Amie lectrice, ami lecteur, bienvenue sur mon blog tout neuf, au nom poétique et quelque peu angoissant, me semble-t-il parfois, surtout après quelques verres de mauvais vin (le bon vin ayant plutôt tendance à me rendre optimiste, ce qui est d’ailleurs un excellent indicateur de la qualité d’un vin, mais passons, là n’est pas le propos).
Je m’empresse de te rassurer : je ne m’appelle pas vraiment Pétronille, et je ne suis pas vraiment dans la tourmente.
(Et je ne sens pas la menthe, mais tu t’en doutais déjà)
"Quoi ? un blog au titre mensonger ?" siffleront les mauvaises langues, toujours promptes à se repaître des erreurs des autres pour mieux oublier de se gratter la poutre qu’elles ont dans l’œil.
Mets-toi à ma place, ami(e) lecteur(rice), et comprends que je souhaite conserver un anonymat des plus confortables, pour des raisons hautement estimables qui tiennent en une seule : je n’ai pas envie de dire qui je suis.
"Mais pourquoi?", me demanderas-tu, ébahi et quelque peu consterné(e).
Tout simplement parce que je suis peut-être :
- la fille (cachée ou non) d’un ministre et on sait que dans ces périodes électorales, nul et surtout nulle n’est à l’abri, il n’y a qu’à voir combien les compagnes journalistes d’hommes politiques sont priées de se terrer pendant la campagne de leur homme, avec pour seule occupation le remplissage fastidieux de leur déclaration d'I.S.F.,
- une prof de fac estimée qui parle chaque jour devant des centaines d’étudiants malingres mais néanmoins malins qui auraient vite fait de me reconnaître et de glisser l’air de rien sur internet une photo de moi avec de la craie sur les fesses ou dérapant sur l’estrade (ou les deux en même temps, humiliation suprême), rien que pour être désobligeants,
- une instit au bord de la crise de nerfs qui se retrouverait avec le tableau recouvert de « Pétronille » avec toutes les fautes d’orthographe requises chaque jour jusqu’aux grandes vacances et qui n’oserait plus regarder les parents (ou plus souvent, les nounous) en face à la sortie des classes,
- une top model aussi belle que maigre, profitant des séances de bronzage pour me mettre à jour dans la lecture de « Oui-oui » en mâchonnant un bout de céleri (je caricature ? ah ?), qui deviendrait la honte de la profession si l’on apprenait qu’elle sait écrire,
- une boulangère affable à la poitrine avenante qui n’oserait plus sourire (quand bien même ses dents ne seraient pas tachées par le tabac) si ses clients se reconnaissaient dans des descriptions peu flatteuses et soi-disant inventées,
- ou toute autre créature divine souhaitant s’exprimer en toute quiétude sans risquer d’être reconnue par des internautes qui feraient mieux de bosser un peu au lieu de lire des blogs, soit dit en passant, mais qui suis-je pour juger ?
Alors, bienvenue à vous, chers lectrices et lecteurs, en espérant que mes quelques délires verbaux qui se justifient pleinement par un besoin urgent de décompresser de temps en temps entre deux crises de travail aiguës, vous permettront de vous détendre un peu aussi (la modestie étant mon moindre défaut).



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