Vendredi 20 juin 2008
Aujourd'hui, Pétronille, se rendant gaillardement à l'autre bout de Paris pour son rendez-vous ANPE, lit Direct Matin, ce journal gratuit qui permet de se cultiver et d'avoir des conversations intéressantes même lorsqu'on a passé sa journée dans le métro, et tombe sur cette petite phrase, émise par la bouche même d'un sénateur UMP dont on ne dira rien ici parce qu'on a pour éthique de ne pas attaquer les gens sur leur physique : "C'est quand même anormal de vouloir donner de l'argent de l'Etat [...] à des gens qui ne veulent pas travailler parce qu'on les paie trop".

Pétronille sent soudain tout le poids de la honte lui écraser les épaules (plus le sac à dos d'un monsieur). Tu dois le savoir, lecteur, Pétronille est une vilaine, vilaine chômeuse. Pétronille prend tes sous, gagnés à la sueur de ton front, et s'en sert pour rester toute la journée dans sa maison, vautrée sur son canapé (ceci est une image, hein, je n'ai même pas de canapé), les doigts de pieds en éventail, à siroter du Porto en bouquinant, et à s'abrutir de téléfilms de M6 à base de bébé handicapé volé à la maternité par une infirmière psychopathe qui est en fait un homme (je résume, mais c'est souvent bien plus compliqué que ça, ces intrigues télévisuelles).

Pétronille va même probablement plus loin et pousse le vice jusqu'à boire l'argent du contribuable dans les bars mal famés du 16e arrondissement où elle regarde des matchs de foot en boucle à s'en faire péter les pupilles.

Et bien sûr, Pétronille refuse absolument de chercher du travail. Elle préfère rester là comme une grosse crêpe, engraissant tranquillement grâce aux deniers de l'Etat, et entretenant se cellulite à coups de tablettes de chocolat achetées avec tes sous, lecteur imprudent.

Honte à elle, jetez-lui des pierres à cette feignasse dépravée.

Ouais, euh...bon...comment dire... je dois quand même rectifier un ou deux trucs.

D'abord, je continue à payer des impôts sur ce que j'ai gagné l'année dernière. Donc les sous que me verse l'Etat sont aussi les miens, que je verse régulièrement au Trésor Public depuis 5 ans.

Ensuite, contrairement à la vision idyllique dépeinte ci-dessus, il faut savoir que les téléfilms de M6, c'est chiant. Que passer des journées sans parler à personne, sans se sentir utile, c'est chiant aussi. Et que je ne demande que ça, moi, de retravailler. J'adore ça, moi, travailler.

Monsieur le Sénateur dit que je suis trop payée.
Voyons.
L'année dernière, je gagnais plus de 2000 euros (dont 1/3 directement reversé dans les caisses de la SNCF, qui s'en servait probablement pour payer les grévistes à cause de qui je ratais mes trains). Aujourd'hui, j'en touche à peine 900 (ce qui n'est déjà pas si mal, par rapport à d'autres).
La moitié de ce que je touche part dans le loyer, l'électricité, le gaz, le téléphone.
Restent 450 euros dont 100 partent aux Impôts ci-dessus mentionnés.
Restent 350 dont 50 de Sécu et Mutuelle, et 50 de tickets de métro pour me rendre dans les bibliothèques où je travaille (car je gagne encore trop pour bénéficier de la réduction sur les transports).
Restent donc 250 euros par mois (soit 8 euros par jour) pour manger, m'habiller, me laver, m'acheter des livres... sachant qu'en plus l'Assédic oublie parfois de signaler au Rectorat
que j'ai "pointé" (en tant que chômeuse de l'Education Nationale, c'est le Rectorat qui me "paie" : je "pointe" aux Assédic, qui préviennent le Rectorat, qui me verse des sous), je suis souvent payée avec 15 jours de retard. Donc 250 euros pour vivre à Paris pendant 45 jours, je me demande si c'est vraiment 'trop"... (heureusement que je n'ai pas en plus des enfants à charge, je me demande comment font les mères et pères de famille).

Alors, bien sûr, l'ANPE m'a proposé, "au vu de mes compétences" (..?!?) de devenir commerciale en téléphonie mobile à mi-temps (pour info, mon portable personnel est un millésime 1999, c'est dire si j'y connais quelque chose ! Par contre, je peux peut-être mettre mes compétences à profit pour vendre le dernier N*kia "bleu Klein" ou le dernier Ericss*n avec Picasso en fond d'écran ??). Je gagnerai donc encore moins, mais je retrouverai ma dignité bafouée, je pourrai quitter le monde des statistiques infâmantes pour rejoindre les honorables travailleurs et marcher la tête haute dans les rues sans faire honte à mon pays, qui me nourrit.

Alors voilà. Mes parents ont travaillé pendant 35 ans pour me payer des études, et travaillent encore aujourd'hui pour me prêter des sous quand l'Assédic m'oublie. Je suis docteur. J'ai travaillé et cotisé pendant 5 ans. Je veux travailler. On est plein dans ce cas, des jeunes trentenaires diplômés, dynamiques, motivés, à se retrouver à chipoter sur le prix de la motte de beurre parce qu'on a à peine de quoi payer notre loyer. Et parce qu'il y a effectivement quelques profiteurs, l'Etat nous stigmatise et nous demande de vendre des téléphones portables.

Ce serait bien que les gens qui prennent des décisions pour le bien de tous descendent de leur monde tout rose pour voir comment c'est, concrètement, la vraie vie.

Au fait, ce n'est pas aussi l'Etat (et donc, les contribuables, dont je suis) qui paient le salaire des sénateurs, dont, je vous signale 25 % n'est pas imposable ?
par Petronille publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Mercredi 5 décembre 2007
Oyez oyez, chers lecteurs, Pétronille, contrairement aux apparences, est toujours en vie, bien qu'un peu gelée aux extrémités, et si elle n'écrit presque plus sur ce blog, ce n'est pas parce que l'envie lui en manque, mais plutôt le temps. Hé oui, lecteurs, votre Pétronille bien-aimée délaisse en ce moment la chaleur (...!) et la quiétude (...!) du foyer pour les chaises en bois et murs bétonnés de la BNF.

Ah, la BNF... Tout un poème. Lorsque plus jeune, et donc plus innocente, Pétronille fréquentait les bibliothèques municipales et archives départementales (peuplées de grands-mères généalogistes qui aimaient à se retrouver pour commenter à voix haute les problèmes d'infertilité de leur gendre et les pustules de la voisine), elle aimait à rêver qu'un jour elle aussi, elle travaillerait sous la lumière douceâtre des lampes vertes, dans le confort et les odeurs de cuir.

Mais la BNF, ça se mérite, lecteurs, ça se mérite. Et entre le moment où vous fermez votre porte et celui où vous vous asseyez enfin devant votre livre, il s'en est passé des choses...et du temps !

Mais jugez plutôt. D'abord, la BNF, c'est loin. Vous me direz, c'est relatif, évidemment, mais pour Pétronille, aller à la BNF, ça veut déjà dire se taper 40 mn de métro avec l'ordinateur dans le dos, et avec changements s'il vous plaît, ce qui implique de monter des marches, en descendre d'autres, en remonter, car vos savez bien, lecteurs parisiens, que les escalators dans le métro sont toujours en panne.

Une fois arrivée à bon port, il y a encore des marches, puisque les 4 tours sont montées sur une estrade en bois, casse-gueule au possible par temps de pluie, rejetant des bouffées d'air chaud en pleine canicule, sans un poil d'ombre ou d'abri. Bref, passons. Essoufflée, mais la cuisse alerte, Pétronille, après tous ces escaliers, redescend ensuite jusqu'à l'entrée, où un monsieur étudie le contenu de son sac et la passe au détecteur de métaux.

Vous la croyez arrivée ? Que nenni ! Il faut encore laisser son sac au vestiaire, et mettre ses affaires essentielles dans un sac en plastique transparent, qui montre à tous vos vieux mouchoirs en papier et autres stylos rognés.

C'est le moment d'aller retrouver la place que Pétronille a préalablement réservée, des jours à l'avance, sur internet. Il faut pour cela passer un premier tourniquet en y insérant la carte de lecteur. Puis pousser une lourde porte métallique qui ouvre sur un sas, tirer une seconde porte (et se déboîter l'épaule au passage), pour se retrouver dans un paradis de béton et de lumière artificielle, muni d'un escalator qui vous fait descendre dans les entrailles de la bête...et encore un second escalator, un second tourniquet, un troisième tourniquet, une autre porte à pousser, un nouveau sas, une autre porte à tirer (qui achève définitivement votre épaule). Après tout ça, il faut reprendre et son souffle, et sa contenance, prendre vite fait un rendez-vous chez le kiné pour son épaule, et traverser les couloirs à la recherche de sa salle.

Vous noterez donc, lecteurs, qu'entre le moment où vous arrivez devant l'entrée, et le moment où vous vous asseyez, il peut se passer un temps relativement long, pour finir par se retrouver à côté d'une fille qui écoute du Wagner à fond dans ses écouteurs, et d'un monsieur qui pousse des gémissements dans son sommeil, tout cela sans lampe verte et sans cuir, mais plutôt entourée de béton armé grisâtre, avec une pointe de lumière du jour qui filtre par-dessus les cloisons de bois.

Je ne vous parle même pas (mais en fait, si, je m'apprête à le faire), des toilettes, dans la mesure où il vous faut prévoir à l'avance que vous aurez envie de faire pipi dans 10 minutes, car le temps de retraverser le couloir et de passer les deux portes, le sas, le tourniquet, et d'emprunter un nouveau couloir vers les bas-fonds dignes des buanderies des films d'horreur américains où l'héroïne aime à faire sa lessive vers 2 heures du matin alors que tout le monde sait que le FBI recherche un dangereux psychopathe, les accidents arrivent vite... C'est ça aussi, les joies du travail en bibliothèque...
par Petronille publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Mercredi 29 août 2007

Aujourd'hui, Pétronille réalise que même à 30 ans, on peut encore découvrir des choses. Certaines sont agréables, comme réussir à bronzer des mollets ou et puis d'autres se révèlent des expériences éprouvantes. Prenons totalement au hasard parmi un choix donné d'expériences éprouvantes : aller aux Assédic pour la première fois.

L'Education Nationale étant ce qu'elle est, mes pauvres amis, Pétronille se retrouve aujourd'hui chômeuse, oui oui, vous avez bien lu. Après avoir enchanté la triste existence d'étudiants persuadés que l'art gothique consiste à porter du rouge à lèvres noir, Pétronille a vu revenir au bercail l'enseignant qu'elle remplaçait depuis maintenant 3 ans. Il a donc bien fallu lui rendre ses chères têtes blondes.

Alors aujourd'hui, Pétronille a posé son mignon peton dans les locaux de l'Assédic de son quartier. Locaux, d'ailleurs, tellement bien dissimulés qu'elle a mis un petit moment à les trouver. Délicatement, elle ouvre la porte menant à l'accueil et, humant l'air moisissant, fait son plus beau sourire à la dame , qui s'empresse de lui dire que cette porte est condamnée, et qu'il faut à présent, pour rejoindre les locaux, contourner le bâtiment, descendre un escalier dérobé, s'engouffrer sous un petit porche et ouvrir la première porte qui se présentera. Ah ? Bon. Pétronille s'en va donc, secrètement admirative des ruses gouvernementales en matière de baisse du taux de chômage : en effet, lecteurs, plutôt que de simplement condamner la première porte, ils ont embauché une dame qui reste assise toute la journée derrière son comptoir défraîchi et répète inlassablement que non, ici, il n'y a rien d'autre qu'elle, merci de prendre l'autre porte.

Bref.

Arrivée dans les vrais locaux, Pétronille reçoit un billet numéroté, comme au supermarché, au moins c'est familier. Pourtant elle est la seule personne vivante dans le hall, mais on ne plaisante pas avec le règlement sinon tout fout le camp et les chômeurs n'apprendront jamais la discipline bordel. Bref (bis). Soudain, son numéro s'affiche en rouge sur le panneau lumineux, c'est son tour. Oui, mais elle va où ? Des dizaines de portes sont alignées les unes à côté des autres dans un couloir fleurant bon le linoléum verdâtre de nos écoles maternelles. Derrière la porte n°1, le monsieur rougeaud qui relève la tête de ses Sudoku n'est pas très content de la voir et la renvoie vite fait dans le couloir. C'est alors qu'une jeune fille flegmatique émerge de la porte n°8 et appelle Pétronille, vous croyez qu'on n'a que ça à foutre, d'attendre que les chômeurs trouvent la bonne porte ? Bon. Bref.

Pétronille explique sa situation : oui, elle a de jolis petons, oui elle a un joli petit minois, mais surtout elle a fini son contrat à l'Université, et se retrouve grosjean comme devant, comme on dit vulgairement dans les campagnes reculées et aux repas de sa Tante Barbe, après 4 ans de bons et loyaux services à essayer de tirer vers le haut une jeunesse dépravée mais néanmoins fort attachante.

"Hum", répond la jeune fille, furieusement absorbée par le vernis de son index qui s'écaille un peu, quand même. Elle sourit chaleureusement à Pétronille et lui explique que, ayant travaillé en fac, ce ne sont pas les Assédic qui vont l'indemniser, mais le service de l'Université, qu'il faut contacter d'urgence sous peine de voir sa demande repoussée de plusieurs mois. Ensuite, il faudra que Pétronille pointe aux Assédic, qui écriront à l'Université pour lui donner le feu vert du paiement. Que du simple, en fin de compte. Oui, mais à l'Université, c'est bien connu, on est encore en vacances le 30 août, mademoiselle, sauf votre respect. Hé ben tant pis, vous n'aurez qu'à vivre 3 mois à Paris sans argent, prenez la porte n°1, merci au revoir.

Ah?

Revoilà Pétronille dans le bureau du monsieur aux Sudoku, quelque peu perturbée par les spectres grandissants et grimaçants du loyer, des impôts, de l'électricité, de la mutuelle, de la nourriture, et autres trucs générateurs de dépenses. Gloups. Le monsieur aux Sudoku lui annonce avec une joie non dissimulée que ça tombe drôlement bien, quand même, car le domaine de la charcuterie recrute beaucoup, on manque de bouchers et de plombiers, c'est dire. Après un échange émouvant de regards médusés, il comprend qu'il a lu un 8 au lieu d'un 3 dans le code métier de Pétronille : la voilà qui repasse en une seconde, grâce au tout-puissant géant informatique, du statut de bouchère-charcutière-tripière à celui d'enseignante. Ouf.

Rendez-vous est pris pour la semaine prochaine, à l'ANPE cette fois, où, lui explique-t-il joyeusement, on pourra vous soutenir dans votre vocation de professeur des écoles, mademoiselle, même si on ne peut rien faire pour vous, puisque c'est l'Education Nationale qui recrute. Difficile de lui expliquer posément qu'en fait Pétronille enseigne l'histoire de l'art, et que de toute façon, elle n'a pas le concours de professeur des écoles, donc on voit mal comment elle pourrait soudain se retrouver environnée de charmants bambins de type Kelly et autres Steven, comme ça, sans prévenir.

Au bout de cette éprouvante mais ô combien enrichissante demi-heure, Pétronille est donc rentrée chez elle le sac lesté d'une riche et pesante documentation sur les joies du chômage, aussi claire et compréhensible qu'un mode d'emploi de lave-linge, et heureuse propriétaire d'une carte de chômeuse qui "vous permet d'entrer gratuitement dans les musées, c'est quand même une bonne nouvelle, non, ma petite demoiselle ?". Ben oui, parce que comme je vais être sans le sou pendant 3 mois, je pourrai toujours aller me réchauffer devant l'église d'Auvers-sur-Oise.

par Petronille publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Jeudi 14 juin 2007

Aujoud'hui, Pétronille a fait passer des oraux de rattrapage. Hé oui, joie de la réforme LMD (on attend avec impatience la nouvelle réforme du nouveau gouvernement, y'en aura forcément une, hein, maintenant qu'on arrive à peu près à se dépatouiller avec le LMD, ils vont bien nous proposer autre chose), le rattrapage n'a plus lieu en septembre, mais fin juin, soit 10 jours après que les étudiants aient eu leurs notes de 1e session. Difficile d'imaginer qu'en 10 jours ils soient devenus brillants...et effectivement...

Pétronille étant jeune (30 ans, c'est pas si vieux, hein ?) et souriante, les étudiants sont en général contents de passer avec elle plutôt qu'avec son collègue au bord de la retraite (et de la dépression professorale, mais ça nous guette tous, hein ?). Donc, ceux que le tirage au sort a envoyés vers Pétronille sont plutôt contents. Sauf Vanessa, qui pousse un soupir d'une tristesse à fendre le coeur des plus imperturbables équarisseurs, et referme prestement les trois boutons de son chemiser qui donnaient une vue plongeante sur son nombril via son décolleté. D'autant que la Pétronille moyenne n'étant pas dotée de protubérances mammaires exagérément développées aurait tendance à être un peu aigrie face à ce déballage inopportun.

S'ensuit la valse des tirages de sujet, des "m'dame j'peux pas retirer ? Et encore une fois ? J'peux pas choisir mon sujet ?", des tremblements de menton (comment se fait-il que 99% des étudiants aient révisé la totalité du cours, sauf le sujet qu'ils viennent de tirer ?).

Dieu soit loué, Allan a eu son année, pas de crachotement intempestif sur les examinateurs, on est tous soulagés. Par contre, défilent devant Pétronille :

- l'étudiante qui fait du chantage affectif : "non j'ai rien appris, je ne sais même pas quelle matière vous êtes censée enseigner puisque je ne viens jamais en cours, mais Madame, si vous saviez par quoi je suis passée, vous me donneriez 10, voire 11, parce que je me suis fait opérée de l'appendicite en octobre dernier, et j'ai souffert, vous imaginez pas, alors j'ai pas pu venir en cours ces 9 derniers mois"

- l'étudiant étranger, sympa, beau gosse, souriant, italien, mais dont vous ne comprenez pas un strict mot de ce qu'il dit. Dilemme : quelle note lui mettre ? On sait jamais, peut-être qu'il a dit des trucs justes, comment savoir ? Pétronille ne peut quand même pas lui faire répéter la même phrase pour la 36e fois, ça va finir par paraître louche...

- la footballeuse de haut niveau, totalement nulle en cours, mais que de hautes instances font toujours passer au niveau supérieur, parce que quand même, pour une fois que la fac a quelques joueurs de foot de qualité, on va pas les emmerder avec les études, hein (sourire entendu) ? On se croirait dans Forrest Gump, tu cours, t'as tes exams. Elle tombe sur "la lumière dans les édifices gothiques". Elle me dit "tout ce que je peux dire, c'est qu'il y a de la lumière dans les édifices gothiques". "Hum...vous pouvez préciser ?"., demande une Pétronille fatiguée qui lorgne sur son paquet de Kinder maxi. "Non, j'en sais pas plus". Et à la fin de la matinée, elle vient me voir dans mon bureau pour me demander combien je compte lui mettre. Elle voudrait savoir s'il y a des chances que son oral lui vaille au moins un 8, elle personnellement, elle se mettrait 9, parce qu'elle sait bien qu'en ne disant qu'une seule phrase on ne peut pas avoir la moyenne, mais au cas où je serais sévère, elle préfèrerait être préparée...

- le grand baraqué qui débarque moulé dans un marcel taille 12 ans qui doit servir de chemise de nuit à sa petite soeur, pectoraux gonflés à bloc, qui se met à sangloter comme un bébé au bout de 2 minutes.

Bref, de grands moments encore, pour cette session. Je vous épargne les perles de type "Louis XIV s'appelait le Roi Soleil parce ses cheveux bouclés faisaient comme des rayons", on va croire que j'invente.

par Petronille publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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Jeudi 31 mai 2007

Au cas où, un peu étourdis, mais ça arrive à tout le monde, vous ne l'auriez pas remarqué, chers lecteurs bien aimés, Pétronille vit dans un monde merveilleux où les belles jeunes filles s'appellent Pétronille (...!), où les princes sont charmants et ont de gros biceps qui ne les empêchent pas de mijoter des petites ratatouilles maison, où les sushis du dimanche midi ne vous restent pas sur l'estomac, où la pluie ne mouille pas, où la chaudière est votre amie, où les gens sont si gentils et souriants que pour un peu ils chanteraient des chansons en pleine rue en balançant autour d'eux leur regard de faon malade à la Orlando Bloom (oui, j'ai pas pu m'empêcher de le placer, son charisme de mollusque marin m'ayant scotché à mon siège de ciné hier soir, mais c'est une autre histoire).

Alors forcément, quand dans la vraie vie, les gens, ils ne sont pas gentils, et pire, ils sont même méchants exprès, c'est toute la conception de l'existence de Pétronille qui dégringole et fait des boules aux chevilles comme de vieilles chaussettes trop larges mais qu'on met quand même parce qu'on les aime bien.

Alors ce soir Pétronille est en rogne et a son petit menton qui tremble et se demande ce qu'elle fout là, hein, dans ce monde de requins, avec ces gens moches, finalement, et méchants, ce qu'on ne peut tout de même pas reprocher à Orlando Bloom, y'a des limites à la critique gratuite.

par Petronille publié dans : Les joies du travail (...!!!)
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