Vendredi 23 mai 2008
Pétronille n'étant pas une femme vénale (et c'est probablement un tort), elle a au cours de sa vie utilisé divers moyens mnémotechniques divers pour calculer le prix des choses.

Ainsi, aux temps anciens où elle était étudiante et où les prix s'affichaient encore en francs, Pétronille comptait en escalopes de poulet (la principale source de nourriture pétronillesque à l'époque, ce qui est plutôt admirable dans la mesure où, comme chacun sait, l'étudiant lambda a des goûts italiens qui ont plutôt tendance à le porter vers la surconsommation de pâtes et de pizza).
A l'étal de la grosse Madame Maurice, au beau milieu du marché, l'escalope de poulet fermier se négociait environ 10 francs (ah, c'était le bon temps - soupir). Aussi, quand Pétronille devait pourvoir à une dépense, elle se demandait de combien de jours de viande elle allait se priver (merci d'essuyer une larme compatissante).

Plus tard, devenue un membre éminent de l'Education Nationale (mais si, mais si !), et en tant que tel pourvue d'un salaire (ce dont se félicita la SNCF, qui en récupéra un bon tiers, qu'elle mit probablement à profit en augmentant la dame qui prévient langoureusement les passagers que leur train aura deux heures de retard, ou a carrément disparu dans la nature).
Changeant de standing, elle se mit donc à compter en billets de train pour Florence.
Par exemple (exemple pris totalement au hasard), quand elle dut
se rendre à Strasbourg pour une soirée entre amis et qu'elle découvrit les tarifs du nouveau TGV Est, après avoir cru à une bonne blague, elle finit par se demander si elle ne ferait pas mieux d'empaqueter rapidement une petite robe et des lunettes de soleil et de filer directement à la gare de Bercy direction l'Italie, le chianti, le caffè latte et les ocres de Ghirlandaio.
Et quand son propriétaire refusa de changer le panneau électrique de la chaudière, la condamnant au choix cornélien de
    1) se laver à l'eau froide (c'est bon pour la circulation, mais pas pour l'hygiène à long terme, la motivation s'émoussant vite)
    ou
   2) faire venir elle-même un plombier,
elle réalisa qu'elle pourrait emmener toutes ses copines faire la bringue dans l'Oltrarno pour le prix que lui demandait le chauffagiste rien que pour se déplacer et faire un devis.

Mais depuis qu'elle vit dans le 16e arrondissement, Pétronille a trouvé son maître.
A preuve cette phrase, entendue dans la queue à la caisse du supermarché, prononcée par une dame orange (mais, vous l'aviez déjà deviné), pourvue d'un incroyable chignon méché de blond cendré et d'une paire de spartiates dorées [au cas où vous croiseriez une personne vaguement orangée dont le teint ne vous permette pas à coup sûr de reconnaître en elle une digne habitante du 16e, regardez donc ses pieds : la spartiate dorée ou argentée est le nouvel indice du moment pour les reconnaître].
Discutant très fort de choses et d'autres avec son amie (spartiatée également), elle aborde soudain le sujet de ses couronnes dentaires, sujet palpitant s'il en fut pour les pauvres mortels comme Pétronille qui se coltinent les courses à l'heure de pointe (et un peu culpabilisant quand on est en train d'acheter des caramels).
C'est avec un rire franc découvrant toutes ses dents (que nous savons à présent être fausses) qu'elle déclara :
"Tu te rends compte, j'ai trois sacs Vuitt*n dans la gueule !" (très chic).

Pétronille a décidément du chemin à faire pour devenir un vrai membre à part entière de son quartier.
par Petronille publié dans : La phrase du jour
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Vendredi 21 décembre 2007
Incroyable mais vrai, chers lecteurs, c'est aujourd'hui sous vos yeux éblouis que Pétronille revient faire un tour sur son blog. Non pas qu'elle n'ait plus rien à raconter, loin de là, ni qu'elle n'ait plus envie de partager des choses avec vous, mais elle manque de temps, voyez-vous. Outre le travail intellectuel qu'elle fournit à longueur de journée, lequel se termine immanquablement en migraine et la fait même rêver en ancien français - c'est vous dire si elle travaille dur - elle a dû passer les dernières semaines à piétiner avec des milliers de parisien(ne)s dans les grands magasins à heure de pointe, lorsque la température avoisine les 50°C, et que les grands-mères s'entretuent pour la dernière peluche bébé phoque, tandis qu'un jouet en démonstration fait des bruits ininterrompus de mitraillette. Tout ceci avec en fond sonore la voix de steward du monsieur qui fait des ventes flash quelque part dans le magasin, mais le temps que vous arriviez au 7e étage avec vos paquets, et votre grand manteau sous le bras, la promo de -1,2% sur les pinces à sucre (dont vous n'avez même pas besoin, en plus) vient de s'achever. Pourtant, Pétronille avait décidé de s'y prendre de bonne heure, cette année, ne serait-ce que pour étaler les dépenses assédiquesques sur deux mois. Mais il faut croire qu'un cadeau a plus de valeur si celui qui l'offre a perdu 50% de son poids en eau dans la queue à la caisse au BHV, c'est pourquoi Pétronille a finalement attendu la dernière minute pour s'y mettre, trouvant au passage certains présents tellement jolis qu'elle s'en est acheté un par la même occasion, ce qui a fait brutalement exploser le budget de Noël, hum... bon...passons...

Tout ceci pour en arriver, lecteurs bien-aimés, à la phrase du jour, une rubrique délaissée depuis trop longtemps et qu'il est temps de raviver par une bonne citation désopilante dont Pétronille a le secret. Et Noël est la période toute trouvée pour ce genre d'évènement, puisque vous pourrez aisément la replacer en dégustant une huître juteuse, en arrosant la dinde de sauce, en dissimulant la Marie Brizard sous votre pull avant que Tante Suzon la repère de son oeil perçant, en couvant d'un regard ému le petit dernier qui démonte allègrement son cadeau de Noël à coups de tournevis "pour voir comment c'est fait à l'intérieur". Bref, mille et une situations possibles se prêtent à la déclamation inspirée de la citation du jour, que je vous livre sans plus attendre, même si je suppose que vous la connaissez déjà :

"Quand j'écoute trop de Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne".
(Woody Allen)

Non, lecteurs, ne me remerciez pas, vous savez bien que tout le plaisir est pour moi. En espérant vous avoir aidé à passer un Joyeux Noël.
par Petronille publié dans : La phrase du jour
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Mardi 11 septembre 2007

Aujourd'hui, lecteurs bien aimés, Pétronille fait à nouveau montre de son grand coeur et partage bien volontiers avec vous la phrase du jour. Phrase du jour adaptable, s'il en est, à toutes situations, de la plus drôle à la plus triste, et c'est ce côté universel qui l'a fait choisir par votre servante.

En effet, si toi aussi, lectrice, tu as traversé tout le campus (ça marche aussi avec "tout le bureau", "toute la cour du lycée", "tout le hall d'entrée"... universel, on vous dit) avec le bas de ta jupe fort peu élégamment coincé dans ta culotte, dévoilant ainsi à des regards amusés qui n'en demandaient pas tant un élastique pendouillant et deux gambettes intimidées, la phrase du jour est pour toi.

Si toi aussi, lecteur, tu as un jour abusé légèrement du trou normand au mariage de ta cousine Sidonie, vomissant gentiment dans les vignes sous le regard effaré de tes géniteurs, lesquels se jurèrent mentalement de te déshériter à la première occasion (et voilà le chat empaillé de l'arrière grand-mère qui te passe sous le nez au profit de cette chipie de Sidonie, qui te ressert en douce une lampée de liqueur), la phrase du jour te convient également.

Si toi aussi, par un soir d'automne, telle Scarlett O'Hara échevelée brandissant sa carotte au soleil couchant, tu juras qu'on ne t'y reprendrait plus, oh là là, non merci, que les hommes/les ministres/les plombiers sont tous des salauds (rayez les mentions inutiles s'il y en a), tu peux la prononcer à voix haute.

La phrase du jour, chers amis, est aujourd'hui extraite de ce petit bijou cinématographique qu'est "Chantons sous la pluie" (à voir en VO, s'il vous plaît), comédie musicale sautillante à base de sourires Gene Kelliens. Et je vous la livre sans plus attendre et sans sourciller, faites-en ce que bon vous semble, tatouez la sur votre épaule gauche, brodez la sur votre oreiller, recopiez la à la plume dans votre carnet secret :

"Dignity, always dignity".

 

par Petronille publié dans : La phrase du jour
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Dimanche 29 juillet 2007

La phrase du jour, une fois n'est pas coutume, n'est ni un proverbe indien à fort potentiel poétique quoiqu'un peu brumeux, quand même, ni une citation d'un grand auteur éclairé bien que désabusé. Non, aujourd'hui, Pétronille se la joue plus décontractée, parce que c'est la fin juillet, qu'il fait chaud à Paris, que son voisin imite depuis bientôt 35 minutes le saxophone qui résonne depuis l'immeuble d'en face, et qu'un peu de légèreté ne ferait pas de mal dans ce monde plombé.

La phrase du jour sera donc aujourd'hui une phrase difficilement replaçable dans un dîner familial qui était, jusqu'à présent, le décor traditionnel des citations péronillesques, sous peine que vos géniteurs se glissent un regard totalement désappointé quant à la santé mentale de leur précieuse progéniture (vous, en l'occurence).

A moins que, à moins que, bien sûr, comme Pétronille, vos parents n'aient une prédilection pour un film absolument incontournable, qui réchauffe le coeur des malades coulant du nez sous la couette, fait le bonheur des frères et soeurs lovés sous une couverture et sirotant un thé au whisky les soirs d'hiver, et fait rire aux éclats les amoureux même avant que la bouteille de chianti soit terminée. Un film habité par de blondes héroïnes diaphanes abandonnées par des saxophonistes, par des mafiosi à guêtres trafiquant de l'alcool, par des contrebassistes portant bien la perruque et des milliardaires dansant le tango, un film qu'il vous faut absolument visionner, chers lecteurs, si ce n'est déjà fait, afin de renflouer votre stock de phrases cultes (parce que les passages de La cité de la peur, on les connaît tous, hein, maintenant, alors varions les plaisirs). Un film qui n'est autre que le génial Certains l'aiment chaud de Billy Wilder avec l'inénarrable Jack Lemmon.

Et afin de vous donner envie de vous ruer dessus, chers lecteurs, Pétronille vous fait donc l'aumône de la phrase du jour, qui n'est autre que "Nous étions avec vous à Rigoletto". Ben oui, il faut l'avoir vu pour sourire, donc vous savez ce qu'il vous reste à faire, de toute façon il pleut.

par Petronille publié dans : La phrase du jour
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Mercredi 4 juillet 2007

Aujourd'hui Pétronille, toujours soucieuse de fournir à ses chers lecteurs des réparties cinglantes à utiliser sans modération au cours de soirées entre amis au-dessus d'un Trivial Pursuit qui s'éternise et de toute façon, c'est impossible de récupérer ce fromage orange, depuis quand je m'y connais en course automobile des années 60, hein, franchement, j'étais même pas née je vous signale, et d'ailleurs on ferait mieux de reboire un coup, ou pendant un repas familial débridé à base de terrine de poisson et de grand-mère somnolente, a puisé dans ses ressources insoupçonnées et insoupçonnables pour leur proposer la phrase du jour.

La phrase du jour est de Sacha Guitry, spécialiste de la phrase du jour s'il en est, fournisseur officiel de bons mots depuis un siècle. Alors, pour les apprentis dandys qui veulent lâcher d'un air nonchalant une petite phrase bien sentie au gros nullard de service qui peut être aussi bien le néo-branché en slim gris moulant qui vous interroge sur le dernier bouquin germanopratin à la mode, ou le grand-oncle ancien para qui vous demande si vous ne pourriez pas apprendre un vrai métier où on se salit les mains pour de vrai plutôt que d'écrire des conneries sur internet, voici sous vos yeux ébahis la phrase du jour (applause) :

"Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage".

Voilà, cher lecteur, ne me remercie pas, c'est toujours un plaisir, tu le sais bien.

par Petronille publié dans : La phrase du jour
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