Pétronille, sa vie, son oeuvre

Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /2007 14:58

Aujourd'hui, Pétronille (moi, donc) a la grippe, la vraie, la méchante qui donne la goutte au nez, l'impression d'avaler en continu une grosse pelote d'épingles (alors, permettez mais merde, Sisyphe à côté, son supplice, c'est vraiment une broutille, mais bien sûr, les bonshommes se plaignent tout le temps), une humeur massacrante (voir parenthèse précédente…), une fièvre carabinée et une tête à faire peur que ne renieraient pas les japonaises chevelues et rampantes des films d’horreur… bref, aujourd’hui Pétronille est malade et pas à prendre avec des pincettes. Ce qui explique son silence ces derniers jours, d’autant que, l’Education Nationale n’étant jamais la dernière à y aller de sa petite blague, Pétronille n’a pas encore de Sécu. Car notre bien-aimée administration de l’Education Nationale ne lui a toujours pas envoyé sa feuille de paie de décembre 2006 (alors janvier 2007, on n’en parle même pas… !) parce que c’est quand même drôlement long à imprimer, à mettre dans l’enveloppe, à poster, on n’est pas aux pièces quand même, donc Pétronille n’a pas encore assez de feuilles de paie à présenter à la Sécu pour s’inscrire.

 

Alors vous comprendrez, lectrices et lecteurs de mon cœur, qu’aujourd’hui, rongée par la fièvre, le dépit, le chagrin et l’envie d’un gros pot de Nutella à manger à la cuillère (mais passons…), Pétronille se plaigne un peu.

 

Merci de votre compréhension et de votre compassion.

 



 

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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /2007 12:57

En ce délicieux jour de printemps, tandis que les timides bourgeons se recouvrent de neige, Pétronille n’a plus d’eau chaude.

Ce matin, un matin comme les autres, pourtant, avec son lot de voisins bruyants et/ou malodorants, de réveils tressautants, de thé trop infusé, de beurre mal refermé qui a pris l’odeur du jambon dans le frigo, et de pluie battante sur les toits de Paris, Pétronille, dans son innocence naïve, a glissé un pied nu, puis l’autre, dans la douche, attendant qu’elle fasse son office, à savoir la réveiller et la réchauffer. Si la première mission a parfaitement été accomplie, au-delà de ses espérances, la seconde fut un vrai désenchantement.

 Est-il besoin de préciser que c’est lorsque Pétronille s’est retrouvée moussue de la tête aux pieds, les cheveux collants de shampooing, que la chaudière a émis un cliquetis d’agonie, avant de renoncer, et que le jet d’eau est devenu glacial ?

 Titubant, mouchetant toute la salle de bain et la cuisine de mousse noix de coco, Pétronille attendit donc, nue et frigorifiée, que la bouilloire chauffe un minimum d’eau, avant d’aller se rincer, bien moins gracieusement que dans les pubs de gel douche dans lesquelles les femmes se savonnent au ralenti avec un regard extasié.

 Alors, je vous le demande, comment voulez-vous que cette journée commence bien ?? Vous avez déjà essayé de laver un couteau à beurre à l’eau froide, vous ? Et si oui, est-ce que ça ne vous a pas plombé votre journée, hum ? 

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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 17:40

Aujourd’hui, Pétronille (moi, donc) s’est fait livrer sa nouvelle machine à laver.

Monsieur Darty lui a gentiment enjoint de se lever tôt ce matin, car les livreurs passeront probablement entre 7h30 et 8h30, puisqu’ils ont d’autres livraisons dans le quartier. L’œil éteint et le pas hésitant, Pétronille émerge donc à 7h, savourant médiocrement la joie d’une douche revogorante et glaciale à souhait. Elle enfile son dernier pull propre depuis que son ancienne machine l’a lâchée, laquelle, achetée d’occas’, aura survécu à peine un an et son décès prématuré autant que subit a obligé Pétronille à arpenter les allées de chez Darty aux Halles (paisible, donc) le soir en sortant de la bibliothèque, à l’heure où elle rêverait plutôt de se faire masser les orteils en sirotant un bon whisky écossais. L’Education Nationale rémunérant à coups de trique les contractuels comme Pétronille, et les deux tiers de sa paie engraissant la SNCF, comme nous le savons (il serait mesquin d'y revenir sans arrêt), Pétronille hésita peu longtemps devant le choix de machines neuves toutes plus rutilantes les unes que les autres, chromées, à réglages électroniques etc. : elle choisit la moins chère, évidemment, qui n’était cependant pas la moins volumineuse.

Bref.

En ce matin de printemps pluvieux et moche, Pétronille attend donc dans son unique pull propre l’arrivée en fanfare des livreurs de chez Darty. 

11h30, Pétronille, qui n’est pas du matin, est morte de faim (elle n’a pas osé sortir faire quelques courses, et se retrouve donc forcée de suçoter un morceau de pain dur), et marmonnant des insultes à base d’animaux poilus, attend.

12h15, Pétronille est au bord des spasmes d’inanition.

 ...

13h20 : alléluia, miracle, joie, bonheur, merveille, voilà les livreurs de chez Darty, bénis soient-ils, qui transportent allègrement l’énorme machine. Après de brèves mais intenses péripéties (la machine ne serait-elle pas plus grosse que la salle de bain elle-même ? Et si oui, comment faire pour l’installer ?), la machine calée dans les ¾ de la salle de bain, les livreurs s’apprêtent à partir lorsque Pétronille demande innocemment si l’un d’entre eux veut bien prendre une minute pour lui expliquer comment marche cette petite merveille de technologie, totalement différente de l’ancienne machine, puisque le compartiment à lessive est subdivisé en 4 sous-compartiments (que mettre où ?), que le bouton a 12 fonctions et qu’il n’y a pas de notice livrée avec.

Regard effondré du livreur A, qui se demande à haute voix dans quel monde on vit, je vous le demande, si les femmes ne savent plus d’instinct faire fonctionner une machine à laver.

Hé oui, lecteur, parce que, tiens-toi le pour dit, la femme possède bien lové au cœur de son ADN ancestral, le gène dit « des ustensiles ménagers ». C’est un gène qui existe depuis la nuit des temps, et si les femmes des cavernes ne l’utilisaient pas encore, c’est simplement parce les machines à laver et autres lave-vaisselle n’avaient pas encore été inventés. Ce petit gène se terrait donc tranquillement dans l’ADN féminin, attendant son heure, et s’est réveillé au milieu du XXe siècle, transformant les femmes en d’exquises et parfaites créatures sachant naturellement faire vrombir un aspirateur et tourner une machine à laver.

Le livreur A semble donc découvrir avec stupeur que je souffre d’une terrible maladie génétique : mon gène ménager serait endormi tel celui de la femme de Cro-Magnon, et je devrais sérieusement songer à stimuler mon cerveau afin de réveiller mes talents ménagers.

Sans blague, tiens, au fait, c’était pas la journée de la femme, le 8 mars ? C’est quand même pas de bol de se faire livrer une machine à laver pile l’une des 364 journées de l’homme… !  

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Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /2007 10:16

Aujourd’hui, Pétronille a du soleil, de l’eau chaude (Alléluia !!!) et une nouvelle coupe de cheveux. Telle Galaad, elle se sent arrivée au bout d’une quête longue et solitaire. Solitaire car les copines, et surtout les Parisiennes, rechignent curieusement à partager le nom de leur coiffeur.
 

Longue, car tout commença un beau jour de printemps, lorsque, lassée d’un homme et de la coiffure qui allait avec, Pétronille décida de couper et la relation, et les cheveux, histoire de se sentir un peu plus légère. Dans le salon branché en bas de la rue, elle fut remise entre les mains expertes de Lucas qui entreprit, je cite, de « te faire telle que je voudrais que tu sois » (comment résister, lectrice, je te le demande ?). Ce fut une belle réussite, mais comme dans toute belle histoire, Lucas l’inspiré disparut mystérieusement un beau matin, et bien qu’ayant écumé tous les salons de la ville, Pétronille ne le retrouva jamais. Sa remplaçante, longue créature aux cheveux roses, avait de grands projets pour Pétronille : plus court sur les côtés, plus long sur les yeux et le nez, plus frisotté dans le cou…Pétronille sortit plus légère de 40 euros + 10 euros de lamentations téléphoniques auprès de maman + 40 euros pour l’achat urgent d’un chapeau qui cacherait la misère.


Désespérée, elle se tourna vers une valeur sûre : maman, toujours, qui recommanda chaudement son propre coiffeur, plus cher mais Pétronille le valait bien, et lui aussi. John-Paul, Dieu grec (comme son nom ne l’indique pas) tout en muscles fins mais néanmoins saillants, prince du pantalon moulant et du t-shirt légèrement trop court, homosexuel torride, posa ses mains sur les cheveux de Pétronille en murmurant : « Qu’est-ce que je vous fais, hum ? ». Le seul son qui sortit de la bouche de Pétronille étant : « RRRRRRRR », la lectrice imaginera le résultat capillaire, à base de brushing que ne renierait pas une actrice des Feux de l’Amour entrant dans sa maison déjà toute éclairée. Pétronille y retourna quand même, pour les beaux yeux du coiffeur, jusqu’au jour funeste de son déménagement à Paris, où la quête recommença.

 

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Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /2007 10:19

Qu’importe, me voilà dans la capitale, les bons coiffeurs doivent abonder, si on en croit les magazines que je lis dans le train. Pour plus de sûreté, je jette mon dévolu sur une grande enseigne. L’endroit est blanc comme l’intérieur d’un frigo, les employés tous de noir vêtus affichent la mine sinistre des tops models sur les podiums, les écrans plats font défiler des sylphides souriant de tous leurs cheveux. On me propose un thé drainant (vexant ou pas ?).

 

Le patron en personne me demande ce que je veux :  

Moi : « Je voudrais couper plus court » 

Lui : « Ah non, désolé, je ne peux pas le faire, c’est totalement out, le court cet hiver. Cet été, ce sera in, donc on coupera, mais pour l’instant, les belles filles sont celles qui ont les cheveux longs » 

Moi : « … ??… » (interloquée, donc)

 

Ni une ni deux, empaquetée dans un peignoir moelleux, je me retrouve shampooinée (au soin nourrissant, je l’apprendrai plus tard, quand la facture sera gonflée de 10 euros) tandis que Stéphane, le Pierre Bellemare du 4e arrondissement, me vante les mérites de leur démêlant maison qui démêle (encore heureux), nourrit, assainit, protège du vent ( ?), bref il a toutes les vertus, pour un peu il ferait téléphone portable et wi-fi, et tout ça pour la modique somme de 39,99 euros taxes comprises.  J’aime bien quand le coiffeur a l’air d’insinuer que mes cheveux ne sont pas sains, ni nourris, et que mon téléphone portable est moche…

 

Tandis qu’il me coupe (peu) les cheveux, il me raconte sa vie, il a regardé la Reine Margot à la télé hier soir – « la Saint Bâââââârth, quelle horreur quand même ! ». Tadamm, il a fini, je me regarde, j’ai la même tête qu’avant, tout ça pour le bonheur de payer 65 euros (ben oui, c’est Paris). Gloups.

 

C’est là que j’ai juré, telle Scarlett O’Hara de retour à Tara (la carotte et la mèche folle en moins, forcément, je suis toute pleine de gel), de ne plus jamais mettre un de mes délicats doigts de pieds chez un coiffeur, parisien de surcroît.

 

 Jusqu’à aujourd’hui, jour béni où je suis passée devant la devanture d’un coiffeur délicieux, gentil et talentueux, et du coup, lectrice, tu auras beau me supplier à deux genoux en invoquant les démons de l’Enfer, je ne te donnerai pas son adresse, peut-être que je suis en train de virer parisienne…   

 

Par Petronille - Publié dans : Pétronille, sa vie, son oeuvre
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