L'avis de Pétronille (qui vaut ce qu'il vaut)

Vendredi 6 avril 2007

Aujourd’hui, l’avis de Pétronille porte sur la délicieuse Audrey Tautou et l’étonnante propension des scénaristes à lui faire prononcer à l’écran des phrases d’anthologie qui lui ont valu et lui vaudront encore certainement une consécration incontestée aux Gérards de la pire réplique.

Cette année, c’est elle qui a obtenu la prestigieuse et disputée récompense pour son cultissime « ah ben ça alors ! » accompagné d’un regard écarquillé en réponse à la non moins kitschissime réplique (prière de sur-articuler toutes les syllabes) : «vous-êtes-la-des-cen-dan-te-de-Jé-sus-Christ» (ah ah), dans l’adaptation cinématographique du bouquin le plus mal écrit des dix dernières années, et néanmoins le plus lu dans le métro, ce qui laisse songeur un peu, quand même…

Mais passons.

Gageons que les Gérards 2008 ne laisseront pas passer la nouvelle réplique sirupeuse à souhait que la jolie Audrey a du prononcer dans Ensemble, c’est tout, et que Barbara Cartland elle-même (voire un scénariste de saga de l’été) aurait pu écrire, à savoir « j’ai peur…j’ai peur de toi…j’ai peur de moi…j’ai peur de tout… », qui l’emporte de justesse sur le non moins poétique « je suis déjà parti dans ma tête » de Guillaume Canet (excellent acteur au demeurant, peut-être le seul qui pouvait prononcer cette phrase naturellement sans que toute la salle se moque – trop - de lui).

Voilà, l'avis de Pétronille pour aujourd’hui, c’est donc : on a déjà le téléfilm de l’après-midi de M6 pour ce genre de choses, merci bien, alors donnez de vraies belles phrases à Audrey Tautou, merci bien (bis).
Par Petronille
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Jeudi 12 avril 2007

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, Pétronille fait de la pub, de manière totalement désintéressée car Pétronille n’est liée à la personne dont il est question en aucune façon : nous n’avons pas de liens de parenté, je ne lui dois pas d’argent, nous n’avons pas été à la maternelle ensemble, nous n'avons pas la même couleur de cheveux et hélas nous ne partageons pas le même compte en banque… bref, une pub neutre, qui n’a d’autre objet que de faire partager à mes lecteurs bien-aimés un peu de finesse dans ce monde de taxis pas sympas et de retards SNCF (passons).

Alors aujourd'hui, sous vos yeux ébahis, Pétronille recommande Jehro, vivement, chaudement, et vivement encore.
Mais pourquoi, me direz-vous en haussant un sourcil étonné ?
Parce que dès que vous allez commencer à l'écouter, ce sera déjà trop tard, vous ne pourrez plus vous en passer.
Et dès que vous l'aurez vu en concert, deux heures de boeuf non-stop et deux rappels (je précise pour les inconscients qui, voyant la lumière se rallumer, sont partis après le 1er, hé hé), vous aurez envie de sauter partout, et vous le ferez (le lendemain, sachez-le, vous aurez mal partout, parce qu'on n'a plus 15 ans, hein ?). Pour tout dire, de tous les concerts que Pétronille a faits, et non des moindres, avec voix éraillée et courbatures à la clé, celui-ci fut le meilleur, sans conteste.

Par Petronille
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Lundi 21 mai 2007

Aujourd'hui Pétronille, ayant décidé de cultiver un peu son côté américain du Delaware (voir Wayne's World pour saisir l'allusion finaude), avait le choix entre se gaver de cheeseburgers dégoulinants de sauce barbecue, regarder une émission de télé-évangélistes en transe à la télé, se faire crêper des mèches blondes sur le haut du crâne ou se faire un blockbuster américano-patrioco-nul. Ne voulant pas perdre le bénéfice de sa crème anti-cellulite, n'ayant pas le câble et tenant à ses cheveux rouges, elle s'est rabattue sur la dernière proposition en allant voir Spiderman 3 au ciné.

Elle s'est trouvée là devant un film à la fois fin et subtil, lecteurs, car oyez combien l'intrigue recèle des abîmes de profondeur puisque notre jeune héros poupin, loin d'être toujours le gentil petit américain bien propret, est en fait affublé lui aussi d'un côté sombre qu'il n'hésite pas à explorer dans cet opus, ce qui se matérialise concrètement par quelques claquements de doigts accompagnés d'un déhanché "groovy" lorsqu'il marche dans la rue. Et pour que le spectateur ne s'y perde pas trop devant tant de complexité, le scénariste a eu la bonne idée que voilà : lorsque le héros est méchant, il est facile de le savoir puisque sa mèche est ramenée sur ses yeux, tandis que quand il est gentil il garde sa bonne coupe de Ken des sixties. Et dire que sa gourde de fiancée ne voit même pas la différence, toute occupée qu'elle est à ressasser ses malheurs et à serrer les fesses dans ses petites jupes droites qui lui donnent le côté gracieux de l'asperge, le fondant en moins.

Heureusement, nous sommes aux Etats-Unis, le pays où la morale est toujours sauve, et grâce à sa vieille tante qui lui assène des phrases dignes d'être brodées sur un oreiller de type "tu es quelqu'un de bien" etc etc..., le héros reprend le dessus, et surgit dans sa tenue arachnéenne devant le drapeau américain flottant au vent, prêt à en découdre avec les méchants, dont un n'est pas si méchant, puisqu'il a un coeur, chers lecteurs, ce qui se matérialise là aussi dans sa contemplation larmoyante du portrait de sa petite fille. Tout cela sous le regard énamouré de la population de la ville, composée à 95 % de bombes sexuelles de 25 ans aux dents blanches et chevelures hollywoodiennes.

Ah, que voilà une bonne bouffée d'américanisme bien primaire, on s'attendrait presque à voir débouler Orlando Bloom au détour d'une scène, l'oeil humide et le menton qui tremble.

Par Petronille
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Jeudi 19 juillet 2007

S'il y a une tradition pétronillesque à laquelle il est difficile de déroger, particulièrement quand on s'appelle soi-même Pétronille, c'est bien celle du film du dimanche soir. Souvenez-vous, lecteurs trentenaires, du jingle émouvant annonçant le film du dimanche soir, lorsque vous étiez petits et que vous deviez aller vous coucher, et plus vite que ça, tu t'es brossé les dents, qui signifiait que le week-end était fini. Aujourd'hui, le film du dimanche soir dans toute sa splendeur, à savoir peuplé de Steven Seagal aussi loquaces qu'une huître, de Schwarzenegger tout en mâchoires serrées, et de Mel Gibson encore appétissants, n'existe plus (ou mal).

Heureusement, pour pallier ce manque télévisuel, il existe l'alternative cinématographique pétronillesque communément appelée "la bonne bouse du dimanche soir". Hé oui, lecteurs, il y a des films qui ne peuvent être vus au cinéma que le dimanche soir, lorsqu'après une journée riche en balades en tous genres, expos photo, musée et lecture avide sous un arbre, il vous reste tout juste assez de forces pour vous écrouler avec un petit sachet de bonbons tout en gélatine à fort potentiel de vache folle et en saccharose de synthèse (comptez environ 5 € pour trois bonbons), sur un siège moelleux devant un écran qui va vous diffuser un film devant lequel vous n'aurez ab-so-lu-ment pas besoin de réfléchir, d'autant que le lendemain le boulot reprend. Aaaaah, c'est bon.

Dimanche soir fut donc le soir "Die Hard 4", il est de retour, il en redemande. Après une belle expo, un peu de vélo et une pinte désaltérante, il ne manquait que Bruce Willis pour que la journée se termine en beauté. Toute la plus pure tradition du blockbuster américain déployée rien que pour vos yeux. Des méchants européens, allez hop, finis les films de guerre froide avec les méchants soviétiques à front bas et les films plein de terroristes barbus, on essaie de se montrer moins manichéen. Mais surtout, des méchants increvables, il faut bien le dire. La belle plante qui se prend moult directs du droit bien sentis en plein dans le nez, et qui, pour faire bonne mesure, se fait jeter dans moult étagères et vitres (c'est fou le nombre de vitres à briser qu'on peut trouver dans un bureau du FBI de nos jours) avant de se faire écrabouiller par une voiture contre un mur, se relève toujours, là où une Pétronille normale aurait succombé et rendu l'âme dans un affreux crachotement de sang au bout du 2e coup de poing, en étant optimiste. Même chose pour les autres méchants, défoncés par des voitures, tombant d'hélicoptères en flammes, dont le corps a probablement été génétiquement programmé pour résister aux pires douleurs, ah ils sont forts ces méchants.

Pourtant, pourtant, ils périssent progressivement sous les coups d'un seul homme, peu avare en phrases cultes et finaudes de type "je ne suis pas un héros, petit" ; "je ne fais que mon boulot, gamin", "je me bats seul contre tous car sinon personne ne le ferait, mec". Le second degré des premiers opus a été oublié au passage ; on n'est plus dans l'Amérique conquérante des années 90 mais dans celle qui doute et qui a peur. Et c'est là qu'on se pose la question tragique qui avait déjà alerté Austin Powers, grâces lui en soient rendues : mais les scénaristes pensent-ils à la famille des hommes de main ? Quelqu'un imagine-t-il que tous ces hommes musclés sanglés dans des combinaisons noires, faisant exploser des tunnels et piratant le système informatique du FBI, aiment à jouer au base-ball avec leurs petits rouquins le dimanche après-midi tandis que leur fidèle épouse fait refroidir l'apple pie sur le rebord de la fenêtre ? Hein, vous y pensez un peu, hum ?

Des méchants, enfin, qui n'apprennent décidément rien de la destinée des milliers de méchants qui les ont précédé. Futurs méchants, on ne vous le dira jamais assez : pourquoi buter systématiquement tous les gens inutiles tandis que vous menacez pendant des heures le héros de votre flingue ? Cessez de parler et de lui expliquer le pourquoi du comment, cessez d'attacher des otages qui ne vous servent à rien.

Voilà, ceci était la fin des conseils pétronillesques pour un public de futurs méchants à gros yeux et mâchoires carrées. Et la fin de cet article hautement intellectuel pour un public de lecteurs qui a/ sont coincés au boulot alors que leurs copains se dorent la pilule sur une plage de sable fin, et ont donc besoin de lire n'importe quoi qui les éloigne un peu du boulot ou b/ sont en vacances, l'esprit tellement léger qu'ils peuvent lire n'importe quoi ; dans les deux cas, félicitations, pour n'importe quoi vous êtes au bon endroit !

Par Petronille
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Lundi 24 septembre 2007

Tout être humain branché qui se respecte, à plus forte raison s'il vit à Paris, se doit d'ouvrir de grands yeux extatiques quand on prononce devant lui les mots suivants "rugby", "coupe", "all blacks", "chabal" et autres termes du champ lexical du rugbyphile. A Paris, tout ne vibre que rugby. Les gamins balancent de mini ballons ovales dans les eaux troubles des bassins du Luxembourg. Les parisiens blasés enjambent des supporters à fort potentiel éthylique ronflant bras en croix et kilt de travers au beau milieu de la rue de Rivoli. Les parisiennes moins blasées tirent brutalement le bras de leur amoureux qui fait une pause devant chaque bistrot pour voir où en est le score. Les branchés de tous bords arborent les couleurs de leur pays préféré et se font des rugby parties au cours desquelles les hommes enchaînent les "oh essai !!!" tandis que les femmes commentent le physique des joueurs. Les téléviseurs des gares font défiler de petites anecdotes désopilantes sur les pays en compétition pour vous faire patienter tandis que votre TGV a 1h15 de retard. Les quais du métro, les devantures des cafés, les vitrines des magasins dégueulent des affiches politiquement correctes de type "le rugby, c'est beau si on se respecte tous les uns les autres" ou encore "le rugby, c'est fort comme la solidarité" et autres messages christiques un peu douteux.

Alors que Pétronille peut bien vous l'avouer, lecteurs, au risque d'effarer ses copines parisiennes : elle ne comprend rien au rugby. On a bien essayé de lui expliquer les règles de base (d'ailleurs, "on" ne connaît pas bien toutes les subtilités non plus...), qu'elle a progressivement assimilées, mais elle a du mal à arracher tous ses vêtements de joie quand un essai est marqué (ça finirait par coûter cher, en plus). Surtout qu'elle n'est pas spécialement sensible aux muscles des joueurs, qui auraient tendance à lui foutre un peu les boules, quand même, et à lui rappeler feu son Ken en plastique, le corps carré et le regard vide, avec des petits trous dans sa tête artistiquement réalisés par les canines du chien. Bien sûr, elle jette un oeil quand même, parce que sa copine Paloma, ancienne grande consommatrice de joueurs de rugby du temps béni (selon elle) de ses études dans le Sud, lui a expliqué un soir de beuverie les différences flagrantes existant entre les cuissots des gars de première, deuxième ou troisième ligne ("ben oui, nouille - elle aime bien m'appeler nouille - ils font pas le même effort physique").

Pétronille n'est pas contre, bien sûr, un bon petit match dans un pub tout cosy, le menton délicieusement chatouillé par un délicat fumet de fish and chips et les papilles joyeusement réveillées par une bonne bière au gingembre (si si). Elle ne crache pas non plus sur le plaisir de partager des moments d'intense félicité avec de joviaux irlandais ou de joyeux écossais qui chantent à tue-tête en levant bien haut leur Guinness tout en embrassant tout le monde (oui, ils peuvent faire tout ça à la fois). D'autant qu'il faut bien reconnaître qu'au moins, au rugby, il y a quand même un peu plus d'animation qu'au foot ; ça court dans tous les sens ; ça saigne ; ça se tape dessus ; ça marque des points toutes les cinq minutes, bref, il se passe des choses, ça change...!

Mais elle ne peut pas s'empêcher de se demander si les gens s'exciteraient comme ça pour des compétitions et événements intéressant d'abord des filles. Est-ce qu'on en ferait des affiches dans le métro ? Est-ce que les hommes feraient semblant de s'y intéresser pour plaire à leur chère et tendre ? Est-ce que les télévisions les diffuseraient en prime time, hein, dites, franchement ?

Voilà pour l'avis pétronillesque et néanmoins hautement constructif du jour.

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*Note : la citation du titre a été honteusement volée sur un blog regorgeant de citations rugbyesques : http://nicerugbyfeminin.canalblog.com/archives/les_citations_du_rugby/index.html

Par Petronille
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