiens.
Ian, quant à lui, n'a gardé que les vêtements qu'il portait sur lui, son portefeuille et son passeport.

Pétronille commence donc à réfléchir sérieusement à la mise aux enchères de :
- sa place en bibliothèque entre le monsieur qui ronfle et la jeune fille qui écoute de la musique à fond dans ses écouteurs. Tout confort, avec bibliothécaires sympathiques, accès à de multiples archives, et une sandwicherie hors de prix (ben oui, c'est Paris) à deux pas. Inclus dans le prix : moult escaliers, idéal en cas de cellulite dans les cuisses.
En bonus : ses haltères, état neuf, utilisées deux fois - fournies avec tapis de sol dans emballage,

- sa carte de cinéma illimité, parfait pour ne pas regretter d'avoir mis 9 euros dans un film complètement nul (9 fois sur 10),

- son voisin du dessus joueur de flûtiau, peut-être un futur grand de la flûte à bec qui passera à la Star Ac dans quelques années et fera la première partie d'André Rieu dans les jardins des châteaux viennois devant une foule en délire nourrie aux knacks en forme de tranche de pain de mie,

- ses voisins orange, une couleur vitaminée et estivale bien que ne se mariant pas avec tout, peu bavards (donc peu bruyants),

- ses amis éparpillés aux quatre coins de la France et aux nombreux coins de l'Europe.
Peu envahissants donc, mais n'oubliant pas votre anniversaire, gros envoyeurs de cartes postales, pas radins, gentils et intelligents, évidemment.
Leur répartition géographique permet en outre de se faire de petites vacances à bas prix un peu partout, au bord de la mer, à la campagne, dans de petites villes de province ou des capitales européennes, voire en banlieue parisienne (pour les aventuriers - tickets de RER fournis).
Il y en a pour tous les goûts : les avec enfants et les sans enfants, les fêtards qui ont toujours une bouteille au frais et les casaniers euh...qui ont aussi toujours une bouteille au frais, les sportifs qui vous traînent en rando et les couch-potatoes qui vous gavent de pizza en regardant un DVD, les toujours à se plaindre et les qui vous écoutent vous plaindre, les à voiture et les à vélo, les à poisson rouge et les à lapin.
Il y a même quelques célibataires des deux sexes, si ça peut intéresser un lecteur ou une lectrice en quête de l'âme soeur (mon copain P. fait des soupes maison et monte des étagères, par exemple, et ma copine S. a un cerveau tout aussi rempli que son soutien-gorge - écrire à Pétronille qui transmettra),

- sa Tante Suzon en état d'usage, qui nécessite un peu de carburant de temps à autre mais sait rendre marrante la soirée la plus ennuyeuse. Idéale lors des mariages et surtout des enterrements, où l'ambiance est toujours un peu plombée,

Je creuse l'idée et je vous tiens au courant.
Par Petronille
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Samedi 27 septembre 2008
L'insolite du jour, chers lecteurs, intéresse Pétronille au plus haut point dans la mesure où elle commence à s'inquiéter quelque peu de la rigueur de l'hiver québécois. Quelque peu, c'est un joli euphémisme pour dire qu'elle commence à investir dans les collants en laine, les pyjamas en pilou, les chaussettes bouclette*, bref tout l'attirail de la femme sexy et glamour prête à faire des folies de son corps...

Alors, forcément, l'insolite du jour lui attira l'oeil, et la plongea dans un abîme de réflexion.
Mais lisez plutôt :

Il se trouve que les Anglais, ces veinards grands gastronomes amateurs de gelée verte, de beans à la tomate et de boudin blanc au petit-déjeuner, sans oublier la sauce à la menthe (ça fait cliché, mais je jure que c'est du vécu, hélas...), disposent à présent d'un restaurant fort original, situé à Londres, à la City, quartier des cravates roses (un peu comme dans le 16e arrondissement d'ailleurs, mais ceci est une digression purement malveillante) et des malettes en cuir.

Ces hommes d'affaires distingués peuvent désormais se rendre au Green Door Bar and Grill  pour déguster, pour la modique somme de 75 livres (près de 95 euros tout de même), le menu ingurgité par les explorateurs de l'expédition au Pôle Sud de Sir Ernest Shackleton (1874-1922). Il se trouve en effet, lecteurs, que la directrice du restaurant est une admiratrice inconstestée de l'explorateur, dont l'expédition fut toutefois, soulignons-le, un désastre. Aussi a-t-elle décidé de proposer à ses clients ce menu "spéciale dédicace" comme on dit dans les mauvaises émissions de radio avec une voix nasillarde.

Mais où est donc l'insolite, me direz-vous quelque peu décontenancé.
L'insolite réside bien entendu dans le fait que ce menu comporte... tadamm...  plus de 6000 calories, soit trois fois l'apport quotidien nécessaire à une femme adulte. Même Pétronille avec sa surconsommation de chocolat est très loin d'atteindre ce plancher, c'est dire...

Voilà donc l'Anglais propre sur lui déboursant près de 100 euros pour s'ingurgiter tranquillement entre deux rendez-vous avec d'influents banquiers :
- des morceaux de lard grillés arrosés de bière, recouverts d'une sauce aigre-douce (1 292 calories)
- un ragoût d'oie (Shackleton le faisait avec du pingouin, aussi pourrait-on légitimement s'insurger de voir le menu originel non respecté), de corned beef, de flocons d'avoine et de pommes de terre, accompagné encore et toujours d'une bonne bière tiédasse (1 292 calories aussi)
- 570 grammes de boeuf, de gratin de chou-fleur, de champignons, d'épinards à la crème, de frites, de vin rouge et d'une "boisson pétillante sucrée" que d'aucuns aiment à appeler "soda", bref vous voyez de quoi on parle (2 150 calories)
- Et, last but not least, en dessert, un fondant au chocolat accompagné de deux boules de glace et d'une boisson glacée vanille/noix de coco (1 500 calories).

L'histoire ne dit évidemment pas si le cours de la Bourse londonienne a pâti de la lourdeur de l'estomac de ses vaillants traders. L'appareil digestif anglais étant plutôt résistant, on s'inquiète relativement peu pour lui, mais tout de même, il me semble que le climat perfide-albionesque est relativement différent de celui du Pôle Sud.

Cela dit, moi, Pétronille, j'ai scupuleusement noté ce menu dans mes tablettes, afin de le reproduire dans ma future maison québécoise (car oui, au Québec, j'ai décidé d'avoir une maison,  en bois avec une balancelle devant, ainsi qu'un chien gros et baveux, et un vaporisateur de gaz poivré anti-ours. Voilà). Alors bien sûr, non seulement ça dégouline de calories, mais en plus on est en droit de douter du caractère délicieux des plats. Si encore on se régalait à déguster ces mélanges hasardeux, mais il y a fort à parier que ce ne soit ni beau à voir, ni bon à sentir, ni même à manger (enfin, c'est là mon avis tout personnel d'amatrice de boeuf bourguignon maison).

Mais bon, je suis prête à faire des sacrifices pour vivre au Québec, et s'il faut boire de la bière et du vin rouge en mangeant un fondant au chocolat, je le ferai. La Reine (ici, je pose ma main sur mon coeur) ne regrettera de m'avoir choisie comme une de ses futures sujettes. Je hisserai haut l'étendard de la gastronomie anglaise , et je rajouterai une poutine** pour faire bonne mesure.

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Source de l'insolite : l'internaute.com

* Pour les innocents et les habitants des endroits chauds qui ne sauraient pas ce qu'est une chaussette bouclette, c'est CA.

** Pour les non-québécois curieux n'ayant pas encore déjeuné, la poutine, c'est CA et encore CA, à savoir LE plat traditionnel québécois : des frites, du cheddar, de la sauce brune.
D'après certains puristes, la sauce brune doit être relevée de vinaigre et de sirop d'érable.
Si vous ajoutez des petits pois, vous avez une poutine Galvaude.
Avec du poulet en plus c'est une poutine Galpoute.
Et avec de la sauce spaghetti, c'est (tenez-vous bien) une poutine italienne.
(J'ai bon, Catherine ?)

Ah j'ai pas fini de rigoler, culinairement parlant, au Québec...!
(sans offense aucune, hein, Catherine ?)
Par Petronille
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