En ce moment

Mardi 15 mai 2007

En ce moment, Pétronille écoute :

          * La BO de The Hours, en boucle, parce qu'elle rédige un article important pour le boulot et qu'autre chose lui donnerait envie de chanter à tue-tête, ce qui nuit passablement à la concentration, comme chacun sait (mais couvrirait la musique du voisin, on y revient toujours).

          * et Dead Can Dance dans le train, parce que ça lui rappelle les cloîtres florentins (ne lui demandez pas pourquoi, elle ne saurait l'expliquer, mais peut-être que ça vous fera ça aussi, lecteur, à Santa Maria Novella, un de ces jours)

En ce moment, Pétronille relit :

          * Le Cercle de la Croix d'Iain Pears, lu pour la première fois sur une délicieuse plage bretonne quand Pétronille était jeune, belle et musclée. Elle se demandait si ce serait aussi bien, lu à Paris quand on a 30 ans et de la cellulite. Réponse : ben oui.

          * Et Les Cendres d'Angela, dans le train, parce que sa belle-soeur (aussi belle que soeur, d'ailleurs) part bosser à Limerick et que, forcément, ça donne envie de relire la prose de Frank McCourt en attendant de prendre un avion pour aller lui rendre visite et se mettre accessoirement minable dans un pub.

          * Et Xavier Barrat I Altet, Contre l'art roman ? mais ça c'est pour le boulot, donc on ne va quand même pas parler boulot sur un blog qui sert à se détendre, bordel !!!

En ce moment Pétronille se nourrit essentiellement de :

          * gaspacho !! Parce que ça rappelle l'Espagne, parce que c'est frais, parce que c'est délicieux quand on rajoute des concombres et du céleri, et parce que, même si avant Pétronille le faisait elle-même selon une recette ancestrale soutirée grâce à un odieux chantage à sa copine Paloma, c'est encore plus facile à préparer quand on l'achète tout prêt (achète toutefois une marque espagnole, sans conservateur, lecteur, sinon c'est de la soupe à la tomate, hein).

Voilà lecteurs, je suis sûre que tout cela vous fait une belle jambe, et je m'en réjouis, et ça me fait plaisir d'y avoir participé.

Par Petronille
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Mardi 3 juillet 2007

Fidèle à son idée un tantinet narcissique que le lecteur avide de détails veut tout savoir sur sa Pétronille bien-aimée (narcissique, on vous dit), Pétronille vous livre en exclusivité quelques détails croustillants sur ce qu'elle fait en ce moment.

Alors, en ce moment, Pétronille lit Prenez soin du chien, de J.M. Erre, un auteur qui possède de nombreux points communs avec Pétronille, dans la mesure où 1) il est enseignant, ce qui lui a permis de développer un humour salvateur, et 2) il décrit la vie dans un immeuble peuplé de fous furieux, cinglés et autres pervers. D'aucuns lecteurs, en lisant son roman, pourraient ricaner en trouvant sa description exagérée, mais Pétronille, pour vivre dans un immeuble maudit environnée de voisins que ne renierait pas un Ed Wood particulièrement inspiré, trouve dans cet ouvrage un écho à sa propre vie (voir la description édifiante de ses voisins). Bref, que voilà un livre bien écrit et drôle qui sert de catharsis à Pétronille, particulièrement lorsque le cracheur fou de l'étage au-dessus descend l'escalier.

En ce moment, Pétronille écoute Thedø , forcément, avec une chanteuse au sang finlandais, on pouvait s'attendre à de petites merveilles, c'est le cas, mais si, mais si, vous connaissez mais vous ne le savez pas encore et Pétronille vous fait partager avec plaisir un bon moment de musique, tenez, vous n'avez qu'à cliquer là : là.

En ce moment, Pétronille a des envies de Bretagne et de Normandie, du bruit du roulement des vagues, d'écume s'écrasant sur les rochers, de cidre brut et de galettes de sarrasin, de petites églises et d'enclos paroissiaux, il faut dire aussi, que certaines bloggueuses que je ne nommerai pas afin de conserver leur anonymat (mais vous pouvez cliquer ici si le coeur vous en dit) balancent sur le net des photos de dunes, d'herbes folles, de mouettes, de remparts, et d'Atlantique scintillant, alors forcément, la Pétronille moyenne, enfermée dans sa tour d'ivoire alias son immeuble parisien, environnée du cracheur fou (voir plus haut), de l'imitateur de klaxons et accessoirement dresseur de chiens fantômes, des fêtards nocturnes adeptes de la vaisselle à trois heures du mat', de l'instit échevelée errante et du pervers scato du 2e, ça lui donne comme envie d'aller se jeter un peu d'air iodé derrière la cravate.

Et pour finir sur une note culinaire qui n'a strictement rien à voir avec le reste, mais après tout, le but  des blogs n'est-il pas de mettre tout ce qu'on veut, hein, je vous le demande, ma bonne dame, y'a plus de saisons, bref, en ce moment, Pétronille se nourrit de poulet, mais ça, c'est comme d'habitude. Le jour où Pétronille va devenir végétarienne, l'industrie volaillère française va se prendre une claque, qu'on se le dise, il est d'ailleurs peut-être temps de prendre des mesures avant que Pétronille ne file à l'étranger, mais je m'égare et je ne sais plus ce que je disais de palpitant.

Par Petronille
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Mardi 18 septembre 2007

Chers lecteurs, je suis au regret de vous le dire, mais force de reconnaître que Pétronille, aussi, parfois, se laisse aller à la facilité. Elle n'en est pas bien fière, notez, mais bon, en ce moment elle travaille comme une forcenée, avec son écran d'ordinateur pour tout horizon, des tas de papiers voletant partout autour d'elle, Monsieur Alf derrière la cloison imitant le bruit des touches de son clavier au fur et à mesure qu'elle tape... bref, Pétronille a plein de boulot, c'est la raison pour laquelle elle laisse peu d'articles palpitants et ô combien intellectuels, vous en conviendrez, sur ce blog. Il faut dire que comme elle écrit en parallèle des articles passionnants, pour ceux que ça passionne s'entend, sur des églises, elle vit dans une ambiance monacale peu propice à l'inspiration bloguesque. Pour un peu sainte Rita (sa préférée) lui apparaîtrait, là, au milieu de la pièce, parmi les chaussettes sales, les bouquins et les cartes du Canada, qu'elle ne serait pas plus surprise que ça, la Pétronille.

Alors du coup, histoire de publier un peu, quand même, sur son blog (parce que Pétronille a une conscience, sachez-le, et elle pense à ses lecteurs bien-aimés se tordant les mains de désespoir en constatant qu'il n'y a toujours pas de nouvel article aujourd'hui...ben oui, Pétronille fantasme un peu), elle se la joue facile et écrit dans la catégorie "en ce moment", histoire que vous sachiez tous, chez lecteurs, ce qu'elle fait en ce moment (d'où le titre de la catégorie...quand on vous dit qu'elle fait dans le facile).

Alors, en ce moment, Pétronille écoute le dernier Manu Chao en boucle. Ca sent bon la téquila, le gaspacho (sans commentaire), les fêtes entre copains, les virées dans des vans bringuebalants qui ne dépassent pas le 80 sur les autoroutes allemandes (en descente). Ca permet d'oublier un peu saint Bernard et les cisterciens, un vrai bol d'air, soyez en sûrs.

En ce moment, Pétronille se lance dans la lecture de Kate Atkinson. Il paraît qu'elle a raflé un prix sous le nez de Salman Rushdie, c'est dire. Quoi qu'il en soit, de la bonne petite littérature anglaise, sans prétention, ça permet là encore de décompresser tranquillement, les orteils en éventail, tandis qu'au dehors les touristes se font des mamours dans un nuage de pollution et que les policiers collent des prunes aux cyclistes.

En ce moment, Pétronille boit trop, elle l'avoue en rosissant (ou est-ce un début de couperose éthylique ?). De petit vin de Bordeaux en Carlsberg bien fraîche, en passant par le mojito apéritif, Pétronille commence à avoir la vague impression que son foie va finir par se venger d'une manière ou d'une autre. Le spectre de Tante Suzon commence à flotter de manière angoissante dans l'appartement... mais que voulez-vous faire, aussi, quand il y a toujours un truc à fêter (de type : chouette, c'est la fin de la journée) ?

En ce moment, Pétronille se prépare psychologiquement à partir bientôt à l'aventure sous d'autres cieux peut-être plus cléments, qui sait ? Gambader gaiement parmi les caribous, manquer de se faire dévorer par un ours, choper une pneumonie par -40°C, manger des tourtes à la viande... tous ces merveilleux rêves pourront peut-être devenir réalité, si tout se passe bien, mais je vous raconterai ça plus en détail quand j'aurai un peu plus de temps, chers lecteurs.

Par Petronille
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Lundi 22 octobre 2007

Aujourd'hui, c'est journée râlerie pour Pétronille (moi, donc). Après tout, ça arrive aux meilleurs d'entre nous - la preuve (...!). Et sans vergogne aucune, alors même qu'elle sait bien qu'il y a des choses plus graves, elle se plaint. Parce que si on ne peut même pas se plaindre dans son propore blog auprès de lecteurs inconnus (ou presque), alors franchement, à quoi ça sert, hein ?

Râlerie parce que ça fait trois jours que Pétronille a le dos bloqué. Alors, d'accord, ça permet de se faire masser sans besoin d'avoir recours aux yeux de faon malade spécial amadouage des esprits récalcitrants, mais bon, reconnaissons qu'on a connu plus sexy que l'odeur de camphre et que le gel qui fait coagule en petits morceaux.

Râlerie parce que, bien sûr, ça arrive quand Pétronille n'a pas d'eau chaude (autant oublier, donc, les bienfaits de la douche bouillante sur nerfs noués). Ca arrive évidemment quand le métro est en grève, ce qui place Pétronille devant le choix cruel que voici : rester debout comprimée à bloc dans un métro bondé et surchauffé, le dos cambré à mort et les fesses à la merci de mains moites et baladeuses (l'un n'empêchant pas l'autre, comme chacun sait) ou alors enfourcher son vélo sur lequel elle se trouve courbée comme un mauvais joueur de croquet et dont elle ne peut ensuite plus se lever (du vélo, hein ?).

Ajoutez à cela, lecteurs compatissants, que depuis deux mois qu'elle est officiellement "demandeuse d'emploi" - comme on dit quand on est politiquement correct - elle n'a toujours pas touché un sou (joies du chômage dans l'Education Nationale : trois fois plus de formalités - donc de délais - que pour le reste du monde), ce qui l'oblige à renoncer à tout ce qui fait la joie de son existence, à savoir l'achat compulsif de bouquins, le bobun cambodgien (certainement ce qui lui manquera le plus une fois qu'elle sera au Québec, après sa chère maman, bien sûr, restons humains) et les belles expos parisiennes (notons que la réduction pour les chômeurs est en moyenne d'un euro, voire 1,50 euros dans les meilleurs cas. Quand on sait qu'une entrée tourne à 9 à 10 euros en moyenne, on se demande si les hautes instances ne se foutraient pas un peu de nous, hein, quand même. L'art est-il réservé aux riches ? Voilà un autre sujet de râlerie que Pétronille se réserve pour la bonne bouche).

Et tant qu'on y est, ajoutons à la râlerie en précisant que sa rue est en travaux, et que d'aimables bruits de marteau-piqueur éveillent en douceur votre chère Pétronille sur les coups de 6 heures du matin. Le petit-déjeuner se prend sur fond de blocs de pierre jetés à terre (avec Monsieur Alf qui fait écho, évidemment, le lecteur dans sa grande sagacité l'avait déjà deviné). Et le travail d'écriture de l'après-midi se poursuit dans ce fond sonore, auquel s'ajoutent les klaxons des parisiens énervés qui viennent déjà de se taper plus de 100 bornes de bouchons (pour cause de grève, rappelons-le) et se trouvent bloqués sous les fenêtres pétronillesques par un camion plein de briques.

Alors quand on a le dos bloqué, qu'on se lave à l'eau froide, qu'on a un voisin taré, qu'on est dans la dèche et qu'on est sur le point de devenir sourd, que reste-t-il à faire, lecteur, sinon râler un bon coup, je vous le demande ?

Par Petronille
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Mardi 10 juin 2008
Si jamais, chers lecteurs, vous empruntez la ligne 6 du métro jusqu’à la sacro-sainte BNF toute de béton vêtue, et vous trouvez dans le même wagon qu’une fille aux cheveux rouges, au pied menu, et aux joues striées de mascara à cause d’un livre qui est en train de la faire littéralement pleurer de rire, soyez assurés, chers lecteurs, que vous êtes bien en face de Pétronille elle-même.

Et si, comme la dame assise à côté d'elle, vous osez lui demander quel est ce mystérieux ouvrage qui l'absorbe tant qu'elle en rate son arrêt et se retrouve à la gare de Bercy (avec une forte tentation de s'enfuir pour l'Italie, mais passons), Pétronille vous répondra : "je lis Sheila Levine est morte et vit à New-York" ou les tribulations tragi-comiques d'une jeune juive new-yorkaise qui, après avoir tenté de se construire une vie idéale (traduisez : celle qui comblera sa mère), en se mettant en quête des amis idéaux, de l'appart idéal, des vacances idéales, du job idéal, et évidemment, du futur mari idéal, décide par un beau matin d'en finir avec toute cette pression. Et de mettre cette même énergie au service de l'organisation du suicide idéal.

Si Woody Allen avait été une fille dans les années 70, il aurait écrit ce bouquin.
Comme nous savons bien que ce n'est pas le cas, c'est Gail Parent qui s'est dévouée, avec une ironie remarquable et des phrases qui font mouche, déclenchant chez la lectrice un rire joyeux à peu près toutes les deux lignes.
Voilà donc de quoi se divertir sur la plage, sur les quais de la Seine, dans l'herbe, à la montagne, sur un canapé, dans un bain moussant...
Par Petronille
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