Les joies du travail (...!!!)

Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /2007 10:55

Pétronille (moi, donc) exerce le plus beau métier du monde : celui d’éduquer la belle jeunesse de notre beau pays, toujours assoiffée de connaissances et désireuse d’apprendre. 


Parfois, lorsque je me tape des heures de train juste pour aller enseigner deux heures à de jeunes adultes encore sous le choc d’être sortis presque indemnes des émois de la puberté et qui découvrent les joies des beuveries estudiantines qui leur inspirent des poèmes exaltés en plein pendant mes heures de cours, je me prends à rêver.

Je me prends à rêver à ce qui aurait été si je n’avais pas aimé faire des études, et si je ne m’étais pas fais suer les genoux à faire 10 ans d’études après le bac.


Si je n’avais pas fait ces études, je ne serais pas aujourd’hui à 30 ans l’heureuse détentrice d’un emploi précaire payé à coups de trique par l’Education Nationale. Je ne travaillerais pas dans deux villes à la fois, à savoir celle où j’habite et celle où je me rends deux fois par semaine en train et qui se trouve à l’autre bout de la carte de France.


Je ne donnerais pas gracieusement la moitié de ma paie à la SNCF (qui n’a même pas la bonté, en remerciement, de faire arriver ses trains à l’heure pour m’éviter d’attendre la correspondance deux heures à 23h30 sur un quai de gare désert et venteux). Si vous y ajoutez le prix d’un loyer à Paris pour quelques mètres carrés au dernier étage sans ascenseur sur un palier habité par des êtres étranges (je ne parle même pas des impôts et de la mutuelle des profs, car je n’ai pas vocation à faire pleurer dans les chaumières), vous imaginez le standing d’une jeune trentenaire diplômée qui fait cours avec des trous dans ses chaussettes.


Alors que si j’avais eu l’intelligence de me spécialiser dès les jours bénis de mon adolescence dans une formation professionnalisante, je serais aujourd’hui chauffagiste et je pourrais faire attendre des mois les gens en panne de chaudière qui me béniraient quand j’arriverais enfin chez eux, telle le Messie avec sa boîte à outils, et les sauverais d’une pneumonie galopante pour la modique somme de 690 euros taxes comprises, et encore c’est un prix d’amis, je ne vous compte pas le joint que j’ai du remplacer à mes frais (et qui vaut 0,57 centimes chez Monoprix). J’aurais tellement de travail, et la demande serait si énorme, que je pourrais demander 120 euros rien que pour enlever 2 boulons pour faire mon diagnostic et ensuite je demanderais 45 euros rien que pour écrire sur une feuille à en-tête « DEVIS » la somme que requerrait le travail de mes mains expertes (alors que quand je corrige 180 copies en une semaine, je ne gagne rien, si ce n’est le droit d’investir dans un stock de stylos rouges et le sentiment du devoir accompli). Et puis après, j’enverrais mon jeune apprenti de 10 ans faire le boulot tout seul, il y passerait la journée, m’appellerait 16 fois sur mon portable pour me dire « je trouve pas le trou où mettre le tournevis » et autres phrases à fort potentiel de stress pour le client, inonderait la salle de bain, s’ouvrirait l’index, maculerait de sang les serviettes éponges du client qui commencerait à se demander si la pneumonie n'aurait pas mieux valu que la crise cardiaque, finalement, quand on y réfléchit. 


Mais je m'égare et je laisse mes problèmes personnels de démêlés chaudièresques prendre le dessus sur le reste.  

 

Tout cela pour te dire, cher lecteur, qu’à moins d’être très haut placé ou pistonné chaudement, le jeune prof vit dans une galère noire et aucun chanteur engagé n’en parle, même pas Pascal Obispo qui pourrait avoir l’obligeance de rameuter ses troupes pour leur faire chanter en chœur « la complainte du jeune prof » et offrir la recette (c’est-à-dire 1% du prix de chaque CD acheté) à la Caisse de Secours du jeune prof en détresse (à créer d’urgence). 

Par Petronille - Publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Mercredi 21 février 2007 3 21 /02 /2007 09:56

Aujourd’hui, Pétronille (moi, donc) est perplexe. 

 

Je viens de recevoir sur ma messagerie privée (le premier mystère est donc de savoir comment cette information ultra confidentielle s’est répandue comme une traînée de poudre sur le campus) un mail alarmé (et alarmant) d’un étudiant (de 22 ans), que je retranscris ici pour l’édification de mes lecteurs bien aimés afin que ceux qui ont des enfants en bas âge les prennent en main dès à présent et autant dire tout de suite dans l’immédiat et afin que ceux qui sont les heureux propriétaires d’adolescents leur suppriment leur forfait SMS, c’est pour leur bien, et pour celui de leurs profs, qui vous en seront éternellement reconnaissants, et « ça n’a pas de prix », comme dirait une pub hilarante malgré elle. 

Mais jugez plutôt :  

« Mdme G 1 pb ac le td pr 2min G pa trouV le book Q vs ns avé KonCyé il lon + a la BU & je sé pa koi fer »


 Après un conciliabule enfiévré avec ma petite sœur de 16 ans – une beauté doublée d’un cerveau bien fait, est-il besoin de le préciser puisque les lecteurs l’ont déjà deviné ? – j’ai pu obtenir une traduction à peu près fidèle du message en question qui dirait en substance : 


« Chère Madame, je me permets de vous écrire sur votre messagerie personnelle pour vous signaler que j’aurais des difficultés à préparer le TD pour demain dans la mesure où le livre que vous nous avez conseillé la semaine dernière a déjà été emprunté par un autre usager de la Bibliothèque Universitaire. Je vous remercie de votre compréhension et vous souhaite une bonne journée, Etudiant X »


 Tout lecteur qui aurait une meilleure traduction peut évidemment la proposer, qu'il soit asssuré qu'elle sera lue avec intérêt et plaisir.

Par Petronille - Publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Mardi 27 février 2007 2 27 /02 /2007 11:58

Pour mon travail, je suis parfois amenée à dormir dans des hôtels à petit budget (un indice qui prouve que je ne suis pas top model…), essentiellement situés aux abords des gares, et qui portent tous des noms exotiques de type : « hôtel de la gare » ; « hôtel de la place de la gare » ; « hôtel gare centrale ». J’aime bien, ça évite les confusions.  

Comme j’arrive tard le soir, je suis donc amenée à entrer en contact oral avec deux catégories bien distinctes de personnes :  

 

1)      le chauffeur de taxi :

Il y a différents genres de chauffeurs de taxi et je tiens à dire ici que 99% d’entre eux sont des gens charmants, aimables, polis, gentils, serviables, sans qui je serais condamnée à traîner ma carcasse vaseuse malmenée par les retards SNCF sur mes petits pieds fatigués pendant des kilomètres dans une ville inconnue et souvent un peu glauque la nuit avec pour seule arme une valise à roulettes qui fait sur le pavé un bruit que ne renierait pas un Airbus en train de décoller. Qu’ils soient ici remerciés (les chauffeurs, pas les Airbus).

 

2)      le veilleur de nuit de l’hôtel

 

 Mais, évidemment, les cieux n’étant pas cléments avec moi, je me coltine souvent le 1% restant. A savoir : 

- le fumeur compulsif qui s’allume une clope pendant que la première fume encore allègrement dans le cendrier 

- le chanteur de disco qui pointe un doigt en l’air au rythme des hululements d’Imagination (à toutes fins utiles, je rappelle aux lecteurs qu'il est une heure du matin et que je sors de plusieurs heures de train)

- le colérique qui veut à tout prix débattre, là, à une heure du matin, de sujets aussi délicats que le génocide arménien, le conflit israélo-palestinien, la canonisation de Jean-Paul II, les sans-papiers, les SDF, les contrôleurs fiscaux…

 - l'indélicat qui n’a pas de monnaie et empoche mes 30 euros quand la course en valait 21,50

 - l’ami des bêtes qui te demande de ne pas prendre trop de place pour ne pas réveiller son berger allemand prénommé…je vous le donne en mille…Rex, qui ronfle sur la banquette arrière

- le salaud qui refuse de te prendre sous prétexte que tu ne vas pas assez loin, et que la course ne lui rapportera pas assez. Il te propose donc d’attendre gentiment à minuit qu’un autre taxi daigne arriver, mais comme de nuit ils ne sont que deux à se relayer, je vous laisse imaginer le temps d’attente toute seule place de la gare…

 

 Quant aux veilleurs de nuit, si la plupart sont extrêmement gentils, j’ai eu la chance de rencontrer la perle rare, le veilleur de nuit à 10 000 dollars, celui que les autres pays nous envient. A peine suis-je entrée dans le vestibule de l’hôtel à 2 heures du matin, épuisée par six heures de train assise en face d’une famille nombreuse braillarde à fort potentiel migraineux, les cernes violacées, le teint fadasse, la tronche en biais, le manteau de traviole, croulant sous le poids de mon sac à dos géant qui donne à mon ombre l’allure d’un Quasimodo des temps modernes, qu’il me siffle de manière qu’il croit flatteuse. Je n’ai pas eu le temps de dire mon nom que déjà il me complimente en précisant quand même que j'ai les cheveux teints et que lui n'aime pas ça, il trouve que ça fait troupeau, ces femmes qui se teignent les cheveux au lieu de garder leur couleur naturelle, et qu'elles se jetteraient sous un pont si on leur disait de le faire.

J'encaisse (Tiens, mes doigts se crispent autour de la poignée de mon sac). 

Il m’accompagne à ma chambre et me la fait visiter. Etonnant quand on sait qu’elle se compose d’une petite pièce de 6 m², avec un lit et une tablette de bois pour tout meuble. Des fois que je me perde... Une heure plus tard, il téléphone dans ma chambre pour savoir si je suis bien installée et en profite pour me réciter son CV, agrémenté de la longue liste de toutes ses lectures intellectuelles depuis le 5 juillet 1986, date à laquelle son monde a basculé quand Mme Lourdingue, sa prof de français de 4eB, lui a fait découvrir les joies insoupçonnées de la lecture de Jean-Jacques Rousseau. Quand il raccroche, je dors, la joue plaquée contre la moquette du mur et la bouche entrouverte.

 

Cet état de béatitude ne dure hélas que quelques minutes puisqu’une sonnerie stridente se met à retentir dans le couloir, et il se passe quelques instants avant que je comprenne qu'il teste les nouvelles sonneries de son téléphone portable. Au bout de 25 sonneries, quand je réalise qu'il peut y passer le nuit, je surgis comme une furie, vêtue de mon pyjama en pilou (mais tu peux m’imaginer en nuisette de soie sauvage rouge, lecteur, si le cœur t’en dit) et lui signale que je me lève dans 4 heures et que je suis épuisée. A quoi le veilleur de nuit me répond que si j’étais vraiment aussi fatiguée que je le prétendais, aucun bruit ne pourrait m’empêcher de dormir… !

 Voilà une aventure édifiante et parabolesque à méditer.

 Je devais rester 3 nuits, je me suis enfuie avec armes et bagages (enfin, surtout bagages car si j’avais eu une arme, cet homme ne serait plus de ce monde aujourd’hui, et le téléphone non plus) le lendemain matin. 

 

Par Petronille - Publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /2007 12:54

La bonne nouvelle du jour est que Pétronille (moi, donc) a survécu à la grippe, et sans antibiotiques puisque c'est pas automatique, comme chacun sait. La voici donc de retour à son travail. Car Pétronille est une bonne fonctionnaire : elle tombe malade pendant les vacances scolaires, histoire d'être en pleine forme à la rentrée, si ça c'est pas du dévouement au Mammouth (je mets une majuscule parce que c'est quand même un gros Mammouth).

La voilà donc de retour à son travail, pour découvrir, ô joie, sa nouvelle collègue, toute en fond de teint et sourire carnassier, qui s'appelle Sabine mais pour préserver son anonymat nous l'appellerons Nadine, c'est quand même plus correct.

Nadine est une semi-blonde, elle fait des mèches pour lui donner l'air de rentrer de la plage (150 euros foutus en l'air chez le coiffeur, puisque de toute façon, elle rentre effectivement d'une semaine cannoise). Seules les mauvaises langues diraient que ce sont ses talons aiguille rouge sang et ses seins rebondis jaillissant inopportunément d'un soutien-gorge trop petit qui lui ont valu de travailler à la fac alors qu'elle n'a passé aucun concours. Car en réalité, Nadine a des seins qui comprennent le monde et qui parlent, si l'on se base sur le fait que les collègues masculins s'adressent à eux plutôt qu'à elle.

Nadine fut chaudement recommandée par son ancien chef. Et le nouveau, d'ailleurs, se remet à manger avec nous le midi.

Pourtant Nadine a une vie effroyable, et si tu la connaissais, lecteur, tu la plaindrais. En effet, Nadine est surbookée, elle est tout le temps fatiguée, elle a trop de trajets à faire en avion (et Dieu sait si la clim' est traîtresse en avion !) entre ici et Cannes où le climat est quand même plus clément, mais comment vous faites pour vivre ici ? (je sais pas, moi je vis super loin, la SNCF en sait quelque chose) ou entre ici et son ancienne fac où elle continue à faire des recherches avec son ancien chef dans le but de publier des articles à la pelle.

Alors forcément, Nadine n'a pas le temps de préparer les TD, mais ça tombe quand même drôlement bien, puisqu'on fait les mêmes, je n'aurais qu'à lui passer les miens, autant qu'ils servent plutôt que de les stocker ensuite dans un classeur où ils ne seront plus utiles à personne, non ? C'est pas une super idée qu'elle vient d'avoir pour m'aider à rentabiliser mes cours ? 

Bref, la Pétronille que je suis aime déjà rudement sa nouvelle collègue…

Par Petronille - Publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Jeudi 29 mars 2007 4 29 /03 /2007 17:35

Il y a quelques jours, mue par des besoins impérieux de recherche, Pétronille est allée à la Sorbonne.   


Il faut te dire, lecteur, que Pétronille n'est pas une véritable parisienne, (sinon, elle serait en train de braver les lois de l'hiver et de la pneumonie en se baladant dans la rue pieds nus dans des ballerines dorées avec des leggins léopard) mais que c'est l'amour qui lui a fait suivre l'Homme dans la capitale. Or, une lancinante question s'est rapidement posée : où emprunter des livres un peu pointus à Paris ?


Ayant lu sur le site de la Sorbonne que le service prêt était accessible aux étudiants et enseignants, et se reconnaissant dans cette dernière catégorie grâce à son flair hors normes, elle s'est donc rendue, très excitée, dans ce lieu mythique.


1e découverte : la Sorbonne est un lieu sous haute protection et surveillance et non accessible à n'importe quel malotru qui s'aviserait d'y poser un de ses orteils bouffis (si si). Alors que Pétronille passe paisiblement et un peu émerveillée sous le porche, elle se fait immédiatement arrêter par l'un des 3 gardiens postés devant (car la Sorbonne , comme le Palais de l'Elysée, est un lieu sous haute protection) : 

-          Dites Mademoiselle, vous allez où comme ça ?   

-          Euh..pardon…excusez-moi…( la Pétronille est de nature à s’excuser pour un rien), je suis bien à la Sorbonne  ? (à sa décharge, comme il y a plein d’entrées, c’est pas forcément évident)

-          Vous avez votre carte ? 

-          Non, je viens m'inscrire à la bibliothèque. 

-          Vous avez votre carte ? 

-          Euh...non, je ne suis pas étudiante, je suis enseignante, je viens m'inscrire à la bibliothèque (sourire désarmant et grands battements de cils) 

-          Pour entrer, il me faut votre carte de bibliothèque 

-          (soupir immense mais intérieur) : mais, je ne l'ai pas encore puisque je vais seulement m'inscrire, là. Ils vont me la faire et je viendrai vous la montrer. 

-          Sans carte, je ne peux pas vous laisser entrer  


 Ca aurait pu durer longtemps comme ça, mais il se trouve que l'attention des gardiens a été retenue par une touriste japonaise qui osait prendre en photo la façade vénérable et interdite de la Sorbonne , car tous comme les sites d'essais nucléaires russes, la Sorbonne ne peut être photographiée sous peine de graves sanctions (pour s'en faire une idée, voir "Don't drink the water", de Woody Allen).


Pétronille, sachant saisir les bonnes occasions au vol, se glisse prestement dans la cour et se rend dans l'escalier vétuste mais prestigieux qui mène au service inscription (3e étage). Elle rejoint une file de gens au regard vide et aux mollets tendus, debout sur les marches en bois pourri, appuyés contre le mur à la peinture craquelée, qui attendent leur tour. Elle prend place dans la queue, au milieu de l'escalier, pas très confortable, mais la bibliothèque de la Sorbonne , ça se mérite, qu'on se le dise.


Quand vient enfin son tour, elle décoche son plus beau sourire au Monsieur en face d'elle et lui explique sa situation en étalant devant lui tous les justificatifs et papiers nécessaires à une inscription en bibliothèque, à peu près autant que pour aller en mission sur Mars, les aptitudes de survie en apesanteur en moins.


2e découverte : oui, le site signale que le prêt est accessible aux enseignants et étudiants, mais seulement ceux de la Sorbonne , ça semblait inutile de le préciser. Pétronille a donc beau habiter à 20 minutes de métro (justificatif à l'appui : facture de réparation de chaudière... voir mésaventures précédentes) et enseigner à Paris (et province), elle porte une tare indélébile : elle n'a pas fait ses études à la Sorbonne , et ne peut donc pas emprunter des livres.


Elle apprend avec une certaine surprise et de grands yeux écarquillés que si elle avait fait ses études à la Sorbonne mais qu'elle habitait et enseignait à Perpette-la-Galette, un bled paumé au milieu de nulle part et desservi par aucune route, là où les hommes attaquent les adolescents boutonneux et égarés à coups de tronçonneuse, elle aurait le droit d'emporter là-bas des dizaines d'ouvrages de la Bibliothèque. La conclusion qui s'impose est que quand on s'inscrit à la Sorbonne , on nous met une puce sous la peau qui permet de nous localiser à coup sûr dans un rayon de 25 000 km.


Le Monsieur est attendri par le désarroi visible de Pétronille et lui assure, avec une lueur de compassion dans l'œil, qu'il voudrait bien l'aider mais que les ordinateurs ont été programmés pour justement éviter que toute personne travaillant à la Sorbonne éprouve ce sentiment rédhibitoire qu'est la sympathie pour autrui, et que même s'il voulait tricher pour ses beaux yeux, l'ordinateur se bloquerait automatiquement. Pétronille se retrouve donc avec une carte lui permettant de consulter des livres sur place, ce qui n'est pas idéal quand on doit recopier presque intégralement une thèse de 850 pages.


Lorsqu'elle ressort enfin, elle assiste devant le porche d'entrée à sa 3e découverte : un étudiant sorbonnard accompagné d'un ami voudrait entrer juste pour déposer un papier à l'entrée. Il pleut à torrents, ils n'ont pas de parapluie et leur mèche romantico-sorbonnarde pendouille misérablement sur leur visage trempé. Le gardien laisse entrer le 1er et oblige le second à attendre sous la flotte (le porche étant réservé aux détenteurs de carte).


Tout ceci est à suivre, parce que, croyez-moi lecteurs bien-aimés, ce n'est qu'un début... 

 

Par Petronille - Publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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