Testé pour vous

Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /2007 09:48

Chers lecteurs, il est temps que Pétronille vous révèle sous le sceau du secret quel fut le cadeau reçu pour ses 30 ans : une place pour le concert des Rolling Stones, samedi dernier au Stade de France. Gloups, ça change des petites salles confidentielles.

Lorsqu'une Pétronille en couches culottes se dandinait sur les accords de Mother's little helper il y a de cela fort fort longtemps (elle n'avait même pas encore les cheveux rouges, c'est dire), elle n'imaginait pas que fort fort longtemps plus tard elle assisterait au concert de Stones encore relativement frais.

Tout commence à 17h, heure de l'ouverture des portes du stade, de taille démesurée. 60 000 personnes, c'est quand même la population d'une ville, un peu angoissant... Des buvettes dans tous les coins, des odeurs de churros et de barbecue partout qui, j'espère, ne resteront pas associées pour toujours dans ma mémoire à Mick Jagger. Petite queue à l'entrée, le type juste devant moi se fait refouler parce qu'il transporte un opinel (ça commence bien), celui d'à côté a emmené un pack de bouteilles de coca, ah ben non monsieur, vous devez enlever tous les bouchons, quoi mais j'ai 16 bouteilles, comment je les transporte, écoutez monsieur soit vous buvez vos 16 bouteilles ici, là, sous mes yeux éblouis, soit vous les faites entrer sans bouchons (distribution gratuite de coca pour tout le monde). Ah mais je vois que vous avez aussi 6 bouteilles de bière, mais les bouteilles en verre sont interdites, alors soit vous les buvez ici, sous mes yeux ébahis, soit on vous verse leur contenu dans des gobelets en plastique, que vous coincerez sous vos aisselles et entre vos genoux parce que vos mains sont déjà prises par les bouteilles de coca, humpf.

On s'assoit par terre dans le stade avec notre pique-nique. Pétronille, probablement marquée par les diffusions télévisuelles des concerts de Johnny, s'attend à voir plein de vieux rockers chevelus et tatoués sentant la bière (les clichés ont la peau dure) et se retrouve plongée dans le monde merveilleux des gens normaux, familles proprettes, cadres moyens en pantalon à pli, trentenaires en k-way (ben oui, il pleuvait samedi, chers lecteurs). De petits plaisantins aux 1ers rangs ont amené des cocotiers gonflables, histoire de rappeler des souvenirs cuisants à Keith Richards. L'heure tourne, Pétronille, mue par un besoin somme toute naturel quand on a eu droit à plein de coca gratuit, va faire un petit tour du côté de ce que les organisateurs ont appelé pompeusement les toilettes. Ah ah, la voilà qui se retrouve devant une rangée de petites cabines indépendantes les unes des autres et placée devant un dilemme terrible : si tu fermes la porte, il fait nuit noire à l'intérieur, mais si tu la laisses ouverte (comme 99,99% des mâles), tout le monde te voit. Ca commence bien (bis).

Et les Stones, dans tout ça, me direz-vous ? C'est quand même le coeur du sujet non ? Que vous dire, chers lecteurs, à part que les Stones, dernier mythe vivant, ont été fidèles à eux-mêmes et c'est bien ce qu'on leur demandait ? Ron Wood toujours un peu surpris d'être là, Charlie Watts flegmatique avec son jeu de poignets très british, Keith Richards, un peu mou du genou, clope au bec, le coude nonchalamment appuyé sur le micro nous faisant quelques accords bluesy et Mick, aaah, que vous dire à part que Pétronille, solide trentenaire, s'est prise à fantasmer sur son déhanché légendaire alors qu'il a l'âge de son grand-père ? Que voulez-vous ? Comment résister au pantalon moulant, aux tee-shirt à paillettes et vestes en satin, et aux petites phrases en français ? Pendant deux heures, il a couru partout, sauté, dansé, une vraie bombe sexuelle, aucun doute là-dessus, comment peut-on raisonnablement fantasmer sur Orlando Bloom de nos jours quand on a Jagger sous la main, hein, je vous le demande ?

Alors bien sûr, star oblige (ou 65 ans oblige ?), on n'a eu droit qu'à un rappel, constitué en tout et pour tout de Jumpin' Jack Flash, et rien d'autre, pas de Paint it black déchaîné, c'était quand même un peu sec comme final, on est loin des rappels à l'infini d'un Jehro inépuisable. Mais bon, Pétronille pourra dire qu'elle a vu les Stones, et ça, comme dirait l'autre, "ça n'a pas de prix", ah ah.

Par Petronille - Publié dans : Testé pour vous
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Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /2007 10:39

Aujoud'hui, dans la série "le monde fout le camp, concentrons-nous sur les vraies valeurs universelles", Pétronille a testé pour vous, chers lecteurs veinards : mettre de l'autobronzant.

Hé oui...

Car il existe dans le monde deux sortes de femmes. Les belles plantes au teint mat qui prennent une jolie teinte caramel aux premiers rayons du soleil. Et les autres. C'est-à-dire Pétronille. C'est-à-dire moi, dont la peau blanche est si tranparente qu'elle laisse deviner un joli camaïeu de veines violettes du plus bel effet, ce qui m'interdit de porter certaines couleurs de vêtements pour ne pas faire trop contraste.

Bref, Pétronille a le teint pâle depuis toujours. Si vous ajoutez à ça une tendance délicieuse à l'anémie qui se traduit par des essoufflements quelque peu bovins quand elle monte les escaliers de la Tour Eiffel (on n'a pas idée, aussi...) ou court dans les couloirs du métro, sans oublier la pollution parisienne qui donnerait une mine fadasse et grisâtre à la première poupée des îles venue, vous imaginez le tableau.

Pour avoir bonne mine, pour pouvoir mettre des petites jupes et dévoiler un coquet mollet tout doré, et parce qu'elle refuse obstinément de se faire faire des UV, faut pas rigoler avec ça, hein, Pétronille a donc décidé de tout miser sur l'autobronzant.

1e étape : lequel choisir ? En gel, en crème, en spray, l'autobronzant se décline sous toutes les formes. Certains hydratent en plus, d'autres lissent, d'autres sont anti-cellulite (comme on y revient...), avec un peu de chance certains font téléphone portable, puisque les téléphones portables aujourd'hui font appareil photo, et que les appareils photos font imprimante, on ne s'en sort plus ma pauvre dame : à quand un autobronzant qui fait tout ça à la fois ?

Une fois son choix arrêté sur un tube de gelée lissante (prise au pif au bout d'une demi-heure d'indécision dans le supermarché, parce que le rayon autobronzant se trouvant juste en face des produits surgelés, à un moment, il faut se décider vite avant de perdre définitivement un orteil), Pétronille est rentrée tester la petite merveille.

Alors, bien sûr, si vous décidez de mettre de l'autobronzant, il faut en mettre partout. Parce que les mollets dorés et la fesse pâlichonne, c'est pas vraiment ragoutant. Il faut donc vous lever un bon quart d'heure plus tôt le matin pour prendre le temps de l'appliquer, voire plus parce qu'après il faut attendre que ça sèche. Voilà donc Pétronille toute nue à 8h du mat' faisant les 100 pas (enfin... les 20 pas, parce que l'appart est petit), arrosant les plantes, faisant le lit... en tenue d'Eve, attention avec le thé brûlant ça peut causer d'affreux dommages sous forme de brûlure de la cuisse et allez expliquer ça à la pharmacie, après.

L'autre souci, c'est de bien penser à humidifier un peu les zones à risque de type genou, coude, sourcil et chevilles, sous peine de vous retrouver avec de gros paquets orangés et des genoux qui brillent dans le noir et provoquent des accidents de la route. Se pose enfin le problème des pieds : faut-il éviter et se retrouver avec de mignons petons blafards à proximité d'une cheville orange, ou faut-il en mettre, avec le risque de se retrouver avec un dégradé sur les orteils ? Pétronille n'a pas encore tranché, elle vous tiendra au courant quand ses pieds auront retrouvé un aspect normal.

Et puis vous avez beau vous laver les mains comme une brute, arrachant au passage quelques épaisseurs d'épiderme, vos paumes restent quand même dangereusement orange. Pour peu que, comme Pétronille, vous vous arrachiez de temps en temps des petites peaux sur les doigts, vous voilà avec des mains bicolores du plus bel effet qui font peur aux petites filles un peu impressionnables. Par contre, si vous vous frottez sous la douche avec un gant de crin ou autre objet de torture qui fouette les sangs, le film doré de votre peau part par petits bouts et vous vous retrouvez totalement zébrée de haut en bas, obligée de porter un col roulé et des chaussettes par 25 degrés dans les rues de Paris.

Attention donc, lectrices, car seule Laetitia Casta retouchée par ordinateur est capable d'avoir une peau totalement unifiée. Nous autres, pauvres mortelles, nous y trouvons au moins de quoi écrire dans nos blogs des articles au potentiel intellectuel rarement atteint dans une blogosphère bien trop superficielle, heureusement que Pétronille relève un peu le niveau, et c'est déjà pas si mal.

Par Petronille - Publié dans : Testé pour vous
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Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /2007 09:43

Aujoud'hui, Pétronille, dans son extraordinaire bonté, mais ne la remerciez pas car que ne ferait-elle pas pour ses lecteurs préférés, a décidé de permettre à ses lecteurs bien aimés de se mettre à l'heure américaine à l'occasion de Thanksgiving.

Oui, bon, Thanskgiving, c'est en novembre, Pétronille le sait bien, et puis les Pères Fondateurs, on s'en gratte un peu le derrière du genou, nous, français bon teint, Pétronille est au courant. Mais une fois encore, Pétronille vous donne l'occasion de briller en société, alors ne boudez pas votre plaisir, chers lecteurs.

Je m'explique : voici rien que pour vos yeux ébahis et pour votre plus grand plaisir, une recette de dinde qui éblouira votre amoureux(se), vos parents, votre famille en général et peut-être surtout votre grand tante Suzette qui ne crache pas sur un petit verre de temps en temps. Et si Pétronille vous confie cette recette 5 mois avant la date fatidique, c'est parce qu'un peu d'entraînement ne sera pas superflu pour la maîtriser parfaitement.

Il va sans dire que Pétronille, ne prenant pas à la légère l'intérêt de ses lecteurs, l'a auparavant testée (et approuvée) pour vous.

Mais lisez plutôt, et appliquez-vous, hein :

Recette inégalable et inégalée (ça c'est moi qui l'ai rajouté) de la dinde au whisky

  • Etape 1 : Acheter une dinde d'environ 5 kg pour 6 personnes et une bouteille de whisky, du sel, du poivre, de l'huile d'olive, des bardes de lard.

     

  • Etape 2 : La barder de lard, la ficeler, la saler, la poivrer et ajouter un filet d'huile d'olive.

     

  • Etape 3 : Faire préchauffer le four thermostat 7 pendant dix minutes.

     

  • Etape 4 : Se verser un verre de whisky pendant ce temps là.

     

  • Etape 5 : Mettre la dinde au four dans un plat à cuisson.

     

  • Etape 6 : Se verser ensuite 2 verres de whisky et les boire.

     

  • Etape 7 : Mettre le therpostat à 8 après 20 binute pour la saisir.

     

  • Etape 8 : Se bercer 3 berres de whisky.

     

  • Etape 9 : Apres une debi beurre, fourrer l'ouvrir et surveiller la buisson de la pinde.

     

  • Etape 10 : Brendre la vouteille de biscuit et s'enfiler une bonne rasade derriere la bravate - non - la cravate.

     

  • Etape 11 : Apres une demi heure de blus, tituber jusqu'au bour. Oubrir la putain de borte du bour et reburner - non - revourner - non -recourner - non - enfin, mettre la guinde dans l'autre sens.

     

  • Etape 12 : Se pruler la main avec la putain de borte du bour en la refermant - bordel de merde.

     

  • Etape 13 : Essayer de s'asseoir sur une putain de chaise et se reverdir 5 ou six whisky de verres ou le gontraire, je sais blus.

     

  • Etape 14 : Buire - non - luire - non - cuire - non - ah ben si - cuire la bringue bandant 4 heures.

     

  • Etape 15 : Et hop, 5 berres de plus. Ca fait du bien par où que ça passe.

     

  • Etape 15 : R'tirer le four de la dinde.

     

  • Etape 16 : Se rebercer une bonne goulee de whisky.

     

  • Etape 16 : Essayer de sortir le bour de la saloperie de pinde de nouveau parce que ça a rate la bremiere fois.

     

  • Etape 17 : Rabasser la dinde qui est tombée bar terre. L'ettuyer avec une saleté de chiffon et la foutre sur un blat, ou sur un clat, ou sur une assiette. Enfin, on s'en fout...

     

  • Etape 18 : Se péter la gueule à cause du gras sur le barrelage, ou le carrelage, de la buisine et essayer de se relever.

     

  • Etape 19 : Décider que l'on est aussi bien par terre et binir la mouteille de rhisky.

     

  • Etape 20 : Ramper jusqu'au lit, dorbir toute la nuit.

     

  • Etape 21 : Manger la dinde froide avec une bonne mayonnaise, le lendemain matin et nettoyer le bordel que tu mis dans la cuisine la veille, pendant le reste de la journée.

Non, ne me remercie pas lecteur, c'est tout naturel, vraiment, n'insiste pas, ça me gêne. 

Par Petronille - Publié dans : Testé pour vous
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Lundi 25 juin 2007 1 25 /06 /2007 14:54

Aujourd'hui, Pétronille a testé pour vous, lecteurs téméraires qui ne dédaignez pas, parfois, quand le coeur vous en dit, vous lancer dans des aventures risquées à fort potentiel de cicatrices et de genou écorché, les joies du vélo dans Paris.

Hé oui, la Pétronille moyenne en a quelque peu sa claque, du métro, il faut bien le dire. Des rames bondées génératrices de transpiration abondante, des chants slaves ou de l'accordéon à 19h, quand tu as toute ta journée dans les pattes, l'oeil torve, la cerne violacée, les orteils gonflés et le dos en compote et juste envie de te jeter sur ton lit en pleurant de soulagement, sans parler des mains baladeuses des types à la goutte au nez, de la chaleur ambiante qui t'oblige à ôter manteau et pull puis à tout remettre sans te faire piquer ton sac au passage, avant de ressortir, des escalators en panne pile quand tu as des talons et un ordinateur de 5 kilos dans ton sac ou qu'une mère avec une poussette te supplie de l'aider à monter ces 180 marches parce qu'aucun parisien mâle n'a daigné l'entendre quand elle le demandait poliment.

Bref. Le métro, quand on peut s'en passer, c'est pas plus mal, voilà une devise hautement pétronillesque à méditer.

L'alternative écolo-musculairement correcte, c'est le vélo. Bien sûr, le lecteur parisien aura immédiatement compris que le vélo de Pétronille a été acheté 20 euros dans une brocante, et c'est déjà presque trop cher car à Paris, qu'on se le dise et que ça se sache, aucun vélo n'est en sécurité, même solidement ligoté à coups d'antivols et chaînes en tous genres (qui te prennent 15 mn, le matin, pour les enlever, et te ralentissent dans les montées car ils pèsent deux tonnes dans ton sac). Pétronille vous en parle avec quelques sanglots étouffés, alors que le deuil de son premier vélo, petite merveille blanche n'ayant laissé derrière elle qu'un antivol sectionné gisant misérablement à terre par un matin brumeux, est à peine achevé. Les trottoirs de Paris sont jonchés de carcasses de vélos, roues défoncées, selles volées, sonnettes écrabouillées, un vrai charnier que le passant pressé regarde d'un oeil indifférent tandis qu'il évite du mieux qu'il peut une crotte de chien fumante.

Une fois en possession de son vélo, Pétronille peut s'élancer à la conquête de la capitale. Et là, lecteurs, vous attendez le "oui, mais", et effectivement, il y en a un. Un petit oui, un gros mais. S'élancer à la conquête de la capitale en vélo, c'est bien joli, mais... encore faut-il déjà pouvoir récupérer son vélo le matin, puisqu'il est coincé entre deux scooters qui l'ont un peu raboté au passage, d'ailleurs, Pétronille en profite d'ailleurs pour lancer un cri déchirant aux possesseurs de scooters : bordel de m*** (censuré) arrêtez donc de vous garer sur les parkings à vélos !!!

Bref.

Le second "mais", c'est surtout qu'il y a peu de pistes cyclables, à Paris, qu'on se le dise. Celles qui existent servent de place de parking aux camions les jours de marché, ou traversent en diagonale un boulevard meurtrier où aucune voiture ne vous laisse passer puisque de toute façon elles roulent trop vite pour vous apercevoir, perdue toute seule au milieu de l'artère, avec de la graisse noire sur vos mollets délicats. Le reste des pistes, hé bien les vélos les partagent avec : les bus - les scooters - les motos - les taxis et non, il n'y a aucune mention inutile à rayer. Je vous passe donc la joie, le bonheur, la volupté d'une balade en vélo derrière un bus à forte teneur en gaz d'échappement déversé directement du pot à vos poumons, avec, en prime, derrière vous, un taxi furax dont les pare-chocs effleurent votre roue arrière parce que vous avez l'audace de ne pas pédaler à 50 km/h. Je vous laisse imaginer l'angoisse d'une provinciale comme Pétronille, accrochée fébrilement à son guidon, réprimant une envie bien compréhensible de faire pipi, s'élançant à 18h, heure de pointe parisienne s'il en est, sur le rond-point de la Bastille, avec des bagnoles et des motos de tous les côtés.

Faire du vélo dans Paris, à moins de profiter des dimanches où les quais de Seine sont fermés aux voitures, c'est risquer sa peau, ses cheveux, ses poils, ses poumons, sa vie toute entière, sans parler des échanges de mots subtilement imagés avec les propriétaires de scooters et autres gens sympathiques qui font pipi sur vos roues pendant la nuit (oui, le parisien de nuit - rien à voir avec le parisien de jour - a la fâcheuse habitude de faire pipi là où il le peut c'est-à-dire, par ordre d'importance : contre un mur, contre une poubelle, sur votre vélo).

Espérons donc qu'avec la nouvelle politique de vélos à louer qui se met en place le mois prochain, le cycliste parisien pourra conserver encore quelque temps ses mollets, musclés avec peine à coups de pédales furieux, et qu'on finira presque par se croire à Amsterdam, Copenhague ou Strasbourg.

Par Petronille - Publié dans : Testé pour vous
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Samedi 30 juin 2007 6 30 /06 /2007 14:11

Aujourd'hui, Pétronille s'adresse à la lectrice parisienne qui sait de quoi je parle, et à la lectrice provinciale, jeune insensée qui rêverait d'être à Paris pour faire les soldes au lieu de devoir se taper les éternels mêmes magasins de sa jolie ville. C'est pour rétablir la vérité sur les soldes parisiennes que Pétronille, courageusement, et sans même qu'on le lui demande, c'est dire son abnégation totale au service de ses lectrices, s'est décidée à tester pour vous : "faire les soldes à Paris".

Précisons avant toute chose que "faire les soldes à Paris", en langage pétronillesque, ce n'est absolument pas arpenter les belles avenues en déambulant de manière désinvolte devant les vitrines Pr*d*, G*cci et autres créateurs dont les boutiques sont gardées par des cerbères en costard qui vous ouvrent la porte si vous avez une tête à avoir un compte en banque bien garni ou un époux en voyage qui vous aurait laissé sa carte bleue pour vous consoler. Pétronille, en bon membre de l'Education Nationale en situation précaire, n'a absolument pas les moyens (ni l'envie, pour être franche) de se payer ce genre de choses, et se contente de faire les soldes dans des boutiques de filles bien plus abordables.

La 1e étape, et non la moindre, est de parvenir à entrer dans le magasin, devenu l'antre d'une marée humaine extrêmement impressionnante qui fait passer la foule d'un concert des Stones pour de gentilles familles en promenade digestive un dimanche de printemps. Sages et avisés, les fiancés de ces mesdames attendant tranquillement adossés au mur en face de la porte d'entrée en se grillant une clope ou envoyant des textos complices à des copains dans la même situation - exception faite des malheureux dont l'amoureuse a ab-so-lu-ment besoin de l'avis pour savoir si telle robe lui va.

2e étape : parvenir à approcher un rayonnage, voire, en cas de chance extrême, toucher les vêtements et pouvoir en sélectionner quelques-uns, puis, en cas de miracle incroyable - merci sainte Rita - trouver sa taille. Jusque-là, la lectrice provinciale (sans aucune condescendance, hein, Pétronille étant provinciale elle-même et très contente de l'être) ne voit pas de grande différence avec les soldes dans sa ville à elle. Alors sache, douce lectrice, qu'à Paris, la shoppeuse est capable de t'arracher des mains un pull que tu avais placé sur ton avant-bras avant de s'enfuir sournoisement, tandis que d'autres te filent des coups de coude ou de parapluie (ben oui, il pleut à Paris) pour se frayer un chemin vers la robe dont tu rêves depuis 15 jours. La queue vers les cabines d'essayage pouvant aller jusqu'à l'entrée du magasin, tout le monde est agglutiné devant les quelques miroirs dispersés dans le magasin et se pousse à qui mieux mieux pour avoir la chance de s'entr'apercevoir dans le reflet. Et surtout, surtout, lectrice, tandis que tu essaies de petites choses devant le miroir, ne pose pas tes habits, même à tes pieds, car une shoppeuse qui les trouvera à son goût les embarquera pour passer à la caisse (expérience vécue, j'ai dû user de toute ma persuasion pour expliquer à la jeune touriste japonaise qui avait ramassé ma veste et voulait l'acheter qu'elle provenait d'un autre magasin, que mes clés étaient dans la poche, bref, qu'elle était à moi). Ce qui donne des scènes cocasses où te voilà à essayer une robe tout en gardant ton sac enroulé autour de tes chevilles, ta veste glissée sous une aisselle et ton jean roulé sur tes genoux.

Enfin, tout cela, bien sûr, dans la mesure où tu trouves ta taille, lectrice, car les magasins parisiens, en période de soldes, regorgent de pantalons slims taille 32 (dans lesquels seules les petites filles de 8 ans peuvent respirer sans difficulté) ou de chemisiers taille 48. Pour trouver quelque chose entre les deux, il faut avoir brûlé moult cierges à sainte Rita (patronne des causes désespérées, voir plus haut) depuis au moins le mois d'avril.

Et bien sûr (bis), il faut que les vêtements soient soldés... Car beaucoup de boutiques font apparaître comme par magie des stocks de vêtements soldés (moches et mal coupés) qui n'étaient pas en magasin avant les soldes, et mêlent judicieusement articles soldés et non soldés. Donc, en pratique, cela signifie que la superbe petite veste qui vous fait une taille de guêpe et que vous avez trouvée dans la pile de manteaux à -60% n'est en fait pas soldée et vous coûtera le prix d'un aller et retour à Rome, alors que les trucs informes et décousus, même à 9,90 euros, ne sont achetés par personne.

Bref, lectrices, Pétronille ne peut que vous conseiller : d'abord d'éviter talons et gros sacs qui s'emmêlent dans ceux des autres. Ensuite d'éviter de faire les soldes pour vous détendre après une dure journée, sous peine de finir dans un bar à descendre des mojitos pour vous calmer les nerfs après avoir failli étrangler une parisienne sans scrupules avec un pull 100% coton soldé 50%. Enfin, de faire les soldes en province, comme Pétronille, qui a trouvé plein de choses jolies, pas cher, à sa taille, sans même avoir à faire la queue en cabine ou à la caisse, et a sympathisé avec d'autres shoppeuses super gentilles. Les clichés ont la peau dure dans les articles de Pétronille, mais là, j'avoue que je n'exagère même pas et que tout est vrai.

Par Petronille - Publié dans : Testé pour vous
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